Motif impérieux : la réouverture suspendue à la campagne de vaccination

Combien faudra-t-il de vaccinés pour rouvrir l’île ? Le gouvernement français ne l’a pas précisé. Mais désormais, il conditionne le retour des touristes à la vaccination massive.

Après la rencontre, le 16 mars, entre le Préfet des îles du Nord, Serge Gouteyron et le ministre des Outre-mer, Sébastien Lecornu, les professionnels du tourisme attendaient qu’on leur donne des perspectives sur la réouverture de l’île, pour s’organiser. Mais pour l’heure, aucune communication officielle ne leur a été transmise.
« On n’avance pas », nous confiait Bruno Magras. « On nous propose de rouvrir l’île une fois qu’on aura atteint un niveau de vaccination très important », explique-t-il. Quand il a appris cela, le président de la Collectivité a aussitôt écrit au ministre, menaçant de rouvrir l’île dès le 1er avril. « Je sais très bien que je n’ai pas la compétence pour cela », déclare-t-il, mais sa provocation a marché : quelques minutes après, son téléphone sonnait, il pouvait discuter en direct avec ceux qui décident des mesures sanitaires. Vendredi prochain, il rencontrera Valérie Denux, directrice générale de l’Agence Régionale de Santé Guadeloupe, pour discuter de la stratégie vaccinale. Selon le dernier communiqué diffusé par la Préfecture de Saint-Martin et Saint-Barthélemy, depuis le démarrage de la campagne de vaccination, 436 personnes ont reçu leur première injection et 181 personnes ont reçu leur deuxième injection.
Le 23 mars, à l’Assemblée nationale, la députée de La Réunion Nadia Ramassamy (apparentée LR) a interrogé le gouvernement sur la campagne de vaccination en Outre-mer : « Sur l'ensemble du territoire français, 9,2% de la population a reçu à ce jour au moins une dose de vaccin. Mais en Outre-mer nous sommes bien loin de cette moyenne. Ce taux est de 3,5% à La Réunion, et 1,7% en Guadeloupe », a détaillé la députée. « Les habitants des Outre-mer souhaitent se faire vacciner. Pourquoi accusons-nous encore une fois un tel retard par rapport à l'Hexagone ? » Le ministre de la Santé a promis une « accélération ». Pour l’heure, sur notre île, la priorité est donnée aux personnes de 65 ans ainsi que les malades chroniques ou en situation d’obésité. Les autres peuvent malgré tout s’inscrire : pour ne gâcher aucune dose en cas de désistement d’un candidat à la vaccination, des listes d’attentes ont été établies. Actuellement seuls les détenteurs d’une carte vitale peuvent se faire vacciner.

 

Journal de Saint-Barth N°1416 du 25/03/2021

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