Saint-Barth -

[ Assises] Les moteurs ont de beaux jours devant eux

L’énergie renouvelable à Saint-Barthélemy, c’est compliqué. La demande est forte, les ressources peu nombreuses. Il faudra mixer un peu de solaire avec le diesel, et attendre le perfectionnement d’autres technologies.

Revers pour ceux qui rêvent d’éolien, d’hydrolien ou de géothermie : impossible pour Saint-Barthélemy de compter sur ces ressources à grande échelle. Encore que pour l’éolien, c’est surtout l’aspect paysager qui bloque, ainsi que le coût d’investissement. Reste le soleil, valeur sûre dans nos contrées chaudes. Une première étape est franchie : l’installation de près de 3.500 m2 de panneaux photovoltaïques sur les toits du site de propreté est actée. Mais l’astre solaire reste une source d’énergie intermittente : personne n’acceptera de ne pas avoir de courant la nuit, ou les jours de pluie. Les batteries de stockage sont une solution, mais pas tellement viable à grande échelle. Pour autant, la Collectivité et EDF prévoient pour l’avenir de développer un mix énergétique entre les moteurs diesel de la centrale et le solaire. « Il ne faut pas perdre de vue que les besoins en énergie de Saint-Barth ne pourront jamais être pourvue exclusivement grâce à l’énergie solaire », tranche Arnaud Mignon, responsable d’EDF pour les îles du Nord, qui a pris part aux Assises.

 

Le fournisseur d’électricité étudie une autre piste, celle des biocarburants. EDF investira à compter de 2021 dans de nouveaux moteurs pour l’usine de Saint-Barthélemy, qui pourraient être compatibles avec cette source d’énergie qui provient des déchets verts. Les connaissances sur cette technologie et son impact restent au stade du balbutiement ; si beaucoup y voient un espoir, il faudra attendre que la recherche avance dans ce domaine.

 

L’énergie des moteurs pour produire l’eau

S’ils sont très polluants, les huit moteurs de la centrale pourraient aussi se découvrir une facette vertueuse. Aujourd’hui, l’usine de dessalement de l’eau, la Sidem, utilise la chaleur de l’incinérateur de déchets pour produire 1.200 m3 par jour. La chaudière biomasse qui devrait rejoindre le site permettra, par le même procédé, d’ajouter 800 m3 de production d’eau quotidienne. Si l’on récupère la chaleur de ces deux installations, on pourrait faire de même avec celle des moteurs d’EDF. « C’est de la haute couture, mais nous sommes capables de faire du sur mesure, avec Dalkia Wastenergy et EDF », indique Gérard Canton, patron de la Sidem. Nos poubelles servent à produire de l’eau, notre consommation électrique pourrait faire de même : illustration type de l’économie circulaire.

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Une production intelligente

L’intégration du renouvelable dans la production énergétique de l’île obligera les moteurs d’EDF a plus de flexibilité. Pour simplifier, ils devront se retirer quand les panneaux photovoltaïques marchent plein pot, et assurer l’apport en électricité lors de pics de consommation, la nuit ou en cas de nuages. « La première solution, ce serait le stockage, pour reporter les excédents du milieu de journée quelques heures plus tard, pendant le pic de consommation », indique Jean-Gabriel Faget, directeur adjoint développement et stratégie d’EDF Guadeloupe. Quel stockage ? « A court terme, on mettrait probablement des batteries lithium-ion. C’est ce qui se fait ailleurs. Mais aujourd’hui, d’ailleurs on le reconnaît dans la PPE Guadeloupe, on ne sait pas. On recommande donc de ne pas prendre de décision. » Si le mix énergétique est plus ambitieux encore pour le renouvelable, notamment si les sources se multiplient, « il faudra une intelligence d’un autre niveau. » L’EMS : Energy Management System. Cette technologie permet de garder un meilleur contrôle sur la production d’énergie, donc de l’optimiser pour que le renouvelable produise toujours en priorité sur l’énergie fossile.



JSB 1306




Journal de Saint-Barth N°1306 du 06/12/2018

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