Jordan Laplace (2e en partant de la gauche) est depuis le mercredi 16 juin le premier président élu du Comité des pêches de Saint-Barth. Il pose en compagnie des quatre autres membres du bureau : (de gauche à droite) Mathis Lédée (secrétaire), Jonathan Gréaux (1er vice-président), Roderick Magras (trésorier), et David Malespine (2e vice-président).

Un vote historique pour les pêcheurs

La création officielle du Comité des pêches et de l’aquaculture de Saint-Barthélemy a été entérinée mercredi 16 juin à 15h30 à la capitainerie de Gustavia. Une première historique pour l’île.

Il suffit parfois de seulement quelques votes pour écrire l’Histoire. Mercredi 16 juin, à la capitainerie de Gustavia, les marins-pêcheurs de Saint-Barthélemy ont rédigé une page importante de la leur en votant à l’unanimité pour la création du Comité des pêches et de l’aquaculture. Une première sur l’île.

Une association loi 1901
« C’est un grand pas en avant de la pêche, a commenté le premier président du Comité, Jordan Laplace. Ce Comité, c’est du travail depuis 2016. On espère que ça va entraîner une collaboration avec la Collectivité. Il y a le projet du port de pêche qui se présente mais aussi des gros points à évoquer et qui vont soulever des débats. » Pour le moment, toutefois, le président et les pêcheurs savourent le moment présent. L’espace de quelques heures, à tout le moins.
Le Comité a été constitué sous la forme d’une association loi 1901. La meilleure option compte tenu du statut particulier de Saint-Barth qui lui permet de bénéficier de réglementations qui lui sont propres. Notamment dans le domaine de la pêche. Le seul et unique secteur de production local.
Lors de l’Assemblée générale à la capitainerie, les 23 pêcheurs présents (qui disposaient de six pouvoirs accordés par les absents : ils sont 48 professionnels sur l’île) ont procédé à l’élection du Conseil d’administration, qui compte dix-huit membres : dix pêcheurs et un collège de membres observateurs parmi lesquels l’Agence territoriale de l’environnement, la Direction de la mer, la Chambre économique multiprofessionnelle (Cem) et, bien entendu, la Collectivité territoriale. Ils ont également constitué un bureau composé de cinq élus. Le président, Jordan Laplace, deux vice-présidents qui sont Jonathan Gréaux et David Malespine, un secrétaire en la personne de Mathis Lédée et un trésorier, Roderick Magras.

« Un grand moment pour Saint-Barth »
Le président de la Chambre économique multiprofessionnelle, Thomas Gréaux, l’affirme : « C’est un grand moment pour Saint-Barthélemy ». La Cem a été la principale organisatrice de l’élaboration de la structure, après avoir été mandatée par la Collectivité. « Cette création faisait partie des grands projets et ça fait six ans qu’il a été lancé, a rappelé Thomas Gréaux. C’est un organisme plus politique que commercial qui va nous permettre d’avancer dans une même direction, avec une seule voix. »
Les missions du Comité vont être multiples, néanmoins sa principale vocation est d’apporter un soutien aux pêcheurs. En les accompagnant, les informant, en leur apportant une aide administrative, etc. Mais il aura aussi pour fonction de représenter les pêcheurs dans d’autres instances, de participer au développement de la filière, de formuler des avis, de favoriser l’innovation, et bien d’autres encore.

« On a fait beaucoup d’efforts »
« Je ne m’en cache pas, il y a de l’émotion à voir se créer ce Comité », a affirmé le représentant de la Direction de la mer, Michaël Wéry. Même sentiment pour la sénatrice Micheline Jacques, qui a qualifié les pêcheurs de Saint-Barth de « précurseurs ». Une émotion qui se dissipera sans doute rapidement pour les professionnels du Comité car beaucoup de travail les attend. Comme le souligne le président, Jordan Laplace : « On est dans une situation difficile. On a fait beaucoup d’efforts dans la constitution des statuts. On espère maintenant avoir des retours et faire avancer les choses.» Notamment en ce qui concerne le prix du carburant.
En effet, les pêcheurs de Saint-Barth, à la différence de la grande majorité de leurs homologues de France Hexagonale et d’Outre-mer, ne bénéficient pas d’un produit au tarif détaxé. Néanmoins, l’heure est à la célébration. Pas encore aux grands débats. Même s’il ne fait aucun doute que le Comité ne manquera pas, dans un avenir proche, d’aborder les questions qui fâchent. Après tout, c’est également une de ses fonctions.
 

Un nouvel élan pour la pêche à Saint-Barth
Dans le passé, Saint-Barthélemy était une commune de la Guadeloupe. Par conséquent, ses pêcheurs étaient membres du Comité des pêches de l’île papillon. Lorsque Saint-Barth change de statut, en 2007 (Collectivité d’Outre-mer) puis en 2012 (Pays et territoire d’outre-mer, PTOM), la situation change totalement pour les pêcheurs. Il leur a fallu s’adapter d’un point de vue administratif, mais également trouver des solutions en cas de problème car, bien évidemment, le Comité n’était plus là pour les soutenir. Quand la volonté de créer un Comité local s’exprime, en 2016, le projet reçoit le soutien de la Collectivité. Pour preuve, des statuts sont adoptés en 2018. Mais les deux associations de pêcheurs se mettent « en sommeil » et le projet tombe à l’eau. L’idée n’est toutefois pas abandonnée et, après une longue attente, Saint-Barth dispose désormais de son propre Comité des pêches (et de l’aquaculture).

Journal de Saint-Barth N°1428 du 17/06/2021

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