©Albane Harmange

Les loueurs de voiture ont limité la casse

Les touristes américains ont sauvé l’été des propriétaires de parcs automobiles. En ce début septembre, la haute saison à venir est encore incertaine, avec de timides réservations.

«On avait imaginé le pire mais on a eu du monde », cette phrase énoncée par un loueur de voitures résume l’état d’esprit de nombreux acteurs du tourisme de l’île. Plusieurs propriétaires de parcs automobiles s’avouent satisfaits de la saison estivale, après la période morte économiquement du confinement. Comme le rappelle le responsable d’exploitation d’Alamo National, « mars et avril sont habituellement des gros mois d’activité ». Cette compagnie avait profité des gains de la haute saison pour acheter dix nouveaux véhicules. L’interruption soudaine d’activité a empêché l’entreprise d’amortir ces achats. Les prévisions pour l’été étaient pour la plupart pessimistes. Mis à part pour le gérant de TopLoc, confiant en la fidélité de la clientèle de l’île : « Je ne m’attendais pas à une catastrophe, sauf si la préfecture conservait les mesures de quarantaine à l’arrivée. » Arnaud Grandclerc résume pour sa compagnie « un été presque normal, avec quasiment les mêmes chiffres que l’année dernière » pour cette période.

Des Américains
et Brésiliens

Pour plusieurs loueurs, la clientèle principale se compose de propriétaires ou locataires de villas. Ils ont donc bénéficié du regain d’activité estival de ce secteur (lire par ailleurs). La compagnie Alamo National remarque avoir eu beaucoup d’Américains et de Brésiliens, fait étonnant pour cette période où les Européens sont habituellement les touristes principaux. Au comptoir de Hertz, Tania Rodriguez fait le même constat. Ces deux loueurs se déclarent surpris face à un phénomène remarqué chez les hôteliers comme les loueurs de villas. « Beaucoup ont prolongé leur séjour. C’était surprenant, d’abord ils réservaient pour quelques jours, puis ils rallongeaient », commente Tania Rodriguez. Chez Alamo où les clients louent généralement pour trois semaines à un mois, certains Américains ont gardé leur véhicule pendant deux mois complets. Au guichet de Gumbs Car Rental, l’envie des touristes de prolonger leur séjour sur l’île est évidente : «Ils disent être mieux ici que là-bas ». Pour cette entreprise familiale, beaucoup de clients étaient des métropolitains et notamment des Parisiens au mois d’août.
Les habitants des îles alentours, en particulier de Martinique et de Guadeloupe, ont aussi participé à l’économie touristique avec des séjours assez courts. Certains clients venaient de Saint-Martin, jusqu’à ce que les conditions de voyage avec la partie hollandaise se durcissent.

Les loueurs ont comme prochaine perspective la haute saison. Les ressentis concernant cette période charnière pour l’économie ne sont pas unanimes. Certains sont plus hésitants que d’autres. La compagnie Gumbs Car Rental a enregistré des réservations pour les clients habituels. Pourtant, la responsable n’est pas sereine : « Novembre, décembre, ça ne va pas être la foule. » Pour Arnaud Grandclerc, les demandes restent timides, ce qu’il comprend en cette période d’incertitude. Au guichet voisin, Tania Rodriguez décide de rester très optimiste même si le nombre de réservations est encore faible : «  Je pense que ça va être une bonne saison. » Le responsable d’Alamo National est rassuré avec de nombreux clients attendus pour Thanksgiving. Il prévoit un carnet de réservation  inchangé pour les mois de décembre et janvier. Selon le propriétaire de Toploc, l’hésitation des clients s’explique par cette seule question : «Pourra-t-on voyager ? » La crainte d’un test PCR positif avant l’embarquement  empêche toute certitude sur la future présence des clients. Ce qui peut rassurer les voyageurs, c’est la flexibilité sur les remboursements pratiqués  par la plupart des loueurs. Pour la gérante de Gumbs Car Rental, cette politique est habituelle : « On travaille avec les touristes, donc il faut les garder. »

 

Journal de Saint-Barth N°1388 du 09/09/2020

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