Disparition des poids-lourds en 2019 : insuffisant pour certains élus

Plusieurs élus auraient voulu une limitation encore plus stricte de la circulation des poids-lourds. Le conseil territorial a voté en faveur de ­interdiction des véhicules dépassant 14 tonnes PTAC, 7 mètres de long et/ou 2,42 mètres de large à compter du 1er janvier 2019, sauf dans la zone de Public, où ils bénéficient dun sursis jusquen 2024.

«Je suis en permanence harcelé, en particulier par des étrangers. Les gros poids-lourds posent un problème vis-à-vis de nos visiteurs », commente le président Bruno Magras. « On a des gens qui récemment voulaient faire entrer des 19 tonnes. Pourquoi pas 50, tant qu’on y est ? »

Les élus ont voté le projet tel qu’il était présenté : les camions dépassant 14 tonnes PTAC (poids total autorisé en charge), 2,42 mètres de large et 7 mètres de long n’auront plus le droit de circuler à Saint-Barthélemy à partir du 1er janvier 2019. Seule la zone de Public leur sera laissée accessible, jusqu’au 1er janvier 2024.

« Je suis d’accord avec cette mesure », approuve Xavier Lédée (Unis pour Saint-Barthélemy), « mais le délai pour avoir un nouveau camion sera à mon avis plus long que les quelques mois qui restent d’ici la fin de l’année. Si on les bloque au 1er janvier, ­certains risquent de se retrouver dans l’incapacité de travailler. »

Son amendement pour que le délai accordé aux entreprises soit prolongé est rejeté par la majorité des élus, qui ont considéré que six mois suffiraient aux transporteurs pour se retourner. « Un an, ça me paraît beaucoup trop si on veut marquer le coup », lâche la vice-présidente Micheline Jacques.


« Eviter qu’ils ne circulent à certaines heures ? »

« Plus tôt on se débarrassera de ces camions, mieux ce sera ». Elodie Laplace, élue de la majorité visiblement remontée contre les conducteurs de poids-lourds, se dit « très heureuse » de cette décision, et souhaiterait même aller plus loin. « Pourrait-on réfléchir pour éviter qu’ils ne circulent à certaines heures, lors des pics de circulation sur les routes, entre 7 et 8 heures et 16 et 17 heures en particulier ? » « Comment vont-ils travailler quand ils devront, par exemple, évacuer du remblai vers le port ? » questionne, sceptique, Bruno Magras. « Ils pourraient commencer plus tôt, entre 5 heures et 7 heures du matin », argue Elodie Laplace. « On pourrait interdire l’évacuation de remblai à certaines heures », tente Xavier Lédée.

Ernest Magras, élu de la majorité, soutient l’idée : « Sans interdire, on pourrait attirer leur attention pour qu’ils se concertent et évitent le transport pendant les sorties d’école. Ils peuvent aussi contribuer à la sécurité. »

Arguments balayés par le Président. « Un camion rempli de remblai n’est pas plus dangereux qu’une motocyclette. Ils doivent pouvoir travailler. On ne peut pas faire son bonheur au détriment de celui des autres, il faut prendre en compte la réalité. »


Une tentative en 2010

En 2010, le Président avait tenté, via un arrêté, de prendre une mesure similaire. Retoquée par le tribunal administratif, saisi par un petit groupe d’entreprises locales. L’arrêté interdisait les camions de plus de 2,40 mètres de large, alors que la modification du code de la route votée jeudi concerne les véhicules de 2,42 mètres de large. Deux centimètres de différence qui étonnent Xavier Lédée. Bruno Magras répond que ce chiffre de 2,42 mètres permet à deux véhicules de se croiser sur une route de 5 mètres de large, et correspond aux dimensions de camions déjà présents sur l’île. « Mais pourquoi en 2010 avions nous fixé le chiffre de 2,40m ? Pourquoi n’est-on pas restés sur ce chiffre, qui aurait permis encore moins de camions ? » insiste Xavier Lédée. « Nous avons manqué de sagesse en 2010 », admet Bruno Magras. « Nous ne sommes pas là pour chercher des conflits mais pour régler des problèmes de circulation. Mais pourquoi ne pas prendre la réalité en compte, plutôt que de chercher la petite bête ? Nous ne devons pas trop pénaliser les entreprises. »

Les véhicules d’urgence, ou les transports exceptionnels pour des chantiers ponctuels, sur autorisation, sont ­exemptés de cette disposition. Au total, une petite vingtaine de camions seraient forcés de quitter l’île, selon la Collectivité.


JSB 1288



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