Le port de plaisance retrouve son niveau d’activité d’avant Irma

 

Après l’aéroport (JSB 1358), le port de Saint-Barthélemy a compilé ses chiffres de fréquentation pour l’année 2019. Il est revenu à une activité aussi élevée qu’avant l’ouragan Irma, qu’il s’agisse de paquebots de croisière, ferries ou navires de plaisance. L’urgence du réaménagement de la gare maritime se fait particulièrement sentir.

 

 

Les chiffres de la fréquentation maritime explosent entre 2018, année post-Irma, et 2019. Le nombre de passagers de navires de plaisance débarqués à Gustavia a tout simplement doublé. Comme pour l’aérien (JSB 1358), mieux vaut donc comparer 2019 à 2016, avant le blanc provoqué par l’ouragan.

 

Côté plaisance, plus de 36.000 passagers ont été enregistrés, pour 4.798 escales de navires sur l’année. En 2016, 5.555 escales de bateaux de plaisance avaient été effectuées, pour un total de 38.218 passagers. Le port de Gustavia n’a donc pas tout à fait atteint son niveau d’avant Irma en plaisance (sa plus belle année étant 2015). Le mois le plus fort est bien sûr celui de la Bucket, en mars, avec 824 escales pour 6.160 passagers l’an dernier (921 escales pour 6.954 passagers il y a trois ans).

 

307.000 passagers à la gare maritime

Côté ferries, la fréquentation est jugée « exceptionnelle » par le directeur du port Ernest Brin, qui signe le rapport d’activité. 180.228 passagers sont arrivés (92.133) ou partis (88.095) par la gare maritime en 2019, contre 197.657 en 2016. C’est presque autant que le trafic aérien. Au total, les compagnies maritimes ont effectué 2.940 escales sur notre île, contre 3.297 il y a trois ans. Le Voyager est leader, devant Great Bay (Pride of St Barth, Shantiwa, Big B). « Ce mode de transport reste privilégié. L’espace gare maritime doit être revu dans son ensemble », souligne Ernest Brin. « L’infrastructure n’est vraiment plus à la hauteur de l’attente des voyageurs ». Une demande de longue date (elle figurait déjà dans le rapport de 2009), dont l’urgence est accentuée par «beaucoup de conflits entre les utilisateurs par manque de place, tout au long de la saison. » En effet, le quai est utilisé par les ferries, mais aussi par les voiliers charters, les vedettes des paquebots qui transportent les croisiéristes, et les annexes des gros yachts.

Si on additionne le nombre de croisiéristes en escale et le nombre de voyageurs en ferries, le port atteint 306.886 passagers passés par la gare maritime en 2019. Sur l’année, 204 paquebots de croisière ont fait escale dans nos eaux, un chiffre qui n’avait pas été atteint depuis 2015 (207 escales). Ce sont plus de 126.650 croisiéristes qui ont posé le pied à Gustavia.

 

Le port de commerce sature

Au port de commerce, la situation est autre. En 2018, année de reconstruction, l’activité avait été très chargée. Une propension qui s’est poursuivie en 2019. Le directeur du port souligne qu’outre l’effet reconstruction, la hausse des importations est une tendance de fond qui avait débuté bien avant Irma.

Le quai de Public a réceptionné 9.293 conteneurs EVP (équivalent 20 pieds) l’an dernier, en baisse de 3,8% par rapport à 2018. « Il est important de souligner qu’entre 2013 et 2019, c’est une augmentation de 108% du nombre de conteneurs », précise Ernest Brin. « Force est de constater que cette augmentation n’est pas seulement due à l’effet des ouragans mais bien à la hausse de la population et de sa consommation. » Là aussi, le directeur du port insiste sur l’urgence d’adapter l’infrastructure à cette croissance constante de l’activité. « Les sociétés connaissent de grandes difficultés dans la gestion du dépotage des containers de groupage », explique-t-il, citant le manque d’espace, la difficulté de stationner, l’absence d’abri en cas d’intempéries. Régulièrement durant la saison, le port de Public est obligé de fermer ses portes, surchargé de conteneurs.

Pour rappel, la Collectivité prévoit une extension du port de commerce, dans le cadre du réaménagement de l’entrée de ville de Gustavia, qui doit être achevée fin 2021 (JSB 1353).

 

Records en véhicules

L’importation de matériaux dédiés à la construction (sable, ciment, graviers) est a peu près similaire entre 2018 et 2019, avec 67.900 tonnes de sable, 31.900 tonnes de gravier et 20.600 tonnes de ciment. En revanche, l’import de gasoil a diminué de 4,6 millions de litre, tout en restant au dessus de la barre des 32 millions de litres.

Côté véhicules légers, 1.328 sont entrés sur l’île, et 258 en sont sortis. Le site de propreté de Public a détruit 1.082 voitures et deux-roues, ce qui explique la grosse différence. Il faut ajouter aux importations 734 deux-roues, 35 camions (sans doute en lien avec la nouvelle législation sur la taille maximale des camions, entrée en vigueur en janvier, qui a conduit les entreprises à changer leur flotte) et 33 engins de chantier, des chiffres record.

JSB 1359





Journal de Saint-Barth N°1359 du 23/01/2020

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