« Les habitants de Saint-Barthélemy doivent un immense respect à Jacques Chirac »

Photo > Jacques Chirac entre Albert Fleming et Bruno Magras, le 12 mars 2000 à Saint-Martin. Il avait fait le déplacement justement dans le cadre de l’évolution statutaires des territoires d’outre-mer.


Réactions unanimes pour saluer la mémoire dun grand homme politique, à Saint-Barthélemy. Jacques Chirac nétait venu quune seule fois à Saint-Barthélemy, en 1985, dix ans avant dêtre élu Président de la République. Il est décédé jeudi 26 septembre à Paris, à lâge de 86 ans.

 

Les drapeaux ont été mis en berne à l’hôtel de la Collectivité dès l’annonce du décès de Jacques Chirac, le 26 septembre, à l’aube aux Antilles. « Bien que je m’y attendais, la disparition du président Chirac m’a beaucoup touché », admet le président Bruno Magras. « Je n’étais pas toujours d’accord avec ses prises de position, mais ce fut un formidable homme d’Etat. » Bruno Magras se souvient de l’unique visite de Jacques Chirac à Saint-Barthélemy, en 1985, au cours de laquelle il a « eu l’immense plaisir de le rencontrer ».

 

Président du RPR, Jacques Chirac battait alors le terrain en vue des élections législatives de l’année suivante. Notre île avait été l’une des 150 étapes de cette campagne. Chirac avait prolongé son séjour au Filao Beach hôtel, et même échappé durant quelques heures à la surveillance de son escorte de gendarmerie… « Il avait été formidablement accueilli par la population de l’île, à qui Jacques Foccart avait donné l’opportunité de se presser autour du podium dressé dans la prairie, à l’emplacement de l’actuelle station service à Saint Jean », se souvient Lucien-Pierre Couic, qui travaillait au Filao à l’époque, et président de la Fédération locale des Anciens combattants, qui ont tenu à s’associer au deuil national, lundi. 

« C'est grâce au président Chirac que Saint-Barth a pu évoluer sur le plan institutionnel », rappelle Bruno Magras. « C’est lui qui, sitôt après à sa réélection en 2002, lança la révision de la Constitution qui a abouti le 28 mars 2003. C’est lui qui décida de consulter la population de Saint-Barthélemy le 7 décembre 2003. C’est enfin lui qui donna instructions à sa ministre de l’Outre-Mer Brigitte Girardin, de préparer le projet de loi organique », rappelle Bruno Magras. « Les habitants de Saint-Barthélemy lui doivent un immense respect. »

 

Nordleing Magras : « Il impressionnait »

A Paris, le sénateur Michel Magras s’associe « aux hommages rendus aux qualités de Jacques Chirac, soulignées par la classe politique et au-delà, la France tout entière. » Le président de la délégation sénatoriale aux outre-mer retiendra de l’ancien chef d’Etat « la confiance qu’il avait dans les outre-mer. Je pense que cette notion de “statut à la carte”, concrétisée par la révision constitutionnelle de 2003, était la marque d’une croyance dans leur capacité à prendre leur destin en mains. Jacques Chirac était de ceux qui connaissaient réellement les outre-mer et les respectait. Le deuil et la peine sont j’en suis sûr immenses partout dans nos territoires. » Pour Michel Magras, l’ancien président «incarnait aussi l’universalité de la question écologique. Il avait sonné l’alerte avec cette formule dont il avait le sens : “Notre maison brûle mais nous regardons ailleurs !” »

 

Ancien conseiller général et conseiller régional quand Saint-Barth était commune de Guadeloupe, Nordleing Magras a eu plusieurs fois des contacts avec Chirac entre les années 80 et 2000. La nouvelle de son décès, bien qu’attendue, l’a « énormément ému. C’était un homme chaleureux, très serviable. Il aimait les Antilles, et il aimait Saint-Barthélemy. Chirac était vraiment un bon vivant, simple et toujours prêt à rendre service, un homme extraordinaire. Et en même temps il impressionnait, physiquement et politiquement. »

 

Une rue à son nom ?

Le conseiller territorial Xavier Lédée (Unis pour Saint-Barthélemy) a lui aussi réagi à l’annonce du décès de Jacques Chirac, saluant «l’une des plus grandes figures politique de la Ve République et plus généralement de la vie des Français ». Sur les réseaux sociaux, Maxime Desouches a rappelé lui aussi que « la Collectivité de Saint-Barthélemy a pu voir le jour grâce à sa révision constitutionnelle de 2003 », et lancé l’idée d’honorer la mémoire de cet « ami de Saint-Barthélemy » en nommant une rue à son nom.

 


JSB 1344





Journal de Saint-Barth N°1344 du 03/10/2019

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