Les fêtes de quartiers ne verront pas l'été

Le calendrier des fêtes de quartier est totalement chamboulé. Beaucoup sont annulées, certaines encore suspendues à un éventuel aménagement selon les contraintes sanitaires, d’autres reportées à l’automne. Les associations, pour qui les fêtes représentent déjà un gros travail, ne veulent pas endosser toutes les responsabilités. 

 

Dimanche soir, Emmanuel Macron a indiqué qu’« il faudra continuer d'éviter au maximum les rassemblements car nous savons qu'ils sont les principales occasions de propagation du virus. Ils resteront donc très encadrés. » Alors même si l’étau venait à se desserrer d’ici les mois de juillet et août, le constat est unanime au sein des associations à travers l'île : « Le délai est trop court », déclarent d'une même voix Cécile Coudreau, présidente de l’Ajoe de Lorient, Laëtitia Emmanuel qui représente les Youngz de Gustavia et Alexandra Lédée, présidente de l’Ascco de Colombier.
La fête de l’Anse des Cayes qui ouvre traditionnellement la saison est annulée pour la seconde année consécutive (l’an dernier, elle n’avait pas pu avoir lieu en raison des travaux sur le terrain de proximité). La fête de Gustavia, habituellement programmée la veille de la fête nationale, trop compliqué aussi pour les Youngz, vu l’actualité. « Les délais sont trop courts et on a ce problème viscéral d’effectifs pour préparer au mieux un événement comme celui-là », regrette Laëtitia Emmanuel. L’association se concerte actuellement pour savoir s’il sera possible de maintenir au mois d’août la troisième édition de la très courue Caribbean Beach Party, deux jours de concerts festifs sur la plage de Public.

Concert et feu d’artifice pour la fête nationale
Le 14 juillet est un impondérable : il s’agit d’une fête républicaine incontournable, qui doit a minima être marquée par la commémoration officielle au monument aux morts. La Collectivité a décidé hier de le célébrer comme d’habitude ou presque, en organisant un concert de groupes locaux à Gustavia, et un feu d’artifice

A Lorient, la Fête des quartiers du Vent pourrait, tout comme l'an dernier, être reportée au mois d'octobre. Un mal pour un bien : « On se rend compte qu'à cette période, l'an passé, il y avait bien plus de bénévoles pour nous aider. Dans les circonstances actuelles, en plus du temps qui nous fait défaut, on manque cruellement de mains», constate la présidente de l’Ajoe.
Cette difficulté à mobiliser des bénévoles s’était déjà présentée aux associations, et avait entraîné l’annulation de la fête du Nord l’an dernier, l’une des plus importantes de l’été sur la plage de Flamands. Cette année encore, il n’y aura pas de beach volley face à l’îlet Bonhomme. « On est forcément déçus », admet Alexandra Lédée. « Mais on n’a pas le temps de s’organiser. Et le nombre de bénévoles, qui ne nous avait pas permis d’organiser la fête du Nord l’an passé, est encore plus faible aujourd’hui, dans ce contexte.»


« Cette saison est bien plus compliquée avec la crise que l'on vit. On a des regrets, mais il est trop compliqué d'assurer ces événements dans le contexte actuel. On nous demande à nous, bénévoles, d'endosser l'entière responsabilité des fêtes, avec des équipes en trop faible nombre», déplore Cécile Coudreau. « Mais on ne baisse pas les bras, on a des idées, rouvrir le cinéma par exemple.» A Corossol, c’est le rendez-vous de l’année qui tombe à l’eau, au grand regret de Jocelyn Bernier, président d’ALC. « Vivement la Saint-Louis 2021 », souffle-t-il.
Reste la fête patronale du 24 août, la Saint-Barthélemy, qui devrait se tenir d’une façon ou d’une autre. Bien que beaucoup de choses peuvent arriver d’ici là, on a du mal à imaginer Bruno Magras y renoncer. C’est arrivé une fois, en 2005, par solidarité avec la Martinique qui avait perdu dix jours plus tôt 152 de ses ressortissants dans le crash d’avion de la West Caribbean.


La problématique des fêtes de quartier en temps de coronavirus sera abordée par les élus de la commission culturelle le 26 juin prochain et permettra de préciser ce qui est faisable, ou non.
 

Journal de Saint-Barth N°1380 du 17/06/2020

Saint-Barth ne veut plus attendre
Fêtes de quartier
25 ans de Bruno Magras