Saint-Barth - air antilles

@Collectivite? de Saint-Martin

Le sort d’Air Antilles entre les mains du tribunal mixte de commerce

Après avoir déclaré la compagnie aérienne en cessation de paiements, le président du conseil d’administration Louis Mussington a formulé une demande de redressement judiciaire. Celle-ci doit être examiné ce jeudi 22 janvier par le tribunal mixte de commerce.

 

La compagnie Air Antilles reprendra-t-elle son envol ? C’est une question à laquelle le tribunal mixte de commerce de Pointe-à-Pitre répondra dès ce jeudi. Le dossier de l’opérateur aérien doit être examiné lors d’une audience. Ce, à la suite du dépôt d’une déclaration de cessation de paiements puis de celui d’une demande de redressement judiciaire par le président du conseil d’administration d’Air Antilles, Louis Mussington.

Lettre aux salariés
Le président Louis Mussington (un mandat qu’il occupe aussi à la tête de la Collectivité territoriale de Saint-Martin) a adressé le vendredi 16 janvier un courrier aux salariés de la compagnie. Par ce biais, il les a informés de sa décision de procéder au dépôt d’une déclaration de cessation de paiements auprès du tribunal mixte de commerce de Pointe-à-Pitre. « Malgré l’ensemble des démarches entreprises et les efforts considérables déployés par les équipes, la situation financière de la société ne permet plus de faire face à ses engagements », a-t-il écrit.
Après avoir salué « le professionnalisme et la solidarité » des salariés, Louis Mussington a ajouté : « L’interruption anticipée de nos opérations est intervenue à la suite de la suspension du Certificat de Transporteur Aérien, le 8 décembre 2025, puis de la Licence de Transport Aérien, le 9 décembre 2025, en pleine saison haute. Ces décisions ont entraîné un arrêt immédiat de l’activité, privant brutalement la compagnie de ses revenus et rendant impossible la poursuite des discussions engagées, avec des investisseurs pourtant essentiels à la continuité de l’entreprise. »
Plus loin, l’élu écrit : « Je mesure pleinement l'inquiétude et les interrogations que cette annonce va susciter. Je tiens à vous assurer que cette décision ne remet en aucun cas en cause la valeur de votre travail, votre implication ni votre attachement à Air Antilles. Vous avez porté cette compagnie avec sérieux et dignité jusqu'au bout. Avec les actionnaires et les équipes de direction, je reste pleinement mobilisé pour accompagner cette procédure avec humanité et responsabilité, dans le souci constant de préserver au mieux les intérêts des salariés et d'examiner toutes les options possibles pour l'avenir. »

Deux solutions judiciaires
Un avenir qui va donc se décider ce jeudi devant le tribunal de commerce. Deux solutions semblent envisageables à ce stade. Si le tribunal estime qu’il est possible de sauver la compagnie en déroute financière, une procédure de redressement judiciaire pourrait être prononcée. Dans le cas contraire, Air Antilles se dirigera vers une liquidation judiciaire. « La caisse est vide. Nous n'avons pas les moyens financiers de faire face à nos charges », a déclaré Louis Mussington, confirmant les propos tenus par Amine Tadhadit, directeur général délégué de la compagnie, quelques jours plus tôt. A nos confrères de RCI, mercredi, Louis Mussignton a confié : « J'espère qu'il y aura une solution quand même acceptable pour la collectivité qui a engagé 19 millions d'euros, dans le sens où d'après ce qui m'a été expliqué, il y a deux possibilités : soit la liquidation sèche, chose que je ne souhaite pas du tout parce que ça aurait des conséquences sur notre budget, ou bien, et là, j'y suis plus favorable, un redressement. Donc ça nous laisserait encore quelques possibilités de trouver des investisseurs qui vont accepter le principe d'investir une somme intéressante pour continuer l'opération. » Dans le même entretien, le président de la Collectivité de Saint-Martin a regretté la décision de la direction générale de l’aviation civile qui, le 8 décembre, a suspendu le certificat de transporteur aérien d’Air Antilles, estimant alors que la compagnie n’était « plus en mesure d’assurer la sécurité de ses passagers et de ses personnels ». Louis Mussington a ainsi expliqué : « Quand ils ont cloué nos avions au sol, ça n'a pas du tout aidé. Bien au contraire, ça a beaucoup compliqué la situation parce qu'on n'était pas autorisé ni à vendre des billets, ni à continuer l'opération. Il fallait tout arrêter au même moment. Donc, ça a eu des conséquences dramatiques sur la trésorerie. »
Pour mémoire, la Collectivité de Saint-Martin a procédé à une reprise partielle de la compagnie en décembre 2023, avec l’entreprise Edeis, quatre mois après la liquidation judiciaire de Caire. Elle n’a obtenu son certificat de transporteur aérien que sept mois plus tard. Et depuis la reprise des vols, l’activité n’a jamais véritablement été à la hauteur des espérances des investisseurs. Par ailleurs, depuis le mois d’avril 2025, c’est sous des licences d’exploitation temporaires que les vols ont pu être opérés.
Les 138 salariés d’Air Antilles devraient connaître leur sort, si ce n’est ce jeudi, à tout le moins dans les prochains jours.
 

Journal de Saint-Barth N°1649 du 22/01/2026

Rapport d'activité du port
Air Antilles
hôpital /Energie