[Assises ] La pêche, métier d’avenir... à condition qu’elle soit durable

Lactivité pêche est fondamentale pour Saint-Barth, tant pour lhistoire de lîle que pour la connaissance et la préservation du milieu marin. Le comité des pêches, en cours de création, pourrait être le point de départ dune vraie valorisation du secteur.

 

47 pêcheurs à Saint-Barth, pour 31 bateaux actifs qui seront bientôt réunis au sein d’un comité des pêches, chargé de structurer et d’animer la filière. La fiche de poste pour le directeur de cette association créée sous la houlette de la Collectivité a été rédigée, reste à recruter le bon candidat. « La politique de protection de la ressource est ancienne à Saint-Barthélemy », félicite Vincent Touloumon d’Alvi Management, qui assiste la CEM et la Collectivité dans la création de ce comité des pêches local. A Saint-Barth, les techniques de pêche, principalement à la traîne et au casier, restent parmi les plus douces. « La ressource est exceptionnelle, mais demande à être gérée. On a une pêche professionnalisée, et une image positive de la pêche locale, avec une belle fidélité entre les marins et leurs clients. »

 

Appellation locale et fête du poisson

Pourtant, selon lui, le poisson local mériterait d’être davantage mis en avant, ainsi que la profession dans son ensemble. D’où l’idée de la création d’une appellation officielle « Pêcheurs de Saint-Barth ! » qui pourrait être apposée sur les cartes des restaurants. Autre suggestion, une « fête du poisson », Saint-Barth Pro Fishing Fest, qui se tiendrait chaque 26 août. Plus ambitieux, Vincent Touloumon suggère la construction d’une fabrique de produits de la mer ; un commerce artisanal dans lequel seraient fabriqués et vendus des caviars, terrines, tartinades… Le tout, là aussi, labellisé 100% local. Coût estimé : 3 millions d’euros.

 

Côté professionnel, les marins pêcheurs bénéficient d’une station de carburant (même s’ils préfèrent utiliser celle de Saint-Martin, moins chère) mais il leur manque une structure de ravitaillement en glace. Ainsi qu’un quai de débarquement, indispensable en l’absence de port de pêche, notamment en ce qui concerne le respect des règles sanitaires. Au terme d’un travail mené avec la direction de la mer, les bateaux de pêche de Saint-Barth ont désormais une immatriculation propre, « PY ».

Plus largement, si la politique de protection de la ressource est avancée à Saint-Barth en comparaison avec certaines îles voisines, « il faut mettre en place un diagnostic de la ressource, de la qualité des produits, des conditions de travail, et avancer sur les économies d’énergie », liste Lionel Reynal, spécialiste de l’information halieutique à l’Ifremer Martinique. « La création d’un établissement statistique me paraît incontournable. »

 

Dans la région, pas moins de 180 espèces de poissons sont exploitées, par des professionnels comme par des plaisanciers. « Le mérou géant a quasiment disparu à cause de la chasse sous-marine », souligne Lionel Reynal. A Saint-Barthélemy, l’ATE a délivré 548 permis de pêche, ce qui ne représente qu’une petite partie des usagers de la mer. D’où l’importance d’un suivi scientifique de la ressource, notamment pour les poissons de fond, et de poursuivre le travail sur les techniques et engins de pêche pour qu’elle soit la plus sélective possible.

Chez nos voisins, différentes solutions ont été trouvées pour faciliter le travail des pêcheurs, notamment la diversification de l’activité. En Dominique, par exemple, quand la saison du marlin est au point mort, les pêcheurs ont développé la pêche au calmar géant. « En installant dix lignes, la sortie rapporte 430 euros », résume Lionel Reynal. Qui ajoute que rapportée au nombre d’heures en mer, la pêche sur DCP (dispositif de concentration de poisson) n’est finalement pas si rentable ; intérêt supplémentaire de se pencher sur de nouvelles pêches testées dans la Caraïbe.


JSB 1307

Journal de Saint-Barth N°1307 du 13/12/2018

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