Le Sargasse Project reçoit le prix de l’innovation outre-mer

Le Sargasse Project de Pierre-Antoine Guibout, qui fabrique de la pâte à papier à partir des algues brunes, a été distingué jeudi dernier à Paris parmi vingt-deux finalistes du concours innovation outre-mer.

 

Joli parcours pour Pierre-Antoine Guibout, qui a commencé il y a quelques mois seulement à fabriquer du papier à partir des sargasses fraîches qui s’échouent sur les plages de Saint-Barthélemy. Ce juriste financier a présenté son concept jeudi dernier à la Station F, incubateur de start-up fondé par Xavier Niel à Paris. Le Sargasse Project était sélectionné parmi vingt-deux finalistes, et a reçu l’un des huit prix décernés devant la ministre des Outre-Mer Annick Girardin et 400 spectateurs.

 

Coup de projecteur

« Avant la cérémonie de remise des prix, il y avait une journée à la Station F ; on a rencontré des représentants de fonds d’investissement, des banques, des “business angels”… Cela permet de se lier avec d’autres acteurs de la vie économique », raconte Pierre-Antoine Guibout. «Ultra-content » d’avoir remporté ce prix. « Surtout que nos deux parrains sont le président de la BPI (Banque publique d’investissement, ndlr) et la directrice de la communication de France TV. Ils nous offriront un accompagnement pendant un an, ce qui pour moi est particulièrement intéressant, car BPI France, ce sont des fonds publics. » «Transformer nos freins en opportunité, ça c’est un beau message », a complimenté la ministre Annick Girardin.

 

A la clé pour le Sargasse Project, un coup de projecteur et de crédibilité qui tombe à pic: « Quatre ou cinq jours avant, on a reçu les résultats des analyses du laboratoire Ceva (Centre d’études et de valorisation des algues, en Bretagne, ndlr) et on a su que notre pâte à papier était commercialisable en l’état. Nous commençons juste les tests pour en faire un contenant alimentaire, et nous aurons des résultats d’ici deux mois. Notre pâte à papier contient 49% à 51% de cellulose, c’est donc du carton. Les analyses révèlent que les métaux lourds sont dégradés au cours du procédé. Par exemple, tout le monde parle de la présence d’arsenic dans les sargasses. La limite légale en France est à 9 ppm (partie par million, ou mg par kg, ndlr) ; on est à 6 ppm, donc largement en-deçà du seuil. Pour information, les algues alimentaires contiennent, elles, 3 ppm. Donc c’est infime dans notre produit. »

 

L’objectif de Pierre-Antoine Guibout est de commercialiser directement la pâte à papier, créée via un procédé qu’il tient secret. Le dépôt du brevet est en cours. Il imagine l’installation d’un laboratoire pilote à Saint-Barthélemy, où il réside et où le projet a vu le jour, et des sites de fabrication hors de l’île. Il doit rencontrer la Collectivité cette semaine pour détailler son projet. 

La stabilité d’un business étant rendue compliquée par l’aléatoire des échouages, Pierre-Antoine Guibout envisage à terme de décliner le procédé, « sur les algues vertes ou les algues rouges de Méditerranée ».

 

> Sur Facebook : “Sargasse Project”.





Journal de Saint-Barth N°1352 du 28/11/2019

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