Saint-Barth -

Le commandant Cyrille Pallud du Sdis de Guadeloupe aux côtés du lieutenant Christophe Laurens, commandant du Stis de Saint-Barthélemy.

Retour de l’eau dans le réseau : et maintenant ?

Moins de sept jours. Il s’agit du délai entre la rupture de la structure en béton de l’un des réservoirs tampon de l’usine de production d’eau potable exploitée par la Sidem à Public, le samedi 13 juin, et le début de la remise en eau du réseau de distribution, le samedi 20 juin. Un arrêt de l’alimentation des plus courts, compte tenu des dégâts occasionnés par l’effondrement des pans de mur sur des conduites d’eau et le « pipe » qui permet de réapprovisionner en carburant les cuves de la centrale EDF de Public. Une brièveté de la coupure générale qui est à mettre au crédit de l’ensemble des services qui ont travaillé sans relâche, parfois jour et nuit, dans le but de déblayer et de mettre en sécurité la zone du site industriel concernée par la rupture du réservoir.

Le SDIS de Guadeloupe en renfort
Sur les lieux, les techniciens de la Sidem, de la Saur et de différentes entreprises ont travaillé de concert afin de permettre des réparations rapides. Dans le même temps, les opérations menées par les sapeurs-pompiers du Service territorial d’incendie et de secours, particulièrement de son équipe Usar (Unité de sauvetage, d’appui et de recherche), ont été cruciales. Le renfort du SDIS de Guadeloupe, obtenu après avis favorable du Centre opérationnel de gestion interministérielle des crises (COGIC), relayé par l’État-Major interministériel de zone Antilles (EMIZA), a aussi été déterminant.
Dépêchés à Saint-Barth, le commandant Cyrille Pallud et l’adjudant-chef Jean-Marc Marcin ont apporté leur expertise à l’équipe Usar du Stis. « Il était plus pertinent de maintenir un niveau de surveillance très élevé sur un site Atex, donc avec un risque explosif, et une structure instable, explique le commandant Pallud. Nous avons déployé deux télémètres, un laser qui observe les variations de la structure béton et donne une alerte à la moindre oscillation du bâtiment. » Un dispositif qui a permis d’inspecter puis d’étayer le site en toute sécurité. 

Une bonne distribution des ressources
Sur l’île, la Collectivité territoriale a organisé avec la Sidem une distribution d’eau auprès des établissements dits essentiels (hôpital, écoles, maisons d’assistantes maternelles) afin qu’ils puissent continuer à fonctionner, même sous restriction. Dans le même temps, les principaux fournisseurs en eau potable, comme les grandes surfaces, ont commandé et réceptionné des bouteilles en grande quantité afin de permettre à la population de s’approvisionner. De plus, des points de récupération d’eau non potable ont été mis à la disposition de la population.
Comme toujours en temps de crise, certaines personnes ont parfois oublié la notion de solidarité en se servant abondamment au détriment de leurs voisins. Un manque de civisme qui a provoqué quelques mouvements d’humeur. Sans, toutefois, nuire véritablement à la bonne distribution des ressources, qui a également pu se faire par le biais de livraisons en camion-citerne. Étant précisé que l’usine de la Sidem a pu continuer à produire, puisque deux des quatre réservoirs n’ont pas été touchés.

Le réseau alimenté à 100%
Enfin, dès la fin des réparations, une remise en eau du réservoir de Colombier a pu être entreprise le samedi 20 juin. Hier, le mercredi 24 juin, le directeur Antilles Guyane de la Saur, Willy Latchman, assurait que 100% du réseau serait réalimenté dans la soirée. « Grâce à une remise en eau progressive, nous avons évité les casses sur les canalisations, même s’il y en a eu quelques-unes, mais mineures », a-t-il indiqué.
L’eau est donc revenue dans les rob‡inets. Toutefois, elle n’est pas encore considérée comme potable. En effet, des analyses vont être menées pendant encore quelques jours par l’Agence régionale de santé pour examiner la qualité de l’eau. Une question va ­désormais devoir trouver une réponse : comment et pourquoi les parois du réservoir tampon ont-elles cédé brutalement ?
Dès le lendemain de la rupture, l’apparition d’une ou de plusieurs fissures sur les murs a été évoquée de manière officieuse. Pour l’heure, officiellement, aucune explication. Une expertise des débris de pans de murs éclatés apportera certainement des réponses.

 

 

Journal de Saint-Barth N°1671 du 25/06/2026

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