Saint-Barth -

La scientifique Anaïs Coulon a conduit une visite du site de la plage de Colombier, le 31 janvier, dans le cadre des 30 ans de la Réserve naturelle. (Photo DR)

A la découverte de Colombier, la plage « adossée » de l’île

Le 10 octobre 2026, la Réserve naturelle Nicole Aussedat de Saint-Barthélemy célèbrera ses trente années d’existence. Jusqu’à cette date anniversaire, l’Agence territoriale de l’environnement, qui a la responsabilité de gérer les affaires de la Réserve, va organiser et proposer différents rendez-vous aux habitants de Saint-Barth qui pourront ainsi découvrir, ou redécouvrir, des sites protégés. Une série d’initiatives qui prendra différentes formes. Il pourra notamment s’agir de visites guidées, comme celle organisée le samedi 31 janvier sur la plage de Colombier.
Le rendez-vous fixé par Anaïs Coulon est matinal : 8h30 sur la plage de Colombier. Néanmoins, treize personnes sont présentes à l’heure dite pour être accueillies par la doctorante en géographie, spécialisée dans la gestion des risques naturels. Anaïs Coulon mène une étude sur l’évolution des traits de côte à Saint-Barthélemy, dans le cadre d’une thèse consacrée à l’avenir des littoraux de l’île. Des travaux qui incluent les conséquences du ramassage des sargasses sur les plages.
Pendant une heure, la scientifique a expliqué aux visiteurs le fonctionnement d’une plage, en général, et celui du site de Colombier, en particulier. «C’est une plage adossée à une falaise, souligne la doctorante. Elle n’a donc pas du tout la même dynamique que celles de Saint-Jean ou de Flamands, par exemple. Il s’agit de la seule plage « adossée » de l’île. Elle a beaucoup souffert lors du passage de l’ouragan Luis (en septembre 1995, ndlr). Il y a aussi les cabris qui dévorent la végétation, ce qui laisse le sol à nu et entraîne, dès qu’il y a des précipitations, un ruissellement qui transporte les sédiments jusque dans l’eau. Ce qui nuit aux herbiers car ils n’aiment pas la turbidité. Par beaucoup d’aspects, le site de Colombier est vraiment intéressant. » De fait, les visiteurs n’ont pas hésité à questionner la doctorante.
La visite a aussi été l’occasion de présenter le projet de restauration conduit par l’Agence territoriale de l’environnement sur trois plages de l’île, dont celle de Colombier. « Avec des solutions basées sur la nature elle-même », souligne Anaïs Coulon. Notamment pour revégétaliser le site. Dans un premier temps, des piquets et des ganivelles ont été installés afin de retenir le sable et ainsi favoriser son accumulation naturelle. Une opération menée en décembre avec le concours de l’association Island Nature Experience (INE). Près de 250 mètres de ganivelles doivent être plantés. Des sessions de plantations suivront. « Notre projet est que les gens de l’île participent », précise Anaïs Coulon. Ainsi, les habitants des quartiers seront invités à prendre part à la replantation. A Colombier, à Flamands et à Saline.
L’ATE annoncera prochainement de nouvelles animations auxquelles la population sera invitée à participer. Pour patienter et s’enrichir de connaissances jusqu’au 10 octobre.
 

 

Journal de Saint-Barth N°1651 du 05/02/2026

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