Saint-Barth - 25 ans loi taubira enfants

Les 25 ans de la loi Taubira commémorés sous le fromager

Une quinzaine d’enfants s’aligne sur les pavés, à l’ombre des vastes branches du fromager. Sous le phare de Gustavia, sur le site du fort Gustav III, ils sont réunis en ce dimanche 10 mai afin de commémorer les 25 ans de la loi Taubira qui a fait de la traite et de l’esclavage des crimes contre l’humanité. Tandis que certains officiels ont privilégié la course à pied à l’Histoire, les conseillers territoriaux Bettina Cointre et Francius Matignon représentent la Collectivité aux côtés du secrétaire général de la préfecture, Fabrice Thibier. L’élue Cécile Rubino Tessier est également là, mais pour accompagner les écoliers de sa classe de CM2 de Sainte-Marie de Colombier, avec lesquels elle a réalisé un projet afin de participer au concours national intitulé « La flamme de l’égalité ». Un projet qui permet aux élèves de mener une réflexion citoyenne en s’appuyant sur l’histoire de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions, de leurs survivances comme de leurs effets et de leurs héritages.
Les écoliers expliquent leur démarche, qui fait notamment suite à l’intervention dans leur classe de l’association Saint-Barth Héritage le 7 octobre dernier, deux jours avant la commémoration officielle de la date qui marque l’abolition de l’esclavage par la Suède à Saint-Barthélemy en 1847. « Nous avons pu découvrir à la fois l’histoire de l’esclavage dans les Caraïbes et à Saint-Barthélemy », explique un enfant avant d’insister sur les travaux d’art plastique effectué en classe. Ceux-ci ont ensuite permis aux élèves de « représenter les mémoires passés et futures en utilisant des symboles liés à l’égalité au sens large », précise-t-il. L’œuvre réalisée contient aussi une réflexion sur les droits des femmes.


Cette présentation faite, le représentant du préfet rappelle que la loi Taubira « a marqué une étape majeure ». Fabrice Thibier poursuit, évoquant la mémoire de l’esclavage : « A Saint-Barthélemy cette mémoire n’est pas abstraite. Elle se lit encore dans certains endroits du territoire, parfois sans même que nous y prêtions attention. A Gustavia, une ancienne maison de garde, où des esclaves étaient autrefois détenus et châtiés, est devenue un parking. D’autres bâtiments liés à l’arrivée et à l’enfermement des esclaves existent encore aujourd’hui. Rien n’a disparu. C’est aussi pour cela que le travail de mémoire est nécessaire. »
Après que les écoliers ont entonné la Marseillaise puis le chant gospel intitulé « Oh freedom », des gerbes de fleurs ont été déposées sous la plaque commémorative de l’abolition de l’esclavage. Un certificat d’engagement citoyen a ensuite été remis aux écoliers par le secrétaire général de la préfecture. Une récompense pour leur implication et le travail accompli, en attendant de savoir si leur œuvre, « Lumière pour l’égalité », sera récompensée à l’échelon national.   

 

Journal de Saint-Barth N°1665 du 13/05/2026

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