Un geste pour les entreprises de l’aéroport, du port et les restaurants de plage

Les entreprises qui doivent une redevance d’occupation à la Collectivité en sont exonérées pour les mois d’avril, mai et juin.

 

En l’absence de Bruno Magras, qui a quitté la salle puisqu’il est concerné par la compagnie Saint-Barth Commuter, le conseil territorial s’est prononcé vendredi en faveur de l’exonération de la redevance d’occupation aéroportuaire pour les mois d’avril, mai et juin. Toutes les sociétés qui louent des espaces à l’aéroport (compagnies, restaurant, boutiques, loueurs de voiture, etc.) sont concernées.


Quelques jours avant le conseil territorial, une petite grogne était née au port, dont les acteurs s’étaient sentis laissés de côté. « Nous avions oublié les deux petits bureaux loués par les ferrys, à la gare maritime. Ce sera fait jeudi prochain en conseil exécutif », rassure Nicole Gréaux, première vice-présidente. Xavier Lédée (Unis pour Saint-Barthélemy) avait déposé un amendement pour que les compagnies Great Bay et Voyager soient elles aussi exonérées de leurs loyers. Mais le conseil territorial ne se prononce que sur les redevances supérieures à 24.000 euros annuels, et pour les loyers plus bas, une délibération du conseil exécutif suffit. « Quelle est la motivation de cette exonération ? » s’enquiert Hélène Bernier (Saint-Barth Autrement). « C’est un geste de la Collectivité en raison de la crise du Covid-19. Les activités de ces entreprises sont au point mort », répond Nicole Gréaux. « Ça a d’ailleurs été préconisé par le gouvernement. » Même geste envers les hôtels et restaurants qui paient une redevance pour les mètres carrés de plage occupés par leurs transats. Xavier Lédée s’interroge : « Ces exonérations représentent 200.000 euros pour une trentaine d’entreprises (aéroport et plages, ndlr). Est-ce qu’une réflexion plus globale est lancée sur les besoins de l’ensemble des entreprises de l’île ? Elles sont nombreuses à se retrouver en difficulté. » « Nous l’avons fait sur les transats », rappelle Nicole Gréaux. « Oui, ce sont des aides à LVMH, Oetker… C’est bien, mais qu’en est-il des autres entreprises ? » « C’est un travail qui relève de la Cem », argue Nicole Gréaux. « La Cem a largement communiqué sur l’aide de 1.500 euros au titre du Fonds de solidarité, et le second volet de l’aide sera étudié par la Collectivité », note Séraphyn Danet (Saint-Barth d’Abord).


Revenu en salle du conseil territorial pour la délibération concernant la redevance d’occupation des plages, Bruno Magras rappelle à Xavier Lédée, qui a reposé sa question, que la Com a participé au Fonds de solidarité mis en place par l’Etat, à hauteur de 39.000 euros selon le calcul appliqué à toutes les collectivités territoriales. « Je pense qu’il y a beaucoup plus qu’une trentaine d’entreprises qui sont en difficulté à l’heure actuelle. Ça veut dire qu’on donne 40.000 euros pour des centaines d’entreprises, et 200.000 euros seulement pour une trentaine d’entre elles », regrette Xavier Lédée. 

Journal de Saint-Barth N°1377 du 27/05/2020

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