C’est aux Terres-Basses, à Saint-Martin qu’est implantée la ferme piscicole de Laurence et Sébastien Frigeri.

À la découverte des perles de lambis

Si nous connaissons tous les perles de culture que nous offrent les huîtres, nous sommes un peu moins au courant de celles données par les lambis, ces coquillages de bonne taille à la teinte rosée à l’intérieur. C’est ce que nous ont fait découvrir Laurence et Sébastien Frigeri, véritables spécialistes de la question.

Depuis quelque temps, la pêche au lambi est interdite dans certaines îles des Antilles. Mais ce n’est pas le cas à Saint-Barthélemy comme le dit l’ATE par la voix de son directeur Sébastien Gréaux : « Saint-Barthélemy dispose de sa propre réglementation en termes de pêche. Tant que nous ne remarquons pas une baisse drastique de la population de lambis, nous n’avons aucune raison d’interdire la pêche. Cependant, seuls des professionnels peuvent pratiquer la pêche au lambi. » C'est pour cette raison que Laurence et Sébastien Frigeri viennent régulièrement se fournir auprès d’un pêcheur local. Mais ils ont pensé à une autre solution. Ils ont en effet mis au point une culture du lambi en piscine avec une alimentation dont la recette reste secrète. Les mollusques peuvent se reproduire dans un milieu quasi-naturel et dans les meilleures conditions. Les perles sont ainsi d'une qualité optimale.

 

Laurence et Sébastien Frigeri se dévouent désormais entièrement à l’élevage de lambis, mais ils n’ont pas commencé par ce projet. Originaire de métropole, ce couple a tout quitté pour partir vivre au Honduras, petit pays d’Amérique Centrale. « Nous sommes partis au Honduras pour ouvrir une table d’hôtes. Nous proposions à nos clients une cuisine française et nous leur servions du lambi. C'est ainsi que l'on a découvert ce mollusque. Mais après avoir tenté de l'élever pour le consommer, nous avons décidé de nous pencher sur ses perles. Mais l’instabilité politique du Honduras nous a fait comprendre qu’il valait mieux qu’on parte », raconte Sébastien Frigeri. Avance-rapide jusqu’à 2013 : les voilà installés à Saint-Martin. Sur place, ils remontent leur projet et s'assurent de disposer d'un terrain suffisamment vaste pour cultiver le coquillage et en faire des bijoux. En 2015, le Laboratoire Français de Gemmologie certifie l’appellation « perle de culture » de leur produit qui est officiellement reconnu lors de la conférence des perles porcelanées en 2015 à Paris. La particularité des perles de lambi réside dans leur absence de noyau contrairement à celle des huîtres. De plus, le lambi est le seul coquillage des Antilles à produire une perle. Ce qui en fait sa rareté.

 

En ce qui concerne les bijoux en eux-mêmes, les perles sont bien entendu la matière première mais ce n'est pas la seule partie du coquillage qui est utilisée en joaillerie. En effet, la coquille avec sa couleur rosée est également très tendance. C'est ce que nous confie Fabienne Miot, créatrice de bijoux à Gustavia : « Je trouve le projet de Laurence et Sébastien très pertinent car il est unique. L’élevage des lambis est très règlementé, c’est très bien que les îles du Nord accueillent cette culture. » La bijoutière de la rue de la République a déjà eu l’occasion de travailler ce coquillage d’une couleur unique et a également monté des perles de lambis pour des clients.

Il faut savoir que la valeur d'une perle de lambi se mesure en carat, comme les diamants. Un cinquième de carat s’échange à environ 1.000€ sur le marché. Des bijoux travaillés ou sur mesure peuvent se vendre jusqu’à 9.000€. Chacun d’entre eux est par ailleurs livré avec un certificat d’authenticité sur lequel Laurence et Sébastien Frigeri apposent leur signature manuscrite. Ce papier, qui s’apparente à un passeport est obligatoire tant la culture du mollusque est règlementée.

 

 

Journal de Saint-Barth N°1406 du 14/01/2021

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