Chômage : « Saint-Barth a réagi comme la France métropolitaine »

Le chômage à Saint-Barthélemy bondit de 37% sur trois mois. Les travailleurs précaires sont venus gonfler les rangs des chômeurs sans aucune activité. Pour l’instant, impossible de savoir à quel point ces effets de la crise sanitaire seront durables.

 

Fin avril 2020, le nombre de demandeurs d’emploi à Saint-Barth s’élève à 445 personnes en catégorie A, c’est à dire qui n’exercent aucune activité. C’est 120 personnes de plus en trois mois, soit une hausse de 36,9%. Sur le seul mois d’avril, l’augmentation est de 23,6% par rapport à mars. Et par rapport à fin avril 2019, elle est de 7,2%.
« On observe un transfert des demandeurs d’emploi des catégories B et C, qui sont inscrits dans nos fichiers mais sont des travailleurs précaires, vers la catégorie A (lire encadré, ndlr)», explique Olivier Pelvoizin, directeur régional du Pôle Emploi de Guadeloupe, Saint-Martin et Saint-Barthélemy. « La hausse est moindre en nombre absolu, mais impressionnante en pourcentage », souligne-t-il. Effectivement, à l’échelle de Saint-Barthélemy, la hausse de 37% équivaut à 120 personnes.
« Saint-Barthélemy a réagi comme la France métropolitaine. Sans doute que les groupes basés en métropole ont appliqué la consigne nationale et se sont séparés de leurs employés », poursuit Olivier Pelvoizin. « Ce n’est pas catastrophique, mais on revient à la situation défavorable de 2019. » Le choc provoqué par l’ouragan Irma avait eu des effets sur le chômage jusqu’à l’année dernière. « Le Covid est arrivé juste au moment où tout était reparti sur Saint-Barthélemy.»
Au total, les chiffres de fin avril (les plus récents fournis par la Dieccte) font état de 505 personnes en recherche d’emploi sur notre île (catégories A, B et C confondues).  
Aujourd’hui, « le raz-de-marée annoncé n’est pas là. » Mais il est trop tôt pour savoir si l’impact de la crise sanitaire sur notre île sera conjoncturel ou structurel. «Sur cinq-cents personnes, est-ce que ça va repartir vite ? On sera peut-être sur des montagnes russes, d’autant que vous dépendez beaucoup du marché nord-américain », estime Olivier Pelvoizin. « Si ça ne repart pas en juillet sur une petite saison touristique, on sait qu’on aura un réel impact en septembre. »
En 2019, face au taux de chômage qui ne redescendait pas vraiment sur l’île, malgré les mois passés depuis Irma, la Collectivité avait signé une convention avec Pôle Emploi. L’idée était qu’elle financerait l’embauche à plein temps d’un agent Pôle Emploi détaché à Saint-Barthélemy (JSB 1341). Depuis, pas de nouvelle. Le projet n’est pas abandonné. « La seule chose qui me manque, c’est un candidat pour ce poste, qui soit résident de l’île », indique Olivier Pelvoizin. L’appel est lancé.

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Repères

Les inscrits à Pôle Emploi sont répartis en cinq catégories.

- Catégorie A : personne sans aucune activité, tenue de chercher un emploi
- Catégorie B : personne ayant exercé une activité de moins de 78 heures par mois, tenue de chercher un emploi
- Catégorie C : personne ayant exercé une activité de plus de 78 heures par mois, tenue de chercher un emploi
- Catégorie D : personne sans emploi, qui n’est pas immédiatement disponible et donc pas en recherche active d’emploi (en formation, en arrêt maladie, etc.)
- Catégorie E : personne pourvue d’un emploi, qui n’est pas tenue de chercher un autre travail

 

 

Journal de Saint-Barth N°1379 du 10/06/2020

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