Affluence réjouissante dans les boutiques où le déconfinement tombe en pleins soldes

Lundi matin, les clients se pressaient dans les boutiques de Saint-Jean tout juste rouvertes, dans une ambiance joyeuse entre soldes d’été, retrouvailles et sortie de confinement.

Fourmillement dans les boutiques de la Villa Créole, lundi matin. Les clientes étaient là avant même l’ouverture des commerces, pour retrouver le plaisir de garnir sa garde-robe, et profiter des soldes qui ont officiellement commencé le 2 mai. Dans toutes les vitrines, des rabais à -20, -30, -50%. Et à l’entrée des boutiques, du gel hydroalcoolique mis à disposition de la clientèle.
Dans les rayons de Original Saint-Barth, on devine les sourires derrière les masques des vendeuses. A l’entrée, des masques chirurgicaux, du gel et des gants, pour les clientes qui le souhaitent. Il y a du monde, une affluence réjouissante après « deux mois de galère », dixit la gérante Sandra. Ce magasin installé depuis trois ans aura connu bien des rebondissements, entre Irma et le coronavirus, mais elle est optimiste. « On y croit. Il faut tenir jusqu’à octobre. On a du stock, on verra pour les nouvelles commandes, en fonction du mois de mai », explique Sandra. Si les résidentes sont là, autour des bacs remplis de shorts et tops à 10 euros, l’absence des saisonniers se fera notamment ressentir. L’avenir est « très aléatoire. On aura les clientes de l’île heureusement. Quoi qu’il en soit, on va perdre de l’argent. Mais on va s’en sortir ! »

Vêtements en quarantaine
Même ambiance en face, dans la boutique Play Saint-Barth, dont tous les articles sont soldés. La gérante Leïla essaie d’appliquer les consignes gouvernementales à la lettre, ce qui n’est pas évident : refus des paiements en espèces, gel hydroalcoolique sur les mains de toutes les clientes qui franchissent la porte, quelques heures quotidiennes de quarantaine pour les vêtements et désinfection chaque jour avec le steamer (défroisseur à vapeur)… Elle autorise quand même les clientes à essayer les vêtements. Lundi matin, elle a reçu pas mal de visites. « Que des locaux. On va bien travailler sur la première semaine. On solde le stock pour tenir jusqu’à la fin de l’été. » L’inquiétude est là, mais le soulagement domine : « Ça fait du bien de rouvrir, de revoir du monde ! » Sentiment partagé par sa voisine de Kasa Shoes & Bags, dont la boutique ne désemplit pas. « J’ai ouvert à 10 heures, j’avais des clientes qui attendaient depuis 9h30 ! » Les essayages et ventes de chaussures s’enchaînent dans la bonne humeur. « On l’attendait avec impatience, cette réouverture », glisse une cliente en plein essayage de sandales. « Je suis sortie du travail exprès pour venir ici!» « Depuis ce matin c’est comme ça ! » se réjouit Amandine, gérante du magasin. « Les gens avaient une frustration. Pour le moment je suis très positive.  On a subi Irma, on s’est relevé, on fera pareil cette fois-ci. » Côté gestes barrière, elle n’impose rien et s’adapte à chaque cliente. « J’ai des gants, du gel… Mais à Saint-Barth, ce n’est pas la même chose qu’en métropole. Il n’y a plus de cas depuis plus d’un mois. On a une chance inouïe. »
Comme la plupart des boutiques de la Villa Créole, Amandine peut compter sur son socle de clientèle locale. « On a 60% de résidentes, 40% de touristes, je dirais. On adapte les prix aux porte-monnaie de nos clientes. Je pense que les quinze premiers jours vont être bons, et c’est après que ce sera plus dur. » D’autant plus que si la boutique a rouvert à plein temps, ce n’est pas le cas de l’école de sa fille ; Amandine n’aura donc pas d’autre choix que de la garder avec elle au magasin, en dehors de ses deux matinées de classe par semaine.

Avec des enfants plus âgés, Karine, gérante de la boutique Morgan, a moins ce problème, bien qu’elle attende avec impatience de connaître les modalités de réouverture du collège. Elle aussi a le sourire aux lèvres en voyant entrer et sortir les clientes depuis l’ouverture. « On voit que les gens sont contents, ils ont envie de dépenser. » Chez elle aussi, le port du masque n’est pas obligatoire, et les consignes sanitaires sont restreintes. Les clientes qui le souhaitent peuvent utiliser le gel hydroalcoolique, et Karine n’a pas prévu de placer ses vêtements en quarantaine, ni d’imposer le port du masque. « Tant qu’il n’y a pas de nouveau cas sur l’île », précise-t-elle.

Journal de Saint-Barth N°1375 du 13/05/2020

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