Saint-Barth - Arc de la Caraïbe caribeen

La Caraïbe en bref

Porto Rico.
Trois hommes inculpés pour crimes environnementaux

Selon l’agence Associated Press (AP), trois hommes ont été inculpés dans le cadre d'une enquête fédérale en cours sur des crimes environnementaux commis sur des terres protégées du sud de Porto Rico. Deux des hommes sont accusés d'avoir déversé des matériaux de remblayage dans les eaux et les zones humides de la réserve nationale de recherche estuarienne de Jobos Bay, dans la ville méridionale de Salinas, de juin 2018 à décembre 2023, selon le bureau du procureur étasunien. Les hommes exploitaient et géraient une station balnéaire voisine qui servait également de location à court terme. Un troisième homme a été accusé d'avoir déversé des matériaux de remblai dans les zones humides et d'avoir construit un quai non autorisé. Il exploitait également une maison d'hôtes à proximité, ont indiqué des responsables. Ces inculpations surviennent alors qu’un nombre croissant de Portoricains dénoncent les développements illégaux construits dans le deuxième plus grand estuaire de Porto Rico, précise AP. Les militants affirment que les promoteurs ont décimé les forêts de mangroves et dépouillé cette partie de l'île d'une barrière naturelle qui protège le rivage des ondes de tempête des ouragans.

Sint-Maarten.
L’ancienne cheffe du bureau des séquestres condamnée pour détournements

Dans sa rubrique judiciaire, le Daily Herald consacre un article au procès de l’ancienne caissière en chef du bureau des séquestres. Entre mai et août 2022, la fonctionnaire âgée de 43 ans a détourné 115.563 dollars. « Je suis vraiment désolée de ce que j’ai fait », a déclaré la prévenue lors de son procès, jeudi14 décembre. Pour sa défense, elle a affirmé qu’elle ne se souvenait de rien car elle souffrait de perte de mémoire. Plusieurs témoins ont toutefois rapporté que la caissière en chef se rendait quatre à cinq fois par semaine au casino. Une addiction au jeu, en somme. En sa qualité de caissière en chef, la prévenue devait s’assurer que l’argent dans les caisses ­enregistreuses du gouvernement correspondait aux paiements entrants et sortants de la journée. « Elle devait également déposer l’argent dans un coffre-fort à la fin du processus d’équilibrage, écrit le Daily Herald. Au lieu de cela, elle glissait une partie de l’argent dans son sac à main. » Un larcin qu’elle répétait trois à quatre fois par semaine, selon les résultats de l’enquête. La désormais ancienne caissière en chef du bureau des séquestres a été condamnée à un an de prison avec sursis et au remboursement des 115.563 dollars dérobés. De plus, elle devra effectuer 240 heures de travaux d’intérêt ­général.

Saint-Kitts-et-Nevis.
Un programme de réinsertion pour les détenues

Depuis le mois de mars, les détenues de la prison de sa Majesté à Saint-Kitts-et-Nevis bénéficient d'un niveau de liberté sans précédent, rapporte l’Observer. De nouvelles mesures qui leur permettent de quitter les quatre murs de l'établissement correctionnel dans le cadre d’un programme de « réadaptation ». Contrairement à leurs homologues masculins, les femmes détenues n’étaient jusqu’alors pas autorisées à quitter l’enceinte de la prison pour participer à des activités de réinsertion. Le premier ministre et ministre de la Sécurité nationale, Terrance Drew, avait qualifié ces restrictions d'« archaïques » et s'était engagé à réviser cette politique. Ainsi, en mars dernier, plusieurs détenues ont été libérées pour la première fois dans l’histoire de la prison pour assister au service en l’église baptiste d’Antioche, à l’occasion de la commémoration de la Journée internationale de la femme. Terrance Drew a indiqué que d’autres programmes de « réadaptation rationalisés » ont été mis en œuvre depuis le mois d’août pour « promouvoir l'équité entre les sexes ». Des détenues ont également pu visiter des fermes à Needsmust « pour explorer les techniques agricoles, apprendre à fabriquer des t-shirts et du fromage de goyave lors d'un atelier à St. Peters », précise l’Observer.

République dominicaine.
225 millions de dollars pour rénover le réseau électrique

Selon un article du Dominican Today, la Banque mondiale a donné son accord pour financer un projet de rénovation de l’ensemble du réseau électrique de la République dominicaine. Un projet dont le montant estimé s’élève à 225 millions de dollars. Toutefois, le quotidien précise qu’il ne s’agit que d’une première étape car la réhabilitation des 1.342 kilomètres de lignes électriques (et la régularisation de 225.856 consommateurs qui ne payent pas l’électricité) réclame l’injection de trois phases d’investissements. Ainsi, prévu sur dix ans, le programme nécessitera une enveloppe financière évaluée à 505 millions de dollars. Le Dominican Today souligne le fait que le secteur électrique du pays est aux prises avec des pertes substantielles, principalement dues à des lignes de distribution obsolètes et surchargées, à des branchements illégaux, à des problèmes de compteurs et à des estimations de facturation et de consommation inexactes. Ces pertes se sont élevées en moyenne à 1,2 milliard de dollars par an sur la période 2017-2021, ce qui équivaut à 1,4 % du PIB du pays.
Parallèlement, l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) a annoncé qu’elle entendait soutenir le secteur commercial de la République dominicaine. L'administratrice adjointe, Isobel Coleman, a ainsi évoqué un don de 1,4 million de dollars lors de sa visite au ministère de l'Industrie et du Commerce. Ce financement est destiné à renforcer l'Alliance mondiale pour la facilitation du commerce (GATF), un programme visant à améliorer les opportunités de commerce et de délocalisation grâce à des partenariats public-privé efficaces, précise le Dominican Today.

Barbade.
Des entreprises privées s’unissent pour lutter contre la dengue

Selon les données recueillies et diffusées par les différents organismes de santé de la Caraïbe, la région a déjà recensé plus de quatre millions de cas de dengue avérés en 2023. Il s’agit du bilan le plus élevé depuis 1980 et la création des registres de la dengue. Une situation qui a poussé la société Orbit services partners incorporation, basée à la Barbade, à conclure un partenariat avec l’entreprise technologique Verily, enregistrée à San Francisco (Etats-Unis), explique le Caribbean National Weekly. Leur projet commun est de libérer des moustiques infectés par la bactérie Wolbachia « dans un environnement de laboratoire contrôlé ». Ces derniers seraient alors capables de bloquer le virus de la dengue, assurent les responsables des deux sociétés. L'initiative vise à cibler plusieurs pays aux prises avec des épidémies de dengue, notamment la Barbade, le Guyana, la Jamaïque, Saint-Kitts-et-Nevis, Saint-Martin, Sint-Maarten, le Suriname, la République dominicaine et Haïti. Anthony Da Silva, président d'Orbit, a expliqué que le projet était en cours depuis trois ans mais que son avancé a été freinée par la pandémie de Covid. Pour l’heure, aucun accord n’a été passé avec les pays ciblés par les deux entreprises.

Bahamas.
Encore du travail pour atteindre l’égalité des sexes

Le décès du ministre des Services sociaux, Obie Wilchcombe, a relancé le débat sur les lenteurs gouvernementales à adopter un projet politique sur l’égalité des sexes. Un article du Nassau Guardian rappelle une déclaration du ministre dans les semaines qui ont précédé son décès, en septembre dernier, qui assurait que le projet de loi serait rapidement soumis à un examen et à des consultations, soulignant que « les Bahamas ont pleinement l’intention de respecter leurs engagements au titre de divers traités internationaux pour garantir l’égalité des sexes ». Ministre par intérim, Myles Laroda a déclaré au Nassau Guardian qu’il n’avait « pas encore vu le projet » mais qu’il avait « l’espoir d’en être informé bientôt ». Autant dire que le dossier est encore loin d’un quelconque aboutissement. Un récent rapport du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a révélé un préjugé chronique à l'égard des femmes dans le monde au cours de la dernière décennie, rappelle le Guardian. Il y est écrit : « Aucune amélioration du niveau de préjugés manifesté à l'égard des femmes au cours de la dernière décennie. » Pour toutes les questions de citoyenneté, les Bahamas n’ont toujours pas inscrit dans leur constitution l’égalité des sexes.

Saint-Martin.
Diplôme d’aide-soignant, Sunrise au naturel…

Dans un récent article, le Soualiga Post relate la création par le Collectivité territoriale d’un diplôme d’État d’aide-soignant pour l’année 2023-2024. Parallèlement, un dispositif territorial de bourse sanitaire et sociale pour réduire la fracture sociale. Vingt-quatre candidats ont été sélectionnés pour intégrer la formation dispensée par OPA Formation Santé – Social, précise le Soualiga. Une subvention annuelle de 300.000 euros couvrira les dépenses administratives et celles liées à l’activité pédagogique. « Dans le prolongement de cette action et afin de lutter contre l’exclusion et le chômage de masse », souligne le Post, un dispositif territorial de bourse sanitaire et sociale a été créé. Ce soutien financier vise les stagiaires, élèves et étudiants des formations sanitaires et sociales inscrits dans les établissements de formation agréés par la Collectivité. L’aide est comprise entre 1.600 et 6.700 euros. Le budget dédié à cette bourse d’études dans le secteur sanitaire et social est de 529.300 euros pour la période 2023/2024, dont 79.395 euros financés par la Collectivité et le reste par des fonds européens (FSE).
Dans une autre publication, le Soualiga Post évoque la transformation du site de l’Escale à Oyster Pond, qui accueillait la résidence Sunrise (onze maisons) avant le passage dévastateur de l’ouragan Irma en septembre 2017. Les copropriétaires n’ont pas été autorisés à reconstruire, le site se trouvant en zone rouge foncé dans le plan de prévention de risques naturels (PPRN), précise notre consœur dans son article. En 2018-2019, le Fonds Barnier a été mobilisé pour indemniser les copropriétaires. «  L’État a versé entre 280.000 et 290.000 euros par logement, une maison a été indemnisée à hauteur de 225.000 euros, a expliqué la direction de l'environnement, de l'aménagement et du logement (Deal). Il a aussi financé les travaux de démolition des maisons pour un montant de 196.000 euros. » Tous les déchets ont été transportés sur l’écosite de Cul-de-Sac. L’État a depuis récupéré le terrain sur lequel la nature va désormais reprendre ses droits pendant une durée de deux années.


Saba.
Un million d’euro pour le ferry Makana

Le Saba News rapporte qu’à la demande des conseils exécutifs de Saba et Saint-Eustache, le ministère de l'Intérieur et des Relations du Royaume va débloquer une somme d’un million d'euros pour maintenir en service le ferry Makana qui effectue des liaisons entre Saint-Eustache, Saba et Saint-Martin. Un financement qui doit permettre de poursuivre les rotations pendant les deux prochaines années. Une information confirmée par le secrétaire d'État Van Huffelen dans une lettre adressée à la Deuxième Chambre, assure le Saba News. Si le Makana est bien utilisé depuis son lancement en 2021, une évaluation montre que son activité n'est toujours pas rentable. Sur la base de ces résultats, Saba et Saint-Eustache ont élaboré un plan d'amélioration. « Sans subventions, le prix des billets devrait augmenter et La Haye veut empêcher cela », affirme le Saba News.

 

Journal de Saint-Barth N°1546 du 21/12/2023

Nouvelle exposition au Wall House
L'épidemie de dengue persiste