La Caraïbe en bref

Grenade.
Les sculptures sous-marines rénovées
Le National Geographic en a fait l’une des 25 merveilles du monde. Malheureusement, le parc de 82 sculptures sous-marines de Grenade, imaginé par l’artiste britannique Jason DeClair Taylor et situé dans la zone protégée de Molinere Beauséjour, s’est étiolé au fil du temps. Des travaux d’entretien et de rénovation ont donc été entrepris par le Bureau national du tourisme. « Le parc de sculptures sous-marines de Grenade est un trésor national et son entretien est important pour le maintien de l'attrait pur des eaux de la Grenade », a déclaré Petra Roach, directrice générale. Conçu de manière innovante pour agir comme un récif artificiel, le parc a attiré un éventail étonnant de vie marine diversifiée dans la région depuis son installation. De plus, il a fourni une surface pour la croissance des coraux. Les 82 sculptures grandeur nature reflètent la culture de la Grenade et sont façonnées à partir de substrats simples, y compris le béton. L'une des sculptures les plus célèbres du parc est les Vicissitudes, un cercle de 28 personnages moulés à partir d'enfants de Grenade liés par la main. Parmi les autres pièces notables, citons le “Correspondant perdu”, un homme travaillant à une machine à écrire sur un bureau couvert de coupures de journaux historiques ou “Sienna”, une sculpture élégante qui représente la silhouette gracieuse d'un jeune plongeur à partir d'une histoire locale très appréciée.

Trinidad-et-Tobago.
Retour du Festival de la conscience noire
Créé l’année dernière en s’inspirant de la Journée de la conscience noire qui a lieu tous les 20 novembre au Brésil, la première édition du Festival trinidadien avait eu lieu uniquement en ligne par le biais d’une série de vingt conversations entre des « influenceurs » noirs (entrepreneurs, artistes, intellectuels, etc) du monde entier. Cette année, le quotidien Newsday indique que la manifestation se tient jusqu’au dimanche 21 novembre avec de nombreux événements gratuits et ouverts au public. Samedi dernier, le Festival a débuté par une allocution du professeur Hilary Beckles portant sur le roman Salt qui relate l’expérience des Caraïbes noires. Son auteur, Earl Lovelace, fait évidemment partie de la liste des invités. 28 conversations et six ateliers sont inscrits au programme avec des temps forts comme un atelier interactif de contes traditionnels africains pour les enfants avec Omobola Imoisili, mais aussi un un atelier de batterie avec le maître du cajón afro-péruvien (un tambour en boîte développé par les descendants africains du Pérou), le chanteur/compositeur Juan « Cotito » Medrano, une figure de la scène musicale péruvienne.

Barbade.
Un couvre-feu ajusté
Samedi dernier, le premier ministre de la Barbade, Mia Mottley, a annoncé un ajustement des horaires couvre-feu. Depuis lundi, il est passé de 21 heures à minuit pour s’achever à 5 heures. Mia Mottley a déclaré qu'à la suite de consultations avec diverses parties prenantes, il a été convenu que les heures de couvre-feu seront raccourcies et revues après quatre semaines, au cours desquelles les personnes seront toujours encouragées à se faire vacciner et à maintenir les protocoles. « L'assouplissement du couvre-feu n'est pas une excuse pour que les gens abandonnent les protocoles et notamment le port du masque ou les autres choses qui sont nécessaires pour assurer notre sécurité, a déclaré le premier ministre, rapporte un article du Caribbean National Weekly. Nous reconnaissons également que parallèlement à ce que nous faisons ici, nous allons étendre et déployer les zones de sécurité de manière à ce que les personnes se sentent plus à l'aise pour faire ce qu'elles ont à faire. » Selon les chiffres gouvernementaux, 66,3% de la population de la Barbade âgée de plus de 12 ans a été vaccinée contre le Covid-19.

Haïti.
Arrestation de l’un des assassins présumés du président Moïse
Le ministre haïtien des Affaires étrangères, Claude Joseph, a annoncé qu’un suspect clef dans l’assassinat du président de la République Jovenel Moïse, le 7 juillet dernier, a été arrêté dimanche soir en Turquie. L’homme a pour nom Samir Handal. Il avait quitté Miami, où il réside depuis l’assassinat du président Moïse, pour rejoindre la Turquie. Un autre suspect, Mario Palacios Palacios, ancien officier militaire colombien, a été arrêté à Kingston, en Jamaïque, le mois dernier après s'être rendu. Palacios reste en détention en Jamaïque, malgré une demande d’extradition vers Haïti formulée par Claude Joseph. La Jamaïque n'a pas de traité d'extradition avec Haïti, ce qui signifie que Palacios pourrait bientôt se retrouver en Colombie en vertu d'une ordonnance d'expulsion d'un juge jamaïcain. Ce dernier l'a reconnu coupable d'être entré illégalement dans le pays, selon le journal Jamaica Gleaner. A cette heure, 18 autres anciens soldats colombiens sont emprisonnés et accusés d'avoir tué Jovenel Moïse.


Saba.
Des pouvoirs spéciaux pour le gouverneur
Le mercredi 10 novembre, le conseil de l'île a adopté une ordonnance accordant au gouverneur des pouvoirs spéciaux pour assurer la sécurité publique à Saba. Ces pouvoirs se déclinent en quatre volets distincts : la surveillance par caméra, la détention administrative, la zone à risque pour la sécurité et une zone d'interdiction. Le public sera informé de l'emplacement des caméras par des panneaux. Les zones d’installation les plus probables sont le port, l'aéroport et le site de traitement des déchets. Mais d'autres emplacements sont déjà envisagés tels que les sentiers naturels, la voie publique et les parkings, la décharge de Hell's Gate Gut, les immeubles du gouvernement ou des entreprises publiques. Pour la détention administrative, le gouverneur de l'île peut ordonner à la police de retenir un groupe de personnes pendant une durée maximale de 12 heures. Ce pouvoir peut être utilisé lors d'événements comme une manifestation ou un événement illégal qui engendre un trouble l'ordre public. Le pouvoir de « zone à risque » peut être utilisé par les policiers afin de procéder à des fouilles s’ils craignent que des armes à feu soient en circulation, par exemple. Quant au pouvoir d'interdiction de zone, il est déjà utilisé pour avertir « les comportements chahuteurs, les bagarres et la consommation excessive (d’alcool, ndlr) » lors de grands événements tels que le carnaval et le Saba Day. Il permet ainsi d’ordonner à des personnes de ne pas se rendre dans une ou plusieurs parties de l’île pendant 24 heures. Même avec le passe sanitaire.

Jamaïque.
1.215 meurtres en dix mois
Les forces de police jamaïcaines ont dévoilé un triste bilan qui concerne ses dix derniers mois d’activité. Lors de cette période, le pays a enregistré une hausse de 10,4% des meurtres par rapport à l’année 2020. En dix mois, 1.215 homicides ont été rapportés contre 1.101 en 2020. Selon le Caribbean National Weekly, la division de police de Saint-Andrew Sud caracole en tête en 2021 avec 144 meurtres, soit 20 cas de plus qu’en 2020. La division de Saint-James peine à suivre avec une augmentation de 35 meurtres, de 98 cas l'année dernière à 133 cas cette année. A Sainte-Catherine Sud, la hausse est de 19 cas, de 92 à 111 homicides. Selon la police, le nombre de fusillades dans toute l'île a légèrement augmenté de 0,6% avec 1.081 fusillades, six de plus que l'année dernière. Une broutille. Parallèlement, les dossiers de viols, de vols et d'effractions sont annoncés en diminution. Les autorités rapportent 340 viols en 2021 contre 467 l'année dernière, ce qui représente une réduction de 27,2%. La police assure que le nombre total de crimes graves et violents commis jusqu'à présent cette année a diminué de 8,7%, avec un total de 4.031 par rapport à 4.415 l'année dernière. Manifestement, le retour de James Bond à la Jamaïque n’a pas été des plus efficaces.

Bermudes.
L’industrie touristique prend une claque
Dans un communiqué diffusé la semaine dernière, le bureau du tourisme des Bermudes dévoile un bilan catastrophique pour l’industrie touristique de l’île depuis le début de la pandémie de Covid-19. Ainsi, seuls 30.516 visiteurs de loisirs ont débarqué sur l'île entre juillet et septembre, contre 285.000 pour la même période en 2019, année de référence pré-pandémie. 2019 fut une année record au cours de laquelle 808.242 visiteurs ont été enregistrés.
27.806 visiteurs de loisirs sont arrivés par avion au troisième trimestre 2021, contre 73.000 en 2019. Les arrivées en croisière ont également chuté de 215.000 en 2019 à seulement 2.710 cette année, soit une baisse de près de 99 %. Certaines compagnies de croisières ont commencé à se rendre aux Bermudes en mai, mais les escales de croisière traditionnelles n'ont repris qu'en août avec l'arrivée du Crystal Symphony et du Norwegian Breakaway. Le nombre de voyageurs d'affaires a également chuté, atteignant seulement 17,5% des niveaux de 2019. Autre chiffre symbolique, les dépenses totales estimées des visiteurs ont été réduites de 136,8 millions de dollars en 2019 à 55,8 millions en 2021, soit une baisse de près de 60%.

Cuba.
Pas de manifestation pour les dissidents
Comme à l’habitude, la police cubaine n’a pas fait dans le détail. Lundi 15 novembre, le gouvernement a ordonné le déploiement de nombreux policiers afin d’empêcher la tenue d’une manifestation non autorisée mais organisée par les meneurs de la dissidence. Parallèlement, selon l’Agence France Presse, certains des opposants ont été interpellés et placés en détention dont Manuel Cuesta Morua, vice-président du Conseil pour la transition démocratique. La dirigeante du mouvement des Dames en blanc, Berta Soler, et son époux, l’ancien prisonnier politique Angel Moya, ont aussi été arrêtés. Tout comme l’historienne de l’art et militante Carolina Barrero, empêchée de sortir de chez elle depuis deux cents jours. L’appel à manifester coïncidait avec la réouverture de l’île au tourisme et le retour des élèves à l’école après des mois de fermeture en raison de la pandémie de Covid-19. Le président, Miguel Diaz-Canel, qui a assisté à la rentrée scolaire dans un établissement de l’ouest de La Havane, avait dénoncé la veille une volonté de « perturber l’ordre interne » et une « campagne médiatique contre Cuba ». Les autorités avaient interdit la manifestation et menacé les organisateurs – le groupe de débat politique sur Facebook Archipiélago, qui compte 37.000 membres à Cuba et à l’étranger – de sanctions pénales. Sur les 1.270 personnes arrêtées depuis les manifestations du 11 juillet dernier, 658 sont toujours emprisonnées.

Jamaïque.
Un gouvernement qui tend vers plus de vert
La Jamaïque a décidément l’esprit tourné vers le développement de ses projets « verts ». Après l’annonce d’investissements de plus de cent millions de dollars dans son industrie du cannabis médical (Medicanja), le gouvernement entend rejoindre la coalition Solar Head of State et installer des panneaux solaires photovoltaïques sur le bureau exécutif national de l’île, la Jamaica House. Cette annonce est conforme à la promesse de l’île de passer à 30% d’énergies renouvelables d’ici 2030. « Ce projet est symbolique de l’avenir renouvelable que nous envisageons pour la Jamaïque et les Caraïbes », a déclaré au Caribbean Journal le premier ministre Andrew Holness. « Des îles comme la Jamaïque deviennent des leaders pour la démonstration du déploiement de la technologie solaire et j’ai l’intention de montrer. » La Jamaica House a été construite à Kingston pour être le bureau officiel du Premier ministre de la Jamaïque après l’indépendance du pays en 1962.

Bermudes.
Le coup de pouce économique des nomades numériques
Selon une déclaration du ministre du Travail des Bermudes, Jason Hayward, relayée dans un article du site Loop, les « nomades numériques » ont injecté environ 23 millions de dollars dans l’économie des Bermudes depuis l’introduction d’un nouveau programme, le Work From Bermuda (WFB). Le ministre a ainsi déclaré que 638 personnes ont souscrit au programme et que 206 familles vivent toujours sur l’île. L’initiative a été lancée il y a 15 mois et a permis aux personnes étrangères de demander un certificat de résidence d’un an pour travailler à domicile aux Bermudes. En obtenant un certificat WFB permet à son détenteur de le convertir en certificat d’investissement économique. C’est la raison pour laquelle des non-Bermudiens ont investi en moyenne plus de 2,5 millions de dollars dans l’économie. Un « visa de résidence » qui n’est pas accessible à madame et monsieur « tout le monde », cela va sans dire. Le ministre du travail assure que ce programme a cet autre avantage d’améliorer « la marque de l’île et d’en faire une destination de voyage plus attrayante ».

Grenade.
Le chef du parti d’opposition veut « améliorer la vie des gens »
Elu chef du principal parti d’opposition, le Congrès démocratique national, Dickon Mitchell a tenu sa première conférence de presse mercredi dernier. L’avocat, âgé de 44 ans, a déclaré, explique un article du site Loop, que la seule raison pour laquelle il est entré en politique est de contribuer au bien-être de la population. « Ma plus grande satisfaction vient du succès des autres, assure l’homme politique. C’est la seule raison pour laquelle je suis entré en politique et pourquoi je me suis proposé de servir, car en tant que fonctionnaire, en tant que politicien, vous devriez être obsédé par le succès des autres. » Amen. Le nouveau chef de l’opposition affirme parcourir la Grenade pour rencontrer les enseignants, les personnels soignants, les agriculteurs, les églises, les syndicats, les groupes communautaires et sportifs... Bref, tout le monde. « Nous formerons un pacte pour formuler des politiques fondées sur les questions identifiées comme étant importantes », a-t-il déclaré avant de s’engager à améliorer la vie de la population la plus pauvre pour qu’elle fasse aussi partie « d’une Grenade prospère et durable ». Un candidat en campagne, en somme.
 

Journal de Saint-Barth N°1447 du 18/11/2021

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