[Assises ] Contre les sargasses, un barrage flottant sera testé à Marigot

Sur l’année 2018, plus de 9.000 tonnes de sargasses ont été ramassées sur les plages, pour un coût de 1,2 million d’euros pour la Collectivité. Celle-ci compte tester, dans la baie de Marigot, un système de barrage flottant.

En 2018, plus de 9.000 tonnes de sargasses ont été ramassées sur les plages de Saint-Barthélemy. Les algues sont stockées à Saint-Jean, dans l’attente de savoir qu’en faire. La Collectivité continue son observation des techniques utilisées ailleurs, mais pour l’instant, personne n’a trouvé de solution miracle. 

La Collectivité poursuit donc sur son credo, efficace mais très coûteux (1,2 million d’euros cette année) : les sargasses sont collectées quotidiennement, tôt le matin, sur les sept plages les plus touristiques de l’île, par la société chargée à l’année de leur entretien. Pour les autres plages, des ramassages ponctuels sont facturés par une autre entreprise.

 

Quel traitement ?

Les deux plages les plus touchées, Anse des Cayes et Marigot, sont hors du cadre du ramassage quotidien. La plage de Marigot souffre particulièrement des échouages d’algues, en raison de sa position enclavée, et de sa fragilisation par d’autres sources de pollution. Sa difficulté d’accès complique encore le ramassage.

 

Dans cette baie, la Collectivité lancera un test, actuellement à l’étude : l’installation d’un barrage flottant qui permet d’envoyer toutes les nappes de sargasses au même endroit, afin de faciliter leur collecte. Un tel dispositif ne peut être installé que dans un endroit où le sens des courants marins est constant, et ne doit pas être apposé aux abords d’une barrière de corail.

 

Pour la suite, et notamment leur traitement une fois qu’elles sont ramassées, « plusieurs réflexions sont en cours », indique Christophe Turbé, responsable –entre autres- de l’entretien des plages pour la Collectivité. « Elles pourraient éventuellement être mixées au compost… » Mauvaise solution, selon des cadres de Dalkia Wastenergy présents dans la salle, et selon Lionel Reynal, de l’Ifremer Martinique. « Il a été prouvé que cela ne sert à rien, et qu’en plus c’est mauvais pour les cultures », tranche ce dernier, citant une étude récente sur le sujet.

 

La Collectivité attend les résultats de l’expertise de Dalkia Wastenergy, qui étudie la possibilité de brûler les sargasses dans la future chaudière biomasse qu’accueillera le site de propreté. Mais l’incinération des algues brunes est très complexe, en raison des gaz dangereux qu’elles contiennent, sans parler du sable, ennemi juré des machines.

Présente dans la salle, Hélène Bernier suggère un rapprochement international entre toutes les îles de la Caraïbe, non seulement pour un partage d’expérience, mais aussi pour peser sur les émissaires, a priori, de cette pollution. C’est à dire le Brésil. « Entre les autres pays, les statuts de PTOM, RUP et autres, les projets communs sont difficiles à mettre en place », admet Micheline Jacques, vice-présidente en charge de l’environnement.

 

Si la saison des échouages est terminée (touchons du bois), la problématique va rapidement revenir sur la table. Et au prix que ça coûte, sans parler des effets négatifs sur le tourisme, y répondre est vraiment un enjeu prioritaire pour l’île.


JSB 1307

Journal de Saint-Barth N°1307 du 13/12/2018

Assises de l'environnement et de l'énergie
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