Abriter les plus démunis avant la saison cyclonique

Les communautés américaine et française de Saint-Barthélemy s’unissent pour reconstruire les domiciles des plus démunis. Irma a laissé une poignée de personnes âgées vulnérables à la rue, sans recours. Le travail est terminé à 85 %, mais pour que les bénéficiaires puissent regagner leurs logements avant la nouvelle saison cyclonique, il manque la dernière partie du budget, soit 100.000 euros.


En une nuit, le 6 septembre 2017, Irma a laissé une poignée d’habitants complètement démunis. Des personnes âgées sans assurance ni ressource, dont les maisons ont été rendues inhabitables par l’ouragan. Deux associations, l’américaine Help Saint-Barth et la française Croix-Rouge, se sont unies pour mener à bien le projet Pélican : la reconstruction de sept maisons détruites ou très endommagées. Les bénéficiaires ont tous été identifiés par le service social de la Collectivité. 

Le montant total du projet est estimé à un demi-million d’euros. Aujourd’hui, « 85 % du programme est bouclé », selon Anna Lisa Gee, présidente de Help Saint-Barth.

Côté Croix-Rouge, la structure nationale de l’association utilise les dons collectés en France pour s’acquitter de sa part, 30% du montant total. Côté Help Saint-Barth, qui assume 70% du budget, il manque encore 100.000 euros pour que tout le monde soit installé « avant la saison cyclonique ».

Au lendemain d’Irma, la communauté américaine de Saint-Barthélemy s’était immédiatement mobilisée avec l’aide de la compagnie aérienne Tradewind, pour faire venir des Etats-Unis des matériels et produits de première nécessité. Une fois arrivés à l’aéroport, pour les distribuer, les Américains se sont appuyés sur une communauté de bénévoles français, la Croix Rouge. Elle s’est installée au dojo de Saint-Jean où elle a accueilli la population en manque de tout. « Et quand l’idée de la reconstruction est arrivée, on a décidé de travailler tous ensemble », conclut Jean-Noël Machon, président de la Croix Rouge locale. Le début de cette collaboration qui dure encore aujourd’hui.

A Gustavia, une petite case traditionnelle en bois jaune, touchée par la houle cyclonique, a pivoté sur ses fondations et a été déplacée par la mer. Elle sera remplacée par une construction béton, surélevée, solide, avec une pièce sécurisée en cas de nouvel aléa climatique. Le chantier de reconstruction est bien avancé, et la dame qui vivait là pourra bientôt réintégrer un logement flambant neuf pour reprendre une vie normale, près de deux ans après Irma. « Ici, c’est une reconstruction de A à Z. Mais pour certaines, c’était seulement la toiture. Dans une autre, la personne n’avait pas de citerne et n’était pas raccordée à l’eau de ville, on a construit une petite cuve. On a tenu à aménager une pièce en béton dans chacune des habitations », détaille Anna Lisa Gee. « On a aussi eu deux projets qui concernaient des personnes handicapées. » Dans ces cas-là, il a fallu reconstruire et rendre le logement accessible, avec des rampes d’accès notamment. Dans deux autres cas, il a fallu détruire pour repartir de zéro.
« Les familles qui peuvent s’investir participent, elles aident à la peinture, recherchent du mobilier… Mais pour la plupart, elles sont dans des situations précaires», explique Michèle Vaillot, vice-présidente de la Croix-Rouge.

 

> Pour soutenir le projet Pélican, www.helpstbarth.org.


Journal de Saint-Barth N°1324 du 18/04/2019

Saint-Barth assoiffée
Lutte contre le logement indécent
Infertilité
Elimination des cabris

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