Les règles de l’allocation chômage se durcissent

La réforme de l’assurance chômage est entrée en vigueur le 1er novembre. Elle permettra de toucher l’indemnité Pôle Emploi même en cas de démission, sous certaines conditions. En revanche, de façon générale, il faudra travailler plus pour y avoir droit.

 

Une réforme qui pénaliserait quatre allocataires sur dix, considérée comme « une catastrophe sociale » par la CFDT, dixit son président Laurent Berger, « brutale et injuste » selon l’ancien ministre de l’Economie Michel Sapin (socialiste). Elle permettra, selon le gouvernement Philippe, de réaliser plus d’un milliard d’économies par an.

 

Auparavant, il fallait travailler quatre mois sur les 28 derniers mois pour avoir le droit de percevoir l’allocation chômage. Désormais, il faut avoir travaillé six mois sur les deux dernières années pour y prétendre. Ainsi, un jeune sorti d’école qui aurait signé un CDD de quatre ou cinq mois n’aura pas droit au chômage à la sortie, mais seulement au RSA (revenu de solidarité active).

De même, il suffisait de travailler un mois (ou 150 heures) pour recharger d’autant ses droits ; aujourd’hui, il faudra travailler six mois minimum pour obtenir de nouveau l’indemnité chômage.

 

Les cadres, intermittents, saisonniers pénalisés

Les cadres (salaires supérieurs à 4.500 euros bruts) sont incités à retrouver du travail par une diminution de 30% du montant de leur allocation, au bout de six mois de chômage. Avec un plancher minimum, puisqu’ils ne pourront toucher moins de 2.261 euros nets par mois.

 

Les personnes qui cumulent emploi et chômage (saisonniers, intermittents, intérimaires, etc.) sont particulièrement perdants dans cette réforme. Pour eux, le changement commence au 1er avril 2020. Les journées travaillées seront comptées différemment ; un nouveau calcul qui entraînera selon l’Unedic une baisse de 20% en moyenne de leurs indemnités journalières.

 

La réforme se veut favorable, en revanche, aux travailleurs indépendants qui pourront bénéficier d’indemnités s’ils ont tenu leur entreprise durant deux ans et qu’elle arrête son activité dans le cadre d’un redressement ou d’une liquidation judiciaire. Ils auront droit à 800 euros mensuels. Même chose pour les démissionnaires, qui auparavant étaient complètement exclus de l’assurance chômage, dans un cadre restreint : ils y auront droit s’ils entament un projet de reconversion ou créent une entreprise. A condition qu’une commission paritaire atteste du sérieux du projet, et d’avoir travaillé au moins cinq années dans l’entreprise dont ils démissionnent.

 

« Le travail doit payer plus sur le chômage, c’est l’anomalie qu’on corrige », défend la ministre du Travail Muriel Pénicaud, dans une interview à Franceinfo. « Aujourd’hui, en alternant des contrats, on gagne plus quand on entre au chômage qu’au moment où on travaillait. Ce n’est pas logique. » Dans le même temps, elle rappelle que le gouvernement compte limiter le recours aux contrats courts pour les entreprises, par le biais d’un système de bonus-malus, qui sera mis en œuvre en 2021. Elle souligne que la dette de l’assurance chômage se monte à 35 milliards d’euros. Et que même avec ce durcissement du système, la France reste l’un des pays les plus généreux d’Europe envers ses demandeurs d’emploi.

 

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430 chômeurs à Saint-Barth

La Dieccte a publié le 25 octobre les chiffres du chômage au troisième trimestre 2019 à Saint-Barthélemy. Le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A (zéro activité déclarée) est en baisse de 9% par rapport au troisième trimestre 2018. Ils sont 355 en moyenne sur le trimestre. Si on cumule avec les catégories B et C, qui comprennent les demandeurs d’emploi qui exercent une activité réduite, le nombre de chômeurs s’élève à 430 personnes sur l’île (une baisse de 8,5% par rapport au troisième trimestre 2018). Dont 250 femmes et 180 hommes, principalement âgés de 25 à 49 ans.

Enfin, toutes catégories confondues (A, B, C, D, E), c’est à dire en intégrant ceux qui sont inscrits à Pôle Emploi mais ne sont pas tenus de chercher du travail, 485 personnes sont concernées.

La Collectivité et Pôle Emploi Îles du Nord sont en train de créer un poste permanent de conseiller sur notre île.


JSB 1349





Journal de Saint-Barth N°1349 du 07/11/2019

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