Le débat est-il clos ? Difficile à croire. Néanmoins, après le vote entériné à la majorité lors de la réunion du conseil territorial du jeudi 12 mars, les probabilités de voir le projet de reconstruction de l’hôpital Irénée de Bruyn se concrétiser ailleurs que sur le site actuel de Gustavia sont minces, voire nulles. En effet, à l’issue d’un débat des plus animés, les conseillers territoriaux ont rejeté la proposition formulée par les huit élus du groupe Action-Équilibre.
Celle-ci consistait en une demande d’organisation d’une consultation de la population de l’île afin qu’elle se prononce sur le lieu de construction du nouvel établissement de santé. Plus précisément, qu’elle fasse un choix entre le site de Gustavia et celui de Saint-Jean. La position des trois groupes qui composent l’assemblée étant déjà connue, aucun doute ne planait sur le résultat du vote. Toutefois, c’est à dix voix «contre » (Xavier Lédée, Mélissa Lake, Fabrice Querrard, Marie-Angèle Aubin, Olivier Gréaux, Alexandra Questel, Micheline Jacques, Rudi Laplace, Sylvère Gréaux et Francius Matignon) et neuf « pour » (Marie-Hélène Bernier, Bettina Cointre, Dimitri Lédée, Maxime Desouches, David Blanchard, Jonas Brin, Cécile Rubino Tessier, Pascale Minarro Baudoin et… Diana Bourel de Saint-Barth D’Abord) que la proposition a été rejetée. Sous les applaudissements réprobateurs des élus d’Action-Équilibre.
« Une instrumentalisation politique »
« Proposer un référendum local n’est pas une faiblesse démocratique », a déclaré Dimitri Lédée en ouverture du débat. Le président Xavier Lédée a répliqué en rappelant que l’assemblée dispose déjà « d’un texte adopté » tout en émettant « un doute sur la légalité » de la demande du groupe Action-Équilibre. L’édile soulignant, par ailleurs, que la médiation portant sur la propriété des terrains sur lesquels sont construits l’hôpital et l’Ehpad « est en train d’aboutir ».
Tandis que Francius Matignon dénonce « une instrumentalisation politique », la première vice-présidente Marie-Hélène Bernier, qui porte les dossiers liés à la santé depuis le début du mandat, remarque que la majorité des élus (le groupe présidentiel compris) s’était prononcée favorablement pour le lancement d’une étude relative à la construction d’un pôle médical à Saint-Jean. Celle-ci a été réalisée par le professeur Didier Houssin et le docteur Marc Bouche, missionnés par l’AP-HP (Assistance publique – Hôpitaux de Paris), courant 2024. Un rapport de 38 pages avait été remis à la Collectivité en juin de cette même année. A l’occasion d’une réunion publique organisée en novembre 2024 sur le sujet, de nombreux habitants et socio-professionnels de l’île avaient été séduits par l’idée de l’implantation d’un nouvel hôpital à Saint-Jean. Depuis, la majorité par alliance de la gouvernance a été rompue et les orientations présidentielles ont évolué. Au grand dam des partisans d’une construction à Saint-Jean. Et il est désormais peu probable que le projet de reconstruction minutieusement élaboré par le directeur de l’hôpital, Eric Djamakorzian, approuvé à la majorité par les élus du conseil territorial, puisse être modifié à un an seulement des prochaines élections territoriales.
De plus, avant de se prononcer sur la proposition du groupe Action-Équilibre lors de la séance du 12 mars, les élus ont adopté à l’unanimité l’acquisition de parcelles de terrains à Gustavia (pour un montant de 4,95 millions d’euros) qui pourront s’inscrire dans le projet de reconstruction de l’hôpital.
Une fourrière en attente
Autre sujet qui a déclenché un long débat entre les élus lors de la réunion du 12 mars : le fonctionnement de la fourrière territoriale. Ou, plutôt, son absence de fonctionnement. En effet, inaugurée en grande pompe le 19 décembre dernier par le président de la Collectivité, la structure n’a toujours pas été pleinement mise en service. Interrogé sur ce « contretemps » par Alexandra Questel, le président Lédée a expliqué que « suite à l’ouverture, il a été constaté une difficulté par rapport à la régie donc il y a eu plusieurs réunions pour mettre tout ça en règle ». Dès lors, d’une délibération portant sur la création d’un cycle de travail au sein de la fourrière, les discussions s’éparpillent jusqu’à porter sur la récupération gratuite d’un véhicule saisi, les problèmes de stationnement, la législation sur la dégradation et la destruction des véhicules parqués à la fourrière, les épaves, etc. Finalement, la délibération est adoptée… à l’unanimité. Quant au problème de régie indispensable pour encaisser les amendes, il devrait être réglé « dans quelques semaines », a déclaré le président Lédée, sans plus de précision.
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Des votes à l’unanimité Vote du budget le 26 mars |
