Loueurs de voitures : « On ne s’en sort pas si mal »

La location de voitures est un bon indicateur de la fréquentation touristique même si, après Irma, ce sont les nombreux locaux et travailleurs venus en renfort qui ont permis aux loueurs de sauver leur fin d’année 2017.

L’association des loueurs de voitures regroupe onze professionnels, qui ont leur guichet à l’aéroport et concentrent la majeure partie du parc automobile de location. Elle est présidée par Arnaud Grandclerc de TopLoc, société qui a déclaré 45 véhicules sinistrés par Irma sur une flotte de 80 au total. « Et encore, les dégâts ont été plus importants chez certains de mes collègues. Il y en a qui ont perdu 70 % à 80 % de leur flotte », souligne Arnaud Grandclerc.

Les cabriolets au parking

Entre les frais inhérents aux réparations et la rareté des touristes, comment les loueurs ont-ils traversé la période des fêtes de fin d’année ? « Evidemment, on est bien en dessous d’une saison classique », admet Arnaud Grandclerc. « On sera forcément en baisse de chiffre d’affaires par rapport à l’an dernier, mais quand on voit d’où l’on vient, et la situation sur les îles voisines, on ne s’en sort pas si mal. La saison des fêtes aura été somme toute raisonnable, même si je ne vais pas dire qu’on gagne de l’argent… »

Les meubles ont été sauvés en grande partie grâce aux habitants qui ont perdu leur véhicule dans l’ouragan, et aux équipes de travail venues de l’extérieur pour la reconstruction. « On leur loue moins cher, nous sommes avant tout des commerçants », précise Arnaud Grandclerc. « On a beaucoup travaillé en location de dernière minute, et sur des durées plus courtes que d’habitude. Par ailleurs, les seuls véhicules restés au parking sont les cabriolets et les voitures de luxe, car cette clientèle n’est pas venue. »

Pour 2018, le carnet de réservations est encourageant : « C’est assez étonnant, mais des réservations tombent pour janvier, février et mars, de façon significative. »

L’ouragan aura mis un coup d’arrêt à l’activité galopante des loueurs de voitures, en détruisant une partie du stock. « On a besoin de réarmer nos flottes », indique Arnaud Grandclerc. Qui avait eu la bonne idée de commander une dizaine de voitures neuves avant l’ouragan, pour TopLoc. Car outre le délai habituel de trois mois, il faut désormais compter avec les difficultés d’acheminement, ce qui prolonge encore l’attente.

Trop de véhicules ?

Va-t-on revenir à la situation d’avant Irma, avec 14.000 véhicules en circulation sur les routes ? Certes, il y a les scooters et les quads, mais aussi un parc d’automobiles de location saturé, avec 1.200 à 1.500 voitures pour 40 kilomètres de routes à Saint-Barthélemy. Certains loueurs en détiennent quelques dizaines, d’autres plusieurs centaines. « Cela provoque des problèmes de circulation, de stationnement… C’est ridicule et ça dévalorise notre produit. J’aspire à plus de raison, malheureusement je n’y crois guère… » soupire le président de l’association des loueurs de voiture de Saint-Barthélemy.

En 2017, un long travail avait été réalisé entre cette dernière et la Collectivité pour réglementer la profession, justement. « L’idée était de mettre tout ça en place pour cette saison. Mais aujourd’hui, il y a d’autres urgences à gérer », admet Arnaud Grandclerc.


JSB 1261





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