Prix du carburant : pas de faveur pour les pêcheurs

Sur la question de la vente au détail du carburant au port de commerce, Hélène Bernier a sollicité une exonération des taxes pour les pêcheurs. Fin de non recevoir de la majorité.

 

Les élus ont acté le redémarrage de la vente de carburant au détail pour les bateaux de Saint-Barth, grâce à l’installation de Public. Toutefois, le litre est bien plus cher ici que sur l’île voisine. « J’ai eu une sollicitation des marins pêcheurs sur le prix du carburant. Ils utilisent des centaines de litres dans leurs bateaux », rappelle Hélène Bernier (Saint-Barth Autrement). « En 2018, la taxe sur le carburant a rapporté 2,2 millions d’euros à la Collectivité. Serait-elle prête à exonérer les marins pêcheurs de cette taxe ? »

 

Si le carburant est plus cher à Saint-Barthélemy, c’est parce qu’il correspond aux normes européennes imposées alors que l’île était encore RUP (région ultrapériphérique), rappelle Bruno Magras. « Maintenant que nous sommes PTOM, nous avons la compétence énergie. Mais c’est un choix politique, d’opter pour un carburant plus polluant, ou non. » Quant à exonérer les pêcheurs de la taxe, pour le Président, c’est tout bonnement trop compliqué en terme logistique, à l’heure actuelle. Il liste les avantages dont bénéficient déjà les professionnels : « C’est un métier difficile, mais qui paie bien. Ils ne sont pas soumis à l’impôt, occupent gratuitement la halle au poisson, et nous avons promis que la Collectivité donnerait un euro au comité des pêches pour un euro donné par les pêcheurs. »

Hélène Bernier suggère la création d’une sorte de carte professionnelle pour limiter l’investissement par la Collectivité. Le pêcheur n’aurait qu’à utiliser cette carte pour remplir son bateau au tarif spécial à Public. « Mais il peut prendre 100 litres de carburant et aller remplir sa voiture », argumente Bruno Magras. « Ce serait incontrôlable. »

 

« L’idée d’un forfait mériterait d’être étudiée », insiste Ernest Magras, conseiller territorial Saint-Barth d’Abord. « Vous dites régulièrement qu’on ne paie pas d’impôt. Mais les petites gens avec qui je discute disent « c’est tous les jours qu’on le paie l’impôt, c’est le coût de la vie ». Je vous propose de modérer cette rhétorique », poursuit l’élu de la majorité. « Quand on connaît le poids des charges sur les Domiens, je ne parle même pas des métropolitains, entre les taxes locales, l’impôt sur le revenu, la redevance télé, les 33% pris par l’Etat sur la succession… Les habitants de Saint-Barth n’ont pas encore mesuré leur bonheur », rétorque Bruno Magras. « Le comité des pêches pourra travailler sur la question du carburant », intervient la vice-présidente Micheline Jacques. Et pour répondre à Ernest : « Quand on a un petit budget, il y a aussi un mode de vie, une gestion à avoir. »

 

Un port de pêche à Grand-Cul-de-Sac ?

Le Président, lui, détaille son idée pour l’avenir de la pêche à Saint-Barth : transférer l’activité dans un véritable port de pêche construit à Grand Cul de Sac, avec machine à glace et station de carburant, notamment. En attendant, les marins pêcheurs risquent fort de poursuivre les allers retours vers Saint-Martin pour remplir les réservoirs.


JSB 1335




Journal de Saint-Barth N°1335 du 18/07/2019

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