[Assises] Belles plantes…

Les espèces végétales indigènes subissent aussi des pressions, et certaines sont menacées de disparition. Le Dr Félix Lurel insiste sur l’urgence d’établir un plan d’action.

 

Quand on parle biodiversité, on pense animaux et pas forcément végétaux. Pourtant, les plantes natives de Saint-Barthélemy sont elles aussi soumises à des pressions. A cause de la perte de leur habitat, mais aussi de l’import par l’homme, de tous temps, d’espèces invasives. « On va chercher des espèces d’arbres exotiques, qui prolifèrent au détriment des espèces endémiques », résume Félix Lurel, docteur en écologie insulaire et botanique tropicale. « Dans la Caraïbe insulaire, nous avons 1.500 espèces végétales endémiques (qu’on ne trouve qu’ici, ndlr). C’est notre force et notre contribution à la planète. »

 

Le flamboyant, exotique envahissant

A Saint-Barthélemy, ce scientifique a dénombré 32 espèces exotiques envahissantes. Parmi lesquelles « l’arbre à soie, le flamboyant, le jasmin blanc, l’herbe de Guinée… » Comment éviter que les espèces importées par l’homme ne finissent par détruire celles qui sont natives de notre île ? « Il faut un véritable plan d’action, avec un réseau de veille sur le terrain, qui puissent déceler à quel moment une espèce devient nuisible. Il faut aussi repérer des sites à préserver absolument, car on ne pourra pas agir partout à la fois. Ensuite, il est impératif d’avoir des contrôles, et de faire de l’information. Au niveau national, il existe un plan stratégique qui affirme la priorité des espèces endémiques sur les autres. C’est déjà timide... » Une liste des espèces endémiques de la région Caraïbe les plus menacées, dont certaines sont dans une situation critique, recense déjà 352 espèces. « D’où la nécessité de mettre en place une pépinière locale », commente le directeur de l’ATE, Sébastien Gréaux. A ce jour, aucune espèce de plante n’est endémique seulement de Saint-Barth. Mais certaines, comme l’orchidée violette (Psychilis correllii) ne se trouvent que sur le banc d’Anguille, c’est à dire à Saint-Barth, Saint-Martin et Anguilla.

L’instauration d’un contrôle à l’importation de plantes, voulue dans la future version du Code de l’environnement, semble plus que jamais indispensable.

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Lexique

Confusion est souvent faite entre ces trois termes, qu’il convient de préciser.

Exotique : tout ce qui est étranger. Pour Paris, un ananas est un fruit exotique. Pour les Antilles, une pomme est un fruit exotique.

Endémique : Qui ne vit qu’à cet endroit. Si une espèce est endémique de Saint-Barthélemy, cela veut dire qu’elle n’existe que là. Par exemple, la couleuvre locale est endémique de Saint-Barth et d’Anguilla.

Indigène (ou native) : Une espèce est indigène si sa présence sur un territoire n’est pas due à l’homme. Par exemple, l’arbre flamboyant n’est pas indigène, même s’il est présent depuis des lustres sur l’île.

 





< Cette orchidée (Psychilis correllii) est endémique du banc d’Anguille, c’est à dire qu’elle n’existe qu’à Saint-Barth, Saint-Martin et Anguilla. © Jonas Hochart/ATE



JSB 1307







Journal de Saint-Barth N°1307 du 13/12/2018

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