Ils racontent leur Marius

Bruno Magras : “Un excellent ambassadeur de notre île”

Marius était une figure connue et reconnue de l’île de Saint-Barthélemy. C’est un homme qui avait su se faire aimer et respecter par la population. Les relations qu’il avait su bâtir au fil du temps, avec de nombreuses personnalités étrangères notamment suédoises et américaines, avaient fait de lui, un excellent “ambassadeur” de notre île. Avec ses amis Olle Nyman et Per Tingbrand, il a été actif pour retisser les liens avec notre ancienne patrie. C’est d’ailleurs à ce titre qu’il s’est vu décerner le 3 mai 1980 la médaille de Chevalier de l’Ordre Royal de l’Étoile Polaire par le Roi de Suède, et c’est ce qui m’a conduit à lui décerner la médaille de Citoyen d’Honneur de Saint-Barthélemy le 24 août 1998. C’est hélas une de nos mémoires qui vient de s’éteindre et cette disparition est une perte pour notre île.

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Michel Magras : “Il a sa place dans le cœur de chaque Saint-Barth”

Marius a sa place au panthéon des bâtisseurs de Saint-Barthélemy et dans le cœur de chaque Saint-Barth.
Il a indéniablement contribué à la renommée de l’île par sa personnalité, généreuse, digne, sa pédagogie et son infaillible joie de vivre. Je suis certain que nous serons tous d’accord pour dire que le Select est un bout de l’âme de Saint-Barthélemy et nous le lui devons.
Marius restera aussi pour moi le trait d’union entre les États-Unis d’un côté et la Suède de l’autre, avec laquelle il a cimenté nos relations avec une implication et une amitié sans faille. Je suis heureux que la République ait reconnu son immense contribution en le faisant Chevalier de l’Ordre national du Mérite. Nous lui devons une gratitude infinie et notre affection collective.
De ses derniers jours, je garderai le souvenir de sa grande sagesse. Il était un pan de la mémoire de Saint-Barthélemy, une part de notre Histoire à laquelle il a pris une part active.  
Je regrette de ne pas être à Saint-Barthélemy pour ses obsèques mais par la pensée, je m’incline devant sa mémoire et lui rends un hommage appuyé.

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Arlette Magras : “Une encyclopédie exceptionnelle”

Marius …
Je suis allée de nombreuses fois discuter avec  Marius, il me demandait de le prévenir, il avait ainsi le temps de préparer  « son memo » et tout ce qu’il voulait me montrer afin de ne rien oublier. Je l’écoutais des heures, il était capable de répondre à toutes mes questions. Une encyclopédie  exceptionnelle !
Il ne fallait pas nous déranger … « on discute de choses sérieuses … », disait-il.
Impossible de partir , il avait tant de choses à me dire ! Nombreux sont les sujets qui ont été abordés, sa jeunesse,  l’histoire de Saint-Barth, ses premiers contacts avec les Suédois, et quelques confidences familiales et amicales… Au moment de se dire au revoir : « non, non, tu prendras bien un petit apéro », quelques gouttes dans le coin du salon... pour Hélène, me faisaient sourire ! Et la conversation reprenait de plus belle.
Il m’a souvent dit : « Maintenant il est temps que j’aille rejoindre ma famille et mes amis, mais il me reste tant de choses à faire ! »
A-t-il pu terminer ? on n’a jamais le temps de tout finir.
Marius, je ne te remercierais jamais assez pour tout ce que tu m’as apporté.

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Jimmy Buffett : “Marius, mon capitaine...”


Marius, mon capitaine... professeur, ami, voisin et marin... Tu nous as appris à naviguer dans la vie, avec bienveillance, et un sourire pour chacun ... Un Cheeseburger et un Ti-Punch au Select avec un tir occasionnel sur l'abeille au-dessus du bar feront toujours partie de ma vie à Saint Barth... Bon voyage mon cher ami, tu seras toujours dans mon cœur et ma mémoire.

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Lucien-Pierre Couic : “Honneur, travail et dévouement”

Après la disparition de Marius, c’est avec émotion et respect que la Fédération des Anciens Combattants de Saint Barthélemy présente à toute la famille ses sincères condoléances. Un grand homme disparaît. Beaucoup d’entre nous l’ont bien connu et apprécié sa courtoisie et sa généreuse amitié. Ainsi va la vie, puisse-t-elle inspirer la nouvelle population de l’île à respecter les valeurs fondamentales qui ont été les siennes : honneur, travail et dévouement.

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Amy Bettan : “J’étais un peu nerveuse...”

Je me souviens encore de ma première conversation avec Monsieur Marius... La légende vivante de Saint-Barth. Nous avions des boissons à la main et nous nous sommes assis à côté de lui, dans son bureau. J’étais un peu nerveuse, à vrai dire. Il avait un million de questions. De quelle région d’Amérique venions-nous ? Comment avais-je rencontré Phil, mon mari ? Combien d’enfants et petits-enfants ? Avais-je une maison ou un appartement ? Et puis, Pourquoi avez-vous choisi cette maison ?
Il a dit de prendre le temps pour répondre. Je lui ai donc raconté comment nous sommes tombés amoureux de notre  maison de Long Island, car elle avait une immense salle à manger. A l’époque, nous étions déjà parents de deux jeunes garçons. Nous étions les premiers de la famille à nous installer et nous voulions être sûrs que nous pourrions accueillir toute la famille à notre table. Il avait les yeux écarquillés et a dit: “Vous l’avez choisie parce que vous pourriez avoir une grande table ?” Lorsque j’ai répondu oui, il m’a serré la main et a dit : “Puisque la famille est si importante pour vous, je peux vous dire que nous deviendrons amis.” Et nous l’avons fait.

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Nils Dufau  : “ Une page d’histoire qui se tourne”

Marius fut l’un des membres fondateurs de l’Association St. Barth des Amis de la Suède (ASBAS) lors de ses prémices en 1978. Depuis les années 60 déjà, il a toujours accueilli les bras ouverts les nombreux suédois venant en visite à St. Barth. Le Select, souvent amicalement surnommée « l’Ambassade de Suède » a été et reste le rendez-vous incontournable pour nos amis du grand Nord. D’ailleurs, j’ai été heureux de rencontrer Marius à nouveaux le 18 février au Select avec la très sympathique équipe de la ville de Piteå venu sur l’île pour la construction de la case suédoise. Ce fut un moment empli d’émotions et d’amitié transatlantique franco-suédoise. Durant cette visite Marius restait debout, impossible de le faire s’assoir pour qu’il puisse se reposer !
Les membres de l’ASBAS se joignent aux nombreuses condoléances émanant de la Suède en ce moment : Mme. la Maire de Piteå Helena Stenberg, l’ancien Maire Peter Roslund ainsi que les amis suédois du monde associatif.
Avec le départ de Marius c’est une page d’histoire qui se tourne, mais il restera bien présent dans les esprits de chacun qui l’ont tant connu.

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Dantès Magras : “L’île perd un grand homme, un sage”


Marius était tout d’abord un grand ami de mon père, et je le voyais souvent, depuis ma jeunesse. Pour moi c’est grâce à lui que la Suède n’a pas été oubliée dans l’histoire de l’île. L’île bénéficie maintenant d’un statut fiscal particulier, qu’on le veuille ou non, grâce à la Suède, et là aussi, on pourrait même avancer que grâce à Marius, et à cette relation, ce statut n’a pas été oublié. Il a été à l’origine de la création de l’association "St Barth des amis de la Suède”.
Il était appelé “le consul de Suède” et avant d’accepter ma nomination à l’époque, je suis allé lui demander son avis.
Marius s’est souvent rendu en Suède, a été reçu par le Roi et la Reine. Il a parfois fait la une de certains journaux suédois, et une fois, avec un petit loup dans les bras. Cette photo avait été prise au musée historique en plein air de Skansen. Je l’avais rencontré là-bas, et il m’avait raconté, amusé : “Quand je suis parti pour la première fois en Suède, le maire de l’époque, m’avait amicalement et en plaisantant dit de faire attention, car en Suède on n’aimait pas les Noirs et qu’on allait me faire manger par les loups. Et me voilà avec un loup dans les bras, en Suède.”
Lors d’une rencontre avec le couple royal, il n’y a pas si longtemps au Palais Royal à Stockholm, le Roi s’était dépêché de me demander des nouvelles de Marius. Il le connaissait bien, et lors de leurs vacances familiales à St Barth, nous avions dîné ensemble au Brigantin.
Marius ne cherchait pas les honneurs, et son énorme travail pour entretenir les relations historiques avec la Suède était absolument désintéressé. L’île perd un grand homme, un sage. Il faut souhaiter qu’il sera bientôt mis à l’honneur, en nommant une place, ou une rue, par exemple, "Marius Stakelborough”.

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Diana Deutsch : “J’étais accro à toutes ses histoires”

J’ai rencontré Marius en 1989. Je m'étais arrêtée au Select. Marius était assis dehors et parlait avec des gens. Quand je me suis arrêtée près du bar pour commander un second planteur, Marius est entré et s’est assis à côté de moi. Il m’a dit : «Vous devriez commander un ti punch, c'est la meilleure boisson du menu. » Et il a commencé  à parler des premiers jours, de l’île avant tous les touristes, j'étais accro à toutes les histoires venant de cet homme énigmatique. Il parlait  avec tant d’éloquence ! Nous sommes rapidement devenus des amis. Quand j'ai regardé l'horloge, nous parlions depuis plus de deux heures. Je suis revenue sur l’île plusieurs fois après cela et j’ai toujours pu trouver Marius au bar. J'ai déménagé à Saint-Barth en 2003, une île qui m'a toujours fait sentir comme chez moi, tout comme mon amitié avec Marius. Tu vas me manquer cher ami.

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Ed Gudenas : « Les règles devaient être respectées »

À partir des divers livres qu'il a lus depuis sa jeunesse et de ses expériences, Marius Stakelborough est devenu un homme très sage. Nous le connaissons comme celui qui a créé Le Select avec sa femme Hélène en 1949, mais ce n'est qu'une partie de ce qu'il a accompli.
Marius a montré beaucoup de respect et d’amour autour de lui. Être un bon ami était très important pour lui. Jusqu’à ce qu’il perde la vue, Marius écrivait et appelait des centaines d’amis partout dans le monde pour s'assurer qu’ils savaient qu’il pensait à eux. Marius était la personne la plus spirituelle que je connaissais. Je crois que son amour pour les autres venait de son amour pour Dieu. Il priait tous les jours, y compris pour ses nombreux amis, et avait toujours le livre de prières de sa jeunesse.
Les gens étaient instantanément attirés par Marius et c'est ce qui m'est également arrivé en 1995, lors de ma première visite au Select. J’ai assisté en novembre 1999 au 50e anniversaire de l’établissement. Je voulais surprendre Marius avec une collection de photos qui documentait cet événement et quand en janvier je lui ai présenté l'album, il était très reconnaissant. Et je peux dire que c’est à ce moment que notre amitié a commencé ainsi que ma carrière de photographe.
Je me considérais comme un assistant spécial de Marius et ces dernières années nous avons eu une relation que je chéris grandement. Être un ami de Marius fait de vous un ami de nombreux autres à travers le monde.
Marius était également connu de ses amis sous le nom de “The Boss” parce qu'il savait ce qui devait être fait, et s'assurait que c’était accompli. Les règles devaient être respectées, comme celle de n’apporter aucune modification au Select. Même cette année, je suis sûr qu’il a fait un tour d’inspection et a demandé pourquoi telle photo a été déplacée ou manquante. Tout avait sa place. Marius continuera de faire partie de nombreuses vies. Cela ne changera pas.

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Dennis Carlton : “Il a toujours aimé les jolies femmes”

Il est facile de se rappeler avec tendresse de Marius, bien qu’il y ait tellement de souvenirs. Connaissant la vie depuis près d’un siècle et bien ayant voyagé, malgré ses racines de descendants d’esclaves, Marius était exceptionnel dans la simplicité qu’il allait à la rencontre des gens, à se faire des amis et entretenir ses relations.
Il a reçu avec enthousiasme l’amitié offerte par ceux qui venaient visiter Saint-Barth. Toutes ces relations ont commencé grâce au côté entreprenant de Marius, qui les invitait d’abord à s’assoir puis à parler. D’abord dans une pièce de sa petite maison de Gustavia partagée avec sa femme et sa famille, puis à proximité... développé pour devenir Le Select d’aujourd’hui.
La nourriture, la conversation, les rafraîchissements, les dominos et une bibliothèque, avec Marius comme hôte, font un cadre insulaire pur, simple et authentique...

C’est dans ce cadre que j'ai rencontré Marius pour la première fois, un matin de mars 1978. Alors que je pénétrais dans le “jardin” en plein air du Select, Marius, 54 ans - maigre et avec de longues jambes - a traversé l’espace pour me saluer de sa main tendue. N’hésitant jamais à aller à la rencontre d’étrangers, il a insisté pour que je m’assoie et que je le rejoigne pour profiter de sa boisson préférée, un Ti Punch. Pas de glace et assez fort, pensai-je. Néanmoins, il y en eut bientôt un deuxième… et la conversation s'enchaîna. En partant, Marius a insisté pour que je revienne dans l'après-midi avec ma femme, Wendy. Comme il me l’a expliqué : il a aimé me rencontrer, mais a toujours aimé les «jolies femmes».

À cet égard, comme souvenir de mon amitié avec Marius pendant de nombreuses années, je conclurai en disant qu’il a également fait la connaissance de ma mère. Marius et maman sont nés la même année -1923- et, au cours de ses  visites à Saint-Barthélemy, ils ont développé une tradition de partage des célébrations d’anniversaire entre eux.
Lorsque j’ai rendu visite à Marius en mars dernier chez lui, alors que nous marchions pour nous asseoir dans le petit salon, Marius s’est arrêté pour me montrer une carte d’anniversaire épinglée sur le mur, que maman lui avait envoyée juste avant sa mort, il y a un peu plus d’un an. En parlant de leur année de naissance commune, il a répété le commentaire qu’il lui faisait toujours : «Vous savez, nous sommes venus ensemble, sur le même bateau.» C’était un geste  réfléchi et généreux d’un homme gentil et doux.
Marius a été honoré et fêté par la royauté, les millionnaires et les gens du quotidien… tout en se faisant des amis, modestement, de manière indélébile et incontestable, et en marquant Saint-Barth comme un phare de civilité pour les cultures et les visiteurs locaux.

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Francine Levy : “Le monde était plus amusant avec lui”

Mes voyages à Saint Barth ne commencent que lorsque j’obtiens un embrassade de Marius. Depuis notre premier déjeuner ensemble, il m'a toujours traité comme un membre de la famille. Sa personnalité a contribué à faire de Saint-Barth ce qu’il est devenu. Nous sommes venus plusieurs fois à l’occasion de ses anniversaires. Il nous demandait de venir et s’illuminait d’incrédulité quand il nous voyait. Il était l’une des personnes les plus accueillantes que j’aie jamais rencontrées. Il semblait fragile, et se plaignait de sa vue en 2017. J’ai dansé une fois jusqu’à 1h du matin sous la pluie avec lui. Peut-être était-ce pour son 91e anniversaire... Lorsque je suis tombée malade, il j’ai tiré de lui mon cri de bataille “I’m still here !” et ça m'a aidé. Le monde était plus amusant avec Marius.

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John King : “Une oasis sans prétention où le temps, sur une île en évolution très rapide, semble s’être arrêté”

Il semble que rien ne se passe à Gustavia qui ne passe pas par le Select. Situé au carrefour du quartier, il a été un point de repère depuis plus de 70 ans. Marius et sa chère épouse Hélène ont fondé le bar en 1949 comme lieu de rassemblement pour les habitants pour un verre, un jeu de hasard et une conversation animée.

Un Américain, du nom de David Rockefeller a découvert l'île à la fin des années 50 et est immédiatement tombé sous le charme du Select - un endroit idéal pour que ses enfants perfectionnent leur français, et pour M. Rockefeller, pour développer une amitié à vie avec Marius. Près de 50 ans plus tard, à l’occasion du 90e anniversaire de Marius, M. Rockefeller a téléphoné pour lui souhaiter bonne chance et lui a envoyé une carte d’anniversaire. Comme lui, d’autres ont adopté Le Select comme un repère loin de chez eux.
Dans les années 80, Jimmy Buffett est tombé sur le bar lors d’un voyage à la voile, et en voyant l’une de ses affiches à côté de celle de Bob Marley, il a déclaré qu'il était chez lui. Alors que quelques changements ont été apportés par nécessité ou par opportunité, un mur extérieur altéré affiche un panneau qui dit : “Le Select évite le changement depuis 1949.” Je pense que c’est ce qui nous plaît : une oasis sans prétention où l’histoire peut être partagée et où le temps, sur une île en évolution très rapide, semble s’être arrêté.

Je ne sais pas exactement quand j'ai rencontré Marius pour la première fois, mais je me souviens très bien avoir assisté à son 80e anniversaire, le 5 juin 2003. À cette occasion, en août, j’étais devenu l’un de ses nombreux photographes en résidence d’hiver. J’ai même créé un livre de l’événement que je lui ai expédié par la Poste.

Ce qui en a suivi, c’est une appréciation de l’homme. Les années ont passé mais ce que je retiens, ce sont les moments où nous nous retrouvions assis au Select (Ti Punch, rhum blanc, sans glace) ou dans sa « cabane à crabes » autoproclamée, parlant de ses débuts et de la culture qu’il a nourrie sur l’île.

Ma dernière visite à la « cabane à crabes » a eu lieu au début de mars de cette année. La pandémie se profilant à l’horizon, donc pour la première fois, il n’y a pas eu de bise ou d’accolade lors de notre rencontre. Il m’a montré des photos de son père et d’autres souvenirs que je n’avais encore jamais vus - ses archives étaient apparemment sans fond - puis j’ai fait mes adieux.

Comme c’était sa pratique, il m’a escorté (en respectant la distanciation  sociale) jusqu’à la porte. Il a levé la main et dit : « A bientôt, John. » Et je lui ai rendu la phrase. Un adieu et un souvenir parfaits.

Reste en paix, cher ami.

Journal de Saint-Barth N°1381 du 24/06/2020

Ils racontent leur Marius
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