La Caraïbe en bref

Saba.
Des oursins diadème élevés sur les récifs coralliens
Depuis le début des années 80 et les ravages causés par une maladie encore inconnue, près de 99% de la population d’oursin noir à longues épines, également connu sous le nom d’oursin diadème, a disparu des récifs coralliens de la Caraïbe. Par conséquent, les travaux de culture entrepris à Saba depuis quelques années par les chercheurs de l’Université des sciences appliquées Van Hall Larenstein (Pays-Bas) relevaient d’une importance capitale pour l’écosystème. Depuis la mi-octobre, les premiers résultats de ces travaux ont été divulgués et laissent apparaître des résultats plus que positifs. En effet, les premiers oursins diadème pourraient être réimplantés dans leur milieu naturel dans les prochains mois. Principaux herbivores de la Caraïbe, ces oursins aiment à gratter les algues et à s’en nourrir. Autant dire qu’il s’agit d’une espèce qui favorise grandement la protection et le développement des récifs coralliens. Avec l'aide de la Saba Conservation Foundation (SCF), les premières larves ont été cultivées et installées avec succès dans la Caraïbe, avec pour résultat la naissance des 19 premiers oursins juvéniles cultivés et élevés en captivité.

Haïti.
Un chef de gang appelle au renversement du premier ministre
En Haïti, il n’est pas rare d’imaginer que la situation ne pourrait pas être pire. Pourtant, il est toujours une nouvelle information pour rappeler que s’il est une île qui se distingue de toutes les autres par son instabilité permanente, parfois proche du chaos, c’est bien elle. Après l’assassinat par un commando armé du président Jovenel Moïse le 7 juillet, un tremblement de terre en août, une série d’enlèvement en septembre et octobre (dont un groupe de 17 missionnaires étasuniens, dont cinq enfants, toujours détenus contre une rançon de 17 millions de dollars), voilà que le chef d’une fédération de neuf gangs de Port-au-Prince appelle à la destitution du premier ministre du pays, Ariel Henry. Ce parrain du « G9 » a pour nom Jimmy Cherizier mais est plus connu sous le patronyme de « Barbecue ». Tout un programme. Lors d’une conférence de presse, il a invité les Nations Unies et les Etats-Unis à rompre leurs liens avec le gouvernement haïtien dans le but de « libérer Haïti ». Il en a aussi profité pour répéter son appel à la démission du premier ministre. Une semaine auparavant, c’est Ariel Henry qui, dans une allocution, condamnait les actions des différents gangs de Port-au-Prince. Un cercle infernal.

Saint-Kitts-et-Nevis.
Divorce, disparition et casse-tête administratif
L’histoire est plutôt cocasse. A tout le moins en apparence car il va sans dire qu’elle s’avère nettement moins amusante pour la personne concernée, Aarys Oberlander-Hower. En l’occurrence, un ressortissant étasunien âgé de 25 ans. Lorsqu’il a 6 ans, ses parents divorcent. Jusque-là, rien que de très banal. Sa mère récupère sa garde complète mais refuse d’envoyer son fils chez son père qui s’est installé à Saint-Kitts. Le garçon est finalement récupéré et placé dans un avion pour rendre visite à son père. Dans un entretien accordé à la chaîne télévisée Jet24 et l’émission Action News, le jeune homme raconte : « C’est à ce moment que toute l’histoire de disparition commence. » Son père ne répond plus aux injonctions du tribunal et une alerte disparition est alors déclenchée par la maman. Depuis, le « disparu » n’a de cesse de tenter de régulariser sa situation car il est encore, à ce jour et malgré le temps écoulé, considéré comme une personne disparue. « Le FBI ne veut rien savoir », glisse-t-il dans un sourire. Adulte, il est libre de ses mouvements mais dès qu’il met les pieds aux Etats-Unis, il est arrêté et interrogé. Il assure ne pas vouloir vivre ailleurs que Saint-Kitts mais explique qu’il aimerait pouvoir rendre visite à ses grands-parents avant qu’il ne soit trop tard. Drôle d’histoire.

Saint-Vincent-les-Grenadines.
Moins de victimes de la dengue en 2021
Le premier ministre de Saint-Vincent-les-Grenadines, le docteur Ralph Gonsalves, a délivré publiquement un bilan sur la progression de l’épidémie de dengue. Pour l’heure, le nombre de cas confirmé est de 124. Un chiffre qui n’a rien d’alarmant s’il est comparé à celui de 2020. En effet, l’année dernière, 1.595 cas avaient été enregistrés, pour sept décès. En 2021, deux personnes ont perdu la vie après avoir été affectées par le virus de la dengue. « Un décès dû à la dengue est un décès de trop, a déclaré le premier ministre. Si le gouvernement qui s'attaque au problème par le biais de la santé publique, les citoyens doivent également s'assurer que leur environnement est propre. » Un problème de responsabilisation généralisé dans les zones où la dengue sévit. Fort heureusement à Saint-Barth, l’absence de données de l’Agence régionale de santé au sujet de la dengue laisse à penser qu’aucun cas n’a été détecté en 2021. Vraiment une île à part.

Jamaïque.
Un gouvernement qui tend vers plus de vert
La Jamaïque a décidément l’esprit tourné vers le développement de ses projets « verts ». Après l’annonce d’investissements de plus de cent millions de dollars dans son industrie du cannabis médical (Medicanja) (JSB1445), le gouvernement entend rejoindre la coalition Solar Head of State et installer des panneaux solaires photovoltaïques sur le bureau exécutif national de l'île, la Jamaica House. Cette annonce est conforme à la promesse de l'île de passer à 30% d'énergies renouvelables d'ici 2030. « Ce projet est symbolique de l'avenir renouvelable que nous envisageons pour la Jamaïque et les Caraïbes », a déclaré au Caribbean Journal le premier ministre Andrew Holness. « Des îles comme la Jamaïque deviennent des leaders pour la démonstration du déploiement de la technologie solaire et j'ai l'intention de montrer.» La Jamaica House a été construite à Kingston pour être le bureau officiel du Premier ministre de la Jamaïque après l'indépendance du pays en 1962.

Bermudes.
Le coup de pouce économique des « nomades numériques »
Selon une déclaration du ministre du Travail des Bermudes, Jason Hayward, relayée dans un article du site Loop, les « nomades numériques » ont injecté environ 23 millions de dollars dans l'économie des Bermudes depuis l'introduction d'un nouveau programme, le Work From Bermuda (WFB). Le ministre a ainsi déclaré que 638 personnes ont souscrit au programme et que 206 familles vivent toujours sur l'île. L'initiative a été lancée il y a 15 mois et a permis aux personnes étrangères de demander un certificat de résidence d'un an pour travailler à domicile aux Bermudes. Nantis de ce certificat, les non-Bermudiens ont pu investir dans l'économie. Un « visa de résidence » qui n’est pas accessible à tous, cela va sans dire. Le ministre du travail assure que ce programme a cet autre avantage d’améliorer « la marque de l’île et d’en faire une destination de voyage plus attrayante ». 1.081 candidatures ont été adressées au ministère depuis le lancement du programme le 1er août 2020, dans le but de stimuler l'économie au milieu de la pandémie mondiale de coronavirus.

Journal de Saint-Barth N°1446 du 10/11/2021

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