L’hélicoptère trouve sa place dans le ciel de l’île

La société West Indies Helicopters, spécialisée dans le transfert haut-de-gamme de passagers, a débuté son activité le 1er décembre 2018. La saison dernière, elle a transporté environ 1.200 clients.

 

Flap flap flap, on se soulève du sol. « Lima lima, décollage pour un tour panoramique de quinze minutes… » L’un des deux pilotes de la compagnie, Maxime, annonce le départ à la tour de contrôle, et on s’envole au-dessus de la piste, nez en avant. Direction Bonhomme et Frégate, puis Boulanger et Pelé. On contourne Fourchue pour retourner en direction de Saint-Barth, vue imprenable sur la baie de Colombier, Gustavia, les falaises après Shell Beach, puis Gouverneur et les carreaux de Saline… Le tour de l’île est sublime entre une mer calme turquoise et la verdure boostée par les dernières pluies. La cabine vitrée de l’hélicoptère laisse voir le paysage bien plus facilement que le hublot d’un avion : on distinguerait presque les langoustes sous les cayes !

 

Une journée de golf à Anguilla

Ces vols panoramiques d’un quart d’heure ne sont pas le cœur de métier de West Indies Helicopters. « On ne veut pas enquiquiner les gens en tournant autour de l’île ; on le fait en fin de saison ponctuellement, pour les locaux. » La société établie depuis 2018 dans les Antilles, basée à Grand Case mais très tournée vers Saint-Barthélemy, a été créée par Jérôme Auclair et Estelle Blanchard (qui n’est pas originaire de notre île malgré son patronyme). Mais ils dirigent déjà une entreprise de transport de clients VIP en hélicoptère, dans les Alpes et sur la Côte d’Azur, qui a douze ans d’activité à son actif. Malgré cela, on ne crée pas une compagnie d’hélicoptère comme on ouvre un magasin de chaussures. «On a mis six ans à s’installer ici», expliquent-ils. Et la clientèle est rapidement arrivée, grâce à un réseau déjà formé de professionnels du tourisme sur notre île. Au cours de la dernière saison, West Indies Helicopters a transporté environ 1.200 passagers. « C’est pas mal. Sans notre réseau, ça aurait été beaucoup plus compliqué. C’est allé très vite, comme si on était là depuis longtemps. Les hôtels et les agences nous ont réservé un bon accueil, ils étaient dans l’attente de ce service complémentaire de l’avion. »

La plupart des clients voyagent entre les aéroports de Saint-Martin et de Saint-Barth. La clientèle haut-de-gamme apprécie la jolie vue, l’exclusivité de l’hélicoptère, sa flexibilité totale. Un service qui se paie : 1.100 euros pour le voyage entre Saint-Jean et Grand Case, 1.400 pour Juliana. Quant à la Guadeloupe, le trajet coûte 5.400 euros. « Entre l’entretien et le kérosène, l’hélicoptère reste un moyen de transport très coûteux. 100 euros par personne, ce n’est pas possible ; ça reste un produit de luxe », commente Jérôme Auclair. L’appareil peut accueillir cinq passagers et leurs bagages. «Et on peut le réserver aussi bien une heure avant que six mois avant », souligne Estelle Blanchard. Outre les transferts entre aéroports, les clients profitent aussi de l’hélicoptère pour une partie de golf à Anguilla, par exemple, où une journée à Nevis, Saba, Antigua, etc. L’appareil, un modèle Ecureuil conçu par Airbus, dispose d’une autonomie de 2h30. « Le plus loin où l’on puisse aller depuis Saint-Barth sans arrêt, c’est la Martinique. »

 

Plusieurs femmes de Saint-Barthélemy ont déjà choisi ce moyen de transport pour se rendre à l’hôpital de Saint-Martin, trois semaines règlementaires avant leur accouchement. Mais pour ceux qui y auraient déjà pensé, non, West Indies Helicopters n’est pas habilité pour effectuer des évacuations sanitaires.

 

JSB 1351



Journal de Saint-Barth N°1351 du 21/11/2019

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