Le préfète des Îles du Nord Sylvie Feucher est venue à deux reprises la semaine dernière assister à l’arrivée de voyageurs à l’aéroport. Ils sont questionnés et informés par des bénévoles de la Croix-Rouge, qui leur détaillent les règles de la quatorzaine. 

Faire venir des employés de l’extérieur, à condition qu’ils soient indispensables

Les autorités constatent que trop d’entreprises font venir des employés de l’extérieur, alors qu’ils ne semblent pas répondre à un besoin essentiel dans l’immédiat.Com et préfecture battent le rappel.Depuis le 23 mars, date de début des restrictions, 124 passagers sont entrés à Saint-Barthélemy.

 

Chaque semaine, trois avions atterrissent à Saint-Barthélemy, en provenance de la Guadeloupe et Saint-Martin Grand Case. Une continuité territoriale indispensable pour acheminer les personnes devant suivre un traitement dans les îles alentours, les femmes enceintes devant accoucher, les personnels indispensables à la lutte contre le Covid-19 et l’activité essentielle de l’île (production d’eau, électricité, déchets…), rapatrier les résidents de l’extérieur.

Depuis le 23 mars, date d’entrée en vigueur de ces restrictions, 124 passagers sont entrés sur l’île pour ces différents motifs, la majorité avec Air Antilles. 269 personnes ont quitté l’île sur la même période. Les flux de marchandises fonctionnent comme d’habitude.

 

Trop de travailleurs arrivent sans motif impérieux

Le motif du voyage professionnel est un peu trop utilisé, au goût de la préfecture et de la Collectivité, pour faire venir des travailleurs depuis Saint-Martin. Ces dernières ont publié samedi un communiqué commun pour appeler les chefs d’entreprises à ne pas abuser de ce droit : «Seuls les déplacements professionnels ne pouvant être différés et qui ont un caractère essentiel (professionnels de santé, interventions en urgence, continuité d'un service essentiel pour le fonctionnement de l'île ou préservation de l'intégrité d'un équipement important …) autorisent la venue à Saint-Barthélemy. Il est donc demandé aux chefs d'entreprise et employeurs de différer toutes les embauches de main d'œuvre extérieure, hormis dans les cas particuliers très limités cités ci-dessus. Cette instruction est notamment applicable au secteur du BTP », indiquent les autorités, qui soulignent que « l'embarquement à destination de Saint-Barthélemy des personnes ne justifiant pas d'un motif professionnel impérieux sera refusé. »

Le respect des restrictions est vérifié en amont du vol par la compagnie aérienne, à l’embarquement, et à l’arrivée.

Toutes les personnes arrivant à l’aéroport sont censées, de surcroît, respecter une quatorzaine obligatoire chez eux, durant laquelle ils n’ont pas le droit de sortir et encore moins de travailler.

Les compagnies fournissent aux passagers des masques à porter durant leur voyage. Elles ont toutes mis en place des processus de nettoyage des cabines, et une limitation des contacts notamment entre personnel et clients.

 

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Air Caraïbes et St Barth Commuter volent de nouveau

Air Antilles avait d’abord été chargée, dans le cadre d’une convention avec l’Etat, d’assurer la continuité territoriale entre les îles françaises de la Caraïbe. Il semble qu’une mésentente ait mis fin à cet accord, qui prévoyait notamment que l’Etat prenne en charge les sièges vides de la compagnie, afin qu’elle ne vole pas à perte. Un appel d’offres a été lancé par la Direction générale de l’aviation civile, et Air Caraïbes, en association avec Saint-Barth Commuter, a été choisie. Depuis le 24 avril, c’est elle qui assure les liaisons entre Pointe-à-Pitre et Saint-Martin Grand Case, et Saint-Barth Commuter entre Saint-Martin et Saint-Barthélemy. A raison de trois rotations par semaine, (lundi, mercredi et vendredi), et ce jusqu’au 24 mai. « Air Caraïbes proposera un tarif unique entre Pointe-à-Pitre et Saint-Martin, Pointe-à-Pitre et Saint-Barthélemy et Saint-Martin et Saint Barthélemy », précise la compagnie dans un communiqué. Des vols charters peuvent toujours être affrétés, dans le même cadre de restrictions pour les voyageurs. En revanche les vols privés sont suspendus. Des vols internationaux sont autorisés pour permettre aux non-résidents de retourner dans leur pays, et les vols depuis l’étranger sont autorisés uniquement s’il s’agit de rapatrier des résidents. Ainsi Tradewind a permis à deux Saint-Barth de rentrer chez eux, durant le confinement, et à huit personnes de quitter l’île. 

 

Journal de Saint-Barth N°1373 du 29/04/2020

Vers un déconfinement anticipé
Faire venir des employés de l'extérieur
L'après 11 mai