Lilwenn, Florian, Ugo et Eloa, élèves au collège Mireille Choisy peignent des poubelles pour encourager leurs camarades à pratiquer davantage le tri.

« On a remarqué qu’il n’y avait pas assez de tri » : les collégiens veulent rendre leur établissement plus « vert »

Plusieurs groupes d’élèves du collège Mireille Choisy travaillent dur pour obtenir un « éco-label ». Autour de cinq thématiques, ils veulent développer le tri et limiter le gaspillage au sein de leur établissement.

Samedi après-midi, dans la cour désertée de leur collège, un groupe de quatre élèves peignent des poubelles à la bombe. Rien d’illégal, c’est pour la bonne cause : avec l’association Teragir, ils veulent renouveler leur label « éco-école » acquis l’année précédente. « Teragir accompagne les établissements autour de plusieurs thématiques pour protéger l’environnement. Chaque année nous devons définir des actions, l’année dernière nous avons établi un diagnostic environnemental du collège. Cette année les élèves ont choisi le thème du gaspillage et du tri », explique Annabelle Rodriguez, professeure-documentaliste au collège Mireille Choisy.
« On a mesuré le volume des poubelles et remarqué qu’il n’y avait pas assez de tri, que le papier était gaspillé », résume Lilwenn, élève de 5e, qui a également été élue “éco-déléguée”, pour montrer aux élèves de sa classe « qu’on peut faire des actions au ­collège. »
La trentaine d’élèves qui participent au projet se sont répartis en groupes de niveaux et classes mélangés, autour de cinq actions. Le groupe “communication” s’est chargé d’élaborer des slogans pour sensibiliser les autres au tri et au gaspillage et d’expliquer le projet. Le groupe “papier” s’occupe de développer le tri pour que davantage de feuilles soient réutilisées comme brouillons ou que l’administration achète du papier recyclé, développe la dématérialisation. « On fait aussi des décorations en papier pour le CDI avec des dictionnaires usagés », rappelle Lilwenn. Un troisième groupe avait développé la récupération des bouchons pour qu’ils soient recyclés mais l’association avec qui ils collaboraient ne peut plus le faire, l’activité a été mise en pause en attendant de trouver d’autres possibilités de recyclage. Le groupe “mobilier” fabrique des assises pour la cour avec des palettes en bois, pour « montrer qu’on peut faire de la décoration avec des objets usagers ». L’an dernier, lors de leur diagnostic, les collégiens avaient visité la déchetterie et découvert les importants volumes de déchets non-recyclés, c’est ce qui leur avait donné cette idée. Enfin, l’équipe des “poubelliste”, comme la définit Ugo, élève de 5e, est chargée de customiser les poubelles pour bien différencier celles dédiées aux canettes et au verre de celles pour les déchets courants. En deux jours, le groupe a nettoyé consciencieusement les poubelles de l’établissement, les ont recouvertes de plusieurs couches de peinture jaune ou verte, découpé une fente ronde ou rectangulaire selon le type de déchet. Le groupe communication à préparer des slogans qui y seront inscrits au pochoir pour achever de les différencier. On pourra y lire : « Toi-là, mets des canettes dans ma vie » ou « Plus je suis pleine, plus la cour est belle. »
« Ça fait du bien de les voir s’investir comme ça, s’enthousiasme Annabelle Rodriguez. Avec ce label ils peuvent découvrir toutes les étapes d’un projet et le mener à bien jusqu’à sa réalisation. » Pour les poubelles, les élèves ont par exemple dû appliquer leur programme de mathématique pour calculer combien de bombes de peintures devaient être commandées par rapport à la surface à peindre. Avec leur professeure d’arts plastique Emilie Wetstein, ce sont les élèves qui ont imaginé les plans, fait des recherches, réalisé des croquis, des maquettes de leur projet, repéré les lieux de la cour où les bancs en palettes recyclés pouvaient être déployés. « Ça les aide à s’approprier le lieu, pour que le collège ne soit pas que des salles de classe. Ça crée aussi des liens entre les différents niveaux et une émulation : quand ils nous voyaient ensemble les élèves qui ne participaient pas été attirés. » Pour les prochaines années, l’enseignante a déjà des idées de recyclage : pourquoi ne pas imaginer des sièges à partir des bouteilles en plastique usagées de la cantine ?

 

Dans le cadre de la semaine de la presse du 22 au 27 mars 2021, nous publions l’article rédigé par les collégiens du groupe « communication » dans le cadre du projet éco-école. Ils se sont donné pour mission de partager leur action en faveur de l’environnement auprès des autres élèves et de leur entourage.

Le projet éco-école du Collège Mireille Choisy

« Le projet éco-école existe depuis maintenant 1 an et demi. L’année dernière nous avions commencé dans l’enthousiasme mais malheureusement la pandémie mondiale nous a empêchés de faire aboutir toutes nos idées. Néanmoins nous avons obtenu avec fierté le label éco-école.

En quoi est-ce que cela consiste ?
Le label international d’éducation au développement durable nous a été délivré par l’association Teragir.
C’est une association à but non lucratif qui développe des programmes d’éducation à l’environnement et au développement durable dans plusieurs domaines.
Notre projet est d’améliorer la gestion des déchets au sein de l’établissement en limitant le gaspillage et en favorisant le tri.
A long terme, il s’agit de rendre ce lieu de vie que nous partageons plus agréable pour tout le monde et respectueux du travail accompli par la déchetterie.

Nos actions en 2020-2021
- Récolter les bouchons en plastique pour l’association Island Nature St Barth Expériences (Association qui en collaboration avec Caribbean Green Recycling collecte les bouchons, les expédie et ainsi récupère des fonds qui sont utilisés pour financer l’hébergement de bénévoles. Ces jeunes viennent aider sur certains projets environnementaux notamment la plantation d’arbres.)
- Relooker les poubelles du collège de façon à mieux différencier les types de déchets. On espère ainsi donner envie aux autres élèves de «mieux » trier.
- Fabriquer du mobilier à partir de palettes.
- Créer des décorations à partir de feuilles et de cartons recyclés.
- Mise en place, dans chaque classe, de bannettes de papiers encore utilisables.
- Communiquer sur nos actions (collaboration avec la radio locale par le biais d’interviews, le Journal de Saint-Barth, affichage au sein du ­collège) pour sensibiliser la communauté scolaire et au-delà, toute la population. »

 

Journal de Saint-Barth N°1415 du 18/03/2021

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