Emmanuelle Cipriani Carl Gustaf

Cinq ans après, le Carl Gustaf est prêt

Un petit hôtel de seulement seize chambres et suites, où chaque détail respire le chic à la française. Le Carl Gustaf ouvre ses portes jeudi après-midi après des années de travaux difficiles. Le groupe Barrière avait repris cet établissement fin 2015.

Le Carl Gustaf est entré dans le giron du groupe Barrière fin 2015 ; il accueillera ses premiers clients ce week-end. Cinq ans de travaux houleux, marqués par le passage d’un ouragan catégorie 5, Irma en 2017, et par le confinement décidé la veille de l’inauguration, au mois de mars dernier. L’ouverture de ce jeudi 15 octobre sera un véritable aboutissement pour Emmanuelle Cipriani, directrice de l’établissement, et son équipe (jusqu’à 78 personnes au plus fort de l’activité touristique).

Les équipes justement, elles s’activent, dans le rush des derniers jours : visite de la commission de sécurité le matin, passage d’un huissier pour garantir les protocoles Covid, photographies des plats signatures du restaurant, nettoyage complet des suites… « Nous étions dans ce même esprit de pré-ouverture en mars, on touchait au but. Ça a été un choc, et beaucoup de tristesse pour l’équipe », se souvient la responsable des lieux.

Un plat de lambi au Fouquet’s
On entre dans un hall lumineux puis dans le restaurant, sans conteste la pièce maîtresse du Carl Gustaf. Bois sombre, coussins aux couleurs profondes, canapés, matières nobles et naturelles. Comme tous les hôtels Barrière, c’est une table Le Fouquet’s. Elle allie la tradition française, avec service au chariot, et la modernité, avec une carte interactive numérique pour choisir son vin, par exemple.
Le menu porte la griffe du chef Pierre Gagnaire, avec quelques adaptations propres à Saint-Barthélemy, sur lesquelles il a travaillé avec le chef exécutif Gil Dumoulin. Ainsi, à côté des macaronis à la truffe noire mélanosporum (46 euros), ou de la sole meunière (68 euros), on trouve une fricassée de lambi au gingembre et bouillon miso, ou encore un carpaccio de wahoo au yuzu. Saveurs inimaginables au Fouquet’s d’Enghien-les-Bains !
Le restaurant a réduit sa jauge à 80 couverts en raison du Covid, les meilleures places étant situées sur la terrasse, en particulier au soleil couchant. Des cartes lunch et tapas sont aussi proposées, en plus d’un répertoire de cocktails signé Emanuele Balestra, mixologue réputé du Majestic de Cannes.

Vue incomparable sur Gustavia
L’hébergement se partage entre les douze bungalows en dessous du restaurant, et trois suites tout en haut. On ne pourrait rêver plus belle vue sur Gustavia et son port, pour un séjour toutefois un peu plus agité que dans d’autres quartiers de l’île. Les salles de bains en marbre sont remarquables, et pour les produits de beauté comme pour ceux du bar, on privilégie le naturel et le français. Comptez au minimum 3.000 euros la nuit pour la plus belle suite. La villa située de l’autre côté de la route de Lurin est en travaux et doit rouvrir courant décembre.
L’accent est aussi mis sur le spa Diane Barrière, qui propose des produits de la marque Biologique Recherche. On parle davantage performance et efficacité que bien-être seul. A l’arrivée des client(e)s, ceux-ci se font analyser la peau par cinq sondes qui déterminent le taux d’hydratation, de sébum, l’élasticité… Pour un soin ultra-personnalisé.

L’ouverture d’un nouvel hôtel de luxe favorise la venue de touristes amateurs de ces lieux prestigieux. Evidemment, la situation sanitaire mondiale complique un peu les choses, mais l’envie des visiteurs est là. A partir de ce week-end, les premiers clients arriveront, parmi lesquels des professionnels (journalistes, agents de voyage). Pour la suite de la saison, « nous avons beaucoup de demandes pour novembre et décembre, mais les gens ont du mal à réserver », admet Emmanuelle Cipriani. « Nous avons des séjours assez longs, de 5 à 7 nuits. Sur 2021, nous sommes très sollicités pour la période de la Bucket. Mais nous manquons quand même de visibilité. » Un rendez-vous notable à venir : le Fouquet’s du Carl Gustaf accueillera bien évidemment son propre chef étoilé, Pierre Gagnaire, à partir du 11 novembre prochain pour le Gourmet Festival.

 

Journal de Saint-Barth N°1393 du 14/10/2020

Mystérieuses tortues vertes
Covid : ça s'améliore
Visite du Carl Gustaf