[Assises ] La clim reine des énergivores

« Intégrer des énergies renouvelables, c’est bien. Mais consommer moins, c’est mieux. » L’urgence, c’est surtout la maîtrise de la demande en énergie.

 Saint-Barthélemy est très gourmande en énergie, par rapport au nombre d’habitants et à la taille de l’île. Un calcul grossier indique que la consommation annuelle est de 12 MW/h par habitant et par an, contre 4 pour la Guadeloupe et 6,7 pour la métropole. La locomotive, c’est bien sûr le secteur tertiaire (71% de l’énergie de l’île), et en particulier les villas.

Pour cause : le poste le plus énergivore de l’île est la climatisation. Selon Laurent Frances, expert en diagnostic énergétique, l’énergie d’une résidence est avalée à 50 % par la climatisation. Gestes simples : ne climatiser que les chambres, rester à une température de 24°C environ, ne pas laisser la climatisation tourner dans le vide…

Geste plus compliqué, et peu répandu sur l’île : construire avec une isolation efficace représente un vrai gain d’énergie. En métropole, les propriétaires sont dans l’obligation de réaliser un DPE (diagnostic de performance énergétique) de leur logement, et sont notés selon un barème règlementaire. Une disposition imaginable à Saint-Barth, « mais qui doit entrer dans le cadre d’une réglementation », souligne Laurent Frances. Il explique également que l’installation du système de clim se base uniquement sur le volume des pièces. Un dimensionnement faussé, car la façon dont le bâtiment est construit est aussi important. C’est pourquoi les clients se retrouvent parfois avec des systèmes mal dimensionnés, qui absorbent encore davantage d’énergie à l’usage. « L’énergie la moins chère et la moins polluante, c’est celle que nous ne produisons pas », rappelle Laurent Frances.

Après la climatisation viennent l’eau chaude sanitaire, l’éclairage, et les pompes et chauffage de piscine. Pour le premier point, le chauffe-eau solaire est bien sûr la solution idéale, déjà répandue sur l’île. Certes plus chère, mais son installation est encouragée par des aides financières de la Collectivité. Pour l’éclairage, c’est bien sûr le passage au LED, beaucoup moins gourmand en énergie, qu’il faut démocratiser.

 

Le prix, seul levier efficace

D’autres gestes existent pour limiter sa consommation, bien sûr. Mais l’expérience parle : sans le levier économique, les usagers peinent à se plier d’eux-mêmes aux consignes. Après moi le déluge ! « Nous sommes sous perfusion de la CSPE (taxe qui permet à tous les Français de payer l’électricité au même tarif, ndlr), et cela ne nous aide pas, car une énergie pas chère n’incite pas les gens à économiser l’énergie », admet Jean-Gabriel Faget, d’EDF Guadeloupe.

A Saint-Barthélemy, un MW/h coûte 360 euros à produire. Et il est facturé 55 euros au consommateur. D’où l’importance capitale, pour Bruno Magras, d’avoir entériné dans une convention avec l’Etat l’application de cette péréquation tarifaire sur le territoire, alors même que la compétence énergie a été récupérée il y a dix ans par la Collectivité.


JSB 1306

Journal de Saint-Barth N°1306 du 06/12/2018

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