Ces gestes qui peuvent sauver des vies

Samedi, la Croix Rouge dispensait une formation aux premiers secours à une dizaine de personnes, qui sauront désormais comment réagir en cas d’urgence. Il reste des places pour la session du 16 juin.

La plupart du temps, ce sont les entreprises qui envoient leurs salariés se former aux premiers secours, par le biais de la Croix Rouge. A l’étage de la capitainerie, dix ressortissants portugais enchaînent massages cardiaques et bouche-à-bouche, très appliqués, sous l’œil expert du formateur de l’association, Christian. « Faites-le jusqu’à ce que vous soyez à l’aise, parce que le jour où ce sera un vrai accident, ce ne sera pas pareil », lance-t-il aux « stagiaires ».

Pain de mie versus arête de poisson

En une journée, ces derniers ont appris à utiliser un défibrillateur, à recréer les battements du cœur et le mouvement respiratoire grâce au massage cardiaque, et plus globalement, les bons réflexes à avoir en cas d’urgence. Que faire si votre voisin de table s’étouffe ? « Si c’est une obstruction totale des voies aériennes (il ne peut émettre un son), il faut alterner cinq claques dans le dos, avec cinq compressions de la cage thoracique », répond Christian. « A ne surtout pas faire si c’est une obstruction partielle, de type arête de poisson. Là, il faut asseoir la personne, appeler les secours et attendre. Si vous intervenez, vous risquez de faire bouger ce qui est coincé, et d’abîmer la trachée. » Les techniques du verre de lait ou de la mie de pain, on oublie.

Ici, les accidents de la route sont fréquents. Les premiers témoins doivent porter secours au blessé. Que faire ? « S’il y a hémorragie, il faut comprimer la plaie, de préférence avec une protection plastique. Evitez le garrot, sauf s’il y a de nombreux blessés. Si vous devez pratiquer le garrot, surtout, notez l’heure à laquelle vous l’avez mis », insiste Christian. Quant une victime est au sol, on entend en général deux sons de cloches : il ne faut surtout pas la déplacer au risque de l’abîmer davantage, ou bien, il faut la placer en position latérale de sécurité (PLS). Verdict ? « La priorité, c’est de voir si elle est consciente ou non. Si elle inconsciente, et qu’elle respire, c’est là qu’il faut la mettre en PLS, en immobilisant les éventuels membres abîmés. La priorité est qu’elle reprenne conscience. » Attention si la blessée est enceinte, il faut à tout prix l’allonger sur le flanc gauche. Le moyen mnémotechnique de Christian : « Les femmes sont maladroites (mal à droite). Discutable, mais on s’en souvient ! » Si la victime est inconsciente et ne respire pas, il faut se lancer dans le massage cardiaque-bouche-à-bouche immédiatement.

« On leur apprend aussi à identifier la gravité d’une plaie ou d’une brûlure. Même un coup de soleil peut être très grave, chez les enfants », complète Christian.

Un Français sur deux est formé à ces gestes de premiers secours. Les autorités estiment que si 20% d’habitants en plus étaient formés, 10.000 vies pourraient être sauvées chaque année. A Saint-Barth, l’objectif poursuivi par la Croix-Rouge, qui dispense ces formations depuis une dizaine d’années, est que toute la population de l’île sache réagir.


> Formation PSC1 par la Croix Rouge. Il reste des places samedi 16 juin, de 8 heures à 17 heures. Tarif : 65 euros. Renseignements et inscriptions 0690.71.91.21.

JSB 1282