« J’ai encore la mémoire bien vive de mon grand-père revenu de Verdun tout cassé »

Le 11 novembre 2018 signera le centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale, et de quatre ans de commémorations de ce conflit. Date hautement symbolique, comme l’explique Lucien Pierre Couic, président de la Fédération des anciens combattants de Saint-Barth.

 

Que représente pour un ancien combattant de célébrer les 100 ans de la fin de la Première Guerre Mondiale ?

Célébrer les 100 ans de la fin de la Première Guerre mondiale représente un inaltérable droit de mémoire. Ce droit prend toute sa vigueur au plus fort des terribles années de guerre qui plongèrent la France dans la tourmente. Quand à 5h10 du matin, le 11 novembre 1918, la convention d’armistice est signée, s’ouvre alors une page de douleur. Comment oublier ces millions de morts et de blessés ? On a du mal à imaginer les souffrances morales de ce triste bilan humain.

J’ai encore la mémoire bien vive de mon grand-père revenu de Verdun tout cassé, cassé mais vivant. Il exprimait une mémoire individuelle et silencieuse, lui qui n’avait pas hésité à mettre sa vie en jeu pour défendre les valeurs de la France. Il cachait ostensiblement son droit de faire partie intégrante de l’histoire de son pays, par pudeur, par respect vis-à-vis de ses camarades morts au combat.

 

Quelle a été la participation des Saint-Barth dans ce conflit ?

Saint-Barthélemy, l’îlot perdu des Amériques, contribuera de façon relative aux événements en donnant cinq de ses enfants à la lointaine patrie. Ces cinq noms sont gravés en lettre d’or sur le monument aux morts, pour que nul n’ignore et n’oublie leurs sacrifices faits pour notre pays.

 

Pourquoi est-il important de répéter ces commémorations chaque année ?

Cent ans après cette guerre qui se voulait la « der des ders », hélas, ce sera sans compter avec les haines et les rancoeurs qu’elle avait générées. Vingt ans plus tard les portes de l’histoire vont s’ouvrir sur une épouvantable tragédie.

Célébrer les cent ans de cette Première Guerre mondiale n’est pas sans assimiler le fracas de la Seconde Guerre mondiale, la tourmente de l’Indochine, l’horreur de cette guerre cachée de l’Algérie. Un droit de mémoire de la nation à ses soldats ne peut s’effacer, il appartiendra aux historiens d’en décrypter le déroulement le plus objectif qui soit. Ainsi chaque année et à plusieurs reprises des commémorations se succèdent réunissant les hommes, qu’ils aient été amis ou ennemis, dans un souvenir qui ne connaît pas les frontières.

 

Combien de membres compte la Fédération des anciens combattants de Saint-Barthélemy, et quel est leur parcours militaire ?

L’association des anciens combattants de Saint-Barthélemy est créée le 26 février 1996. Elle prendra le titre de fédération le 6 décembre 2004 et adhérera à compter de cette date à « l’Union fédérale des associations françaises d’anciens combattants, victimes de guerre et des jeunesse de l’union fédérale ».

Elle se compose actuellement de 33 membres. Alain Pate, Jean Belotti, François Mace ont pris part aux événements de la Seconde Guerre mondiale, ces deux derniers s’étant remarqués en Indochine. Suivront les anciens d’Algérie représentant le gros de l’effectif, soit 22 personnes, le reste étant représenté par six Opex (opérations extérieures) et quelques membres d’honneur, veuves de guerre et sympathisants agréés par le conseil d’administration.

 

 JSB 1302


Journal de Saint-Barth N°1302 du 08/11/2018

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