Pénuries d’eau et problèmes de réseau ont compliqué la saison des hôtels et villas

L’association des hôtels et villas de Saint-Barthélemy sort d’une saison touristique réussie, mais rendue difficile pour les professionnels en raison des problèmes d’eau de ville et de réseau internet et mobile, notamment.


«Nous sommes revenus aux chiffres d’avant Irma », annonce tout de go Anne Dentel, présidente de l’association des hôtels et villas de Saint-Barthélemy. « Il manque encore le Tropical, l’ex-Taïwana, le Carl Gustaf, le Guanahani et l’Eden Rock, soit environ 150 chambres. » Hormis le Tropical, rasé, et le Guanahani, tous mettent les bouchées doubles sur les travaux pour ouvrir fin 2019. La saison a été bonne au niveau de la fréquentation, mais compliquée pour les professionnels de l’île.

L’eau de ville, entre les bromates et les pénuries récurrentes, a été le problème numéro 1 des hôtels. Tous n’ont pas de dessaleurs ; pendant les coupures d’eau de ville, ceux qui produisent eux-mêmes leur eau, comme le Barthélemy ou le Christopher, ont envoyé des camions faire le plein des établissements à sec. Mêmes complications dans les villas, et pire encore dans les logements qui ne comportent pas de citerne, notamment à Gustavia.
Les coupures d’alimentation en eau se sont jointes aux problèmes, récurrents là aussi, de réseau mobile et internet. Dans ces cas-là, « on passe notre temps à faire des discounts », soupire Anne Dentel. Enfin, il y a les travaux. Quand on loue une villa à 15.000 dollars la nuit, on goûte peu le BRH (brise-roche hydraulique) à 7 heures du matin. Les agences tentent de jongler selon les quartiers, mais cette année, difficile de trouver des secteurs calmes. « Gouverneur c’est calme, Colombier ça va à peu près… Les travaux ont toujours existé, mais le problème a été exacerbé depuis Irma, car il y a les nouveaux projets qui s’ajoutent à la reconstruction toujours en cours. Les gens ont été compréhensifs après Irma, mais maintenant, l’île doit retrouver sa paisibilité », plaide Anne Dentel. Même chose pour la circulation dense, «problème de tous temps ; on espère que les fins de chantier vont permettre de calmer les choses. » Enfin, comme pour tout non-propriétaire sur l’île, il y a le problème du logement qui entraîne des difficultés dans le recrutement. « Beaucoup d’hôtels achètent des terrains ou des logements, ils jouent le jeu », assure Anne Dentel.

Gestion des sargasses
Points positifs : la gestion des sargasses par la Collectivité, qui les ramasse chaque matin très tôt sur les plages les plus fréquentées, les rendant quasiment invisibles aux visiteurs. « Miami et le Mexique commençent à être touchés par les sargasses, donc ils connaissent le problème et se questionnent. » Par ailleurs, l’état de l’aéroport Princess Juliana à Sint-Maarten ne semble plus être un frein important à l’afflux touristique. « Je n’ai pas l’impression que nous avons souffert de Juliana. C’était beaucoup mieux que l’an dernier, et ils ont été efficaces dans les connexions entre nos îles », considère Anne Dentel. Qui ne voudrait pas noircir exagérément le tableau. « Le bilan de la saison est positif. Les gens viennent, la grande majorité repartent contents. Ils sont encore compréhensifs. Simplement, il ne faudrait pas que cela (travaux, circulation, manque d’eau et télécoms défectueux, ndlr) perdure trop. »



_________________________________
Voyages et pédagogie des saisonniers
Parmi les projets immédiats de l’association des hôtels et villas un « workshop » est programmé en septembre à New York, puis en octobre au Mexique et au Brésil. Il s’agit principalement de rencontrer les agents de voyage de ces pays pour promouvoir la destination. Deuxième point, la confection d’un dépliant d’accueil pour les saisonniers, sur un ton badin, pour les mettre au parfum des problématiques de l’île : drogue, sécurité routière, respect de l’île, déchets…



JSB 1332

© Roméo Balancourt

Journal de Saint-Barth N°1332 du 13/06/2019

Imbattables Barras
Gaspillage alimentaire
Justice
Légendes du foot