Port du masque à l’école : les parents de Gustavia pour un « retour au calme »

Environ 200 personnes ont manifesté contre le port du masque à l’école vendredi 5 mars. Pour la venue de l’inspecteur d’académie, Anne Querrard, déléguée des parents d’élèves de CE1 à l’école primaire de Gustavia a proposé à tous les parents concernés de donner leurs avis.

 

L’annonce, au retour des vacances de carnaval, de l’obligation de porter le masque à l’école dès six ans, a créé de vives tensions à l’école de Gustavia, entre les parents et le corps enseignant mais aussi au sein même des familles. Des tensions qui ont vraisemblablement été importées jusque dans la cour de récréation, par les enfants eux-mêmes.
Le 10 mars, un inspecteur de l’éducation nationale, Christian Borrat a rencontré trois délégués de parents d’élèves, ainsi qu’un représentant des parents « anti-masque à l’école », en présence de Nicole Gréaux, responsable de la gestion des affaires sanitaires, sociales et de la solidarité à la Collectivité.
La veille, Anne Querrard, déléguée des parents d’élèves de CE1 à l’école primaire de Gustavia avait sondé les parents dont les enfants étaient concernés par la mesure. En quelques heures, elle a obtenu cinquante-huit réponses qu’elle a transmises, anonymisées à l’inspecteur. «L’intérêt pour les questions touchant à la scolarisation des enfants est fort et la satisfaction des parents quant à leur école et aux efforts déployés reste largement majoritaire. Pour le plus grand nombre, le masque est une question secondaire, ce qui ressort c’est que tous souhaitent un retour à plus de calme, de cohésion, de respect mutuel et de sérénité », explique-t-elle. Certains ont tout de même fait des propositions, soit parce qu’ils considèrent que les mesures prises pour se protéger de l’épidémie de Covid-19 sont insuffisantes, soit parce qu’ils refusent le masque imposé aux élèves. « Il y a beaucoup de points de convergence, souligne Anne Querrard, des parents proposent davantage de ventilation des classes, la mise en place de capteur de CO2 qui indiquent quand l’air doit être renouvelé, d’autres suggèrent la mise en place de purificateurs d’air, de cours extérieur ou en petits groupes pour enlever les masques... » Ces avis, témoignages et propositions ont été soumises à l’éducation nationale, seule décisionnaire sur les mesures sanitaires.
S’adressant aux parents, l’inspecteur a insisté sur le principe de « bienveillance » qui devait s’appliquer « vis-à-vis des enfants mais aussi des parents dans leur rapport aux enseignants et aux autres parents », rapporte la représentante des parents. Il a proposé une « application raisonnée des mesures et des comportements », rappelant que les enfants pouvaient sortir prendre l’air s’ils avaient besoin de souffler ou courir sans masque, à condition que les distances sanitaires soient respectées. L’inspecteur a également rappelé la possibilité pour les parents qui le souhaiteraient de scolariser leur enfant à domicile. Pour cela, ils doivent dans un premier temps se signaler auprès de l’éducation nationale, obtenir un certificat de radiation et effectuer une déclaration d’école à domicile auprès de Marie-Cécile Lollia, responsable du pôle administration générale à l’académie de Guadeloupe (ce.9711281r@
ac-guadeloupe.fr). Ceux qui ne se déclarent pas peuvent voir engager des procédures contre eux, car en France l’instruction est obligatoire de 3 à 16 ans (les règles sont précisées dans le JSB1414). Certains parents craignaient de voir leurs enfants redoubler s’ils venaient à réintégrer l’école lors de la rentrée suivante. L’inspecteur d’académie a assuré qu’ils pourraient être admis en classe supérieure, une évaluation pourra être demandée par l’établissement pour s’assurer du niveau des élèves. L’inspecteur a rappelé que seuls les enfants porteurs d’un handicap pouvaient être dispensés de porter un masque, sur présentation d’un certificat médical. Ils sont alors soumis à un protocole strict qui les tient à distance des autres élèves.
Face à l’inquiétude de certains parents, Anne Querrard a interrogé le Docteur Olivier Revol, neuropsychiatre et pédopsychiatre, chef de service au CHU de Lyon : «C’est un médecin très respecté sur l’île. J’aimerais qu’il donne son avis sur des sujets récurrents dans ce sondage, tels que le stress dont pourrait souffrir les enfants, dans le cadre d’un environnement anxieux par rapport au virus ou au port du masque, face aux manifestations ou quand les enfants sont incités à ne pas respecter les règles, les cadres de vie scolaire, etc. Ses conseils seraient les bienvenus pour surmonter difficultés, incompréhensions et interrogations qu’ont ­exprimées de nombreux parents, afin de mieux vivre ensemble. »

 

Journal de Saint-Barth N°1415 du 18/03/2021

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