Saint-Barth -

La Winair sous le feu des critiques

Vols annulés, bagages absents à l’arrivée, les motifs de critiques s’accumulent depuis le début de la saison à l’encontre de la compagnie Winair. Un mécontentement qui émane à la fois de particuliers et de socio-professionnels de la sphère touristique. « Une telle dégradation de la qualité de service, cela devient désespérant », confie l’un d’entre eux.
Pour couronner le tout, la compagnie enregistre une baisse significative de fréquentation depuis janvier. 8,40% de passagers en moins par rapport à 2025 en janvier, moins 11,21% en février et moins 12,63% en avril. Seul le mois de mars a enregistré une légère hausse avec 2,86% de voyageurs de plus qu’en 2025.
Certes, la Winair reste très nettement en tête des compagnies qui officient sur la desserte de Saint-Barth. Loin devant Tradewind, avec plus du double de passagers en moyenne mensuelle, Saint-Barth Commuter et Saint-Barth Executive. Mais en disposant d’avions (5 Twin Otter) à la capacité d’embarquement bien supérieure à celle de ses concurrents.
Pour répondre aux critiques et aux interrogations, le directeur général de la compagnie, Hans van de Velde, a accepté de répondre aux questions du Journal de Saint-Barth.

 

Bien que Winair demeure la compagnie aérienne transportant le plus de passagers vers Saint-Barthélemy, une baisse significative du nombre de voyageurs a été observée depuis le début de l’année. À quoi attribuez-vous cette diminution ?
Permettez-moi de commencer par dire que Winair et moi-même sommes sincèrement désolés pour les passagers qui ont subi des retards ou dont le vol a dû être annulé par Winair (le plus souvent en raison du coucher du soleil). Nous sommes fiers d’acheminer 100.000 passagers par an à Saint-Barthélemy et de contribuer ainsi largement au développement touristique de la région depuis plus de 50 ans. En janvier et en février, le trafic de Winair a baissé de 11%, mais en mars, il a augmenté de 3% (en avril, le trafic de Winair affiche une autre baisse de 12,63% par rapport à 2025, ndlr). Plusieurs raisons expliquent cette situation, dont les principales. Nous avons modifié notre structure tarifaire et notre modèle de distribution fin 2025 et avons dû procéder à des ajustements. Nous sommes une compagnie aérienne de correspondance. 99% de nos passagers effectuent une correspondance depuis les États-Unis ou la France via Saint-Martin. De nombreux retards ont été constatés cet hiver sur ces vols de correspondance. Supposons qu’une compagnie aérienne européenne arrive à 16h00 au lieu de 15h00, le coucher du soleil étant à 18h00, avec 100 passagers en correspondance pour Saint-Barthélemy. Dans ce cas, il est impossible de transporter tous les passagers.
L’aéroport international de Princess Juliana (PJIAE) a connu une activité intense ces derniers temps avec l’arrivée de nouvelles compagnies aériennes, surtout l’après-midi. Pendant plusieurs jours, le retard moyen pour toutes les compagnies (et pas seulement Winair) a atteint 30 à 60 minutes, particulièrement le week-end. Enfin, et surtout, Winair a rencontré de nombreux problèmes opérationnels, notamment durant les dernières semaines d’avril. Saint-Barthélemy est l’un des aéroports les plus exigeants au monde, et les avions doivent bien sûr être en parfait état de marche. Malheureusement, nous avons dû faire face à plusieurs opérations de maintenance imprévues. Heureusement, la situation est revenue à la normale cette semaine.

Les professionnels du tourisme se plaignent régulièrement des perturbations de vols ou des bagages manquants pour les passagers de Winair. Quelles sont les causes de ces problèmes ?
Et bien, Winair transporte environ la moitié des passagers de Saint-Barthélemy. Étant de loin la plus grande compagnie aérienne, il est logique que notre nom apparaisse. Beaucoup de nos passagers voyagent en classe affaires, avec environ 30 à 40 kilos de bagages par personne. Nos avions peuvent accueillir 19 passagers, mais nous n’en transportons que 16 au maximum, ce qui nous permet de gérer le volume et le poids de tous ces bagages. Et même cela ne suffit parfois pas. De plus, tous ces bagages doivent passer par le contrôle de sécurité à l’aéroport Princess Juliana, comme dans n’importe quel aéroport. Cela prend du temps, ce qui signifie qu’il arrive qu’un passager se dépêche dans le terminal pour attraper son vol, alors que son bagage est encore sur le carrousel, et rate ainsi son avion.

La compagnie aérienne est-elle victime de l’augmentation du trafic ?
Je ne dirais pas « victime ». C’est une situation que nous devons mieux gérer. Winair avait le même programme de vols vers Saint-Barthélemy pour cet hiver que pour l’hiver 2024/2025, avec 5 avions. Les retards des compagnies aériennes de correspondance et l’augmentation du trafic à l’aéroport Princess Juliana et  Saint-Barthélemy ont eu un impact considérable. Un exemple éloquent : en été, le vol entre Saint-Martin et Saint-Barthélemy dure 15 minutes, de porte à porte. Cet hiver, il a facilement atteint 30 minutes en raison des longues attentes sur le tarmac et de l’important trafic. La saison prochaine, nous n’aurons donc d’autre choix que de revoir notre organisation.

Quelles solutions Winair a-t-elle mises en œuvre pour remédier à la situation et enrayer la baisse du nombre de passagers ?
L’aéroport Princess Juliana (PJIAE) étant très fréquenté en hiver, la liaison entre Saint-Martin et Saint-Barthélemy est tellement saturée que nous sommes malheureusement contraints de réduire nos vols de fin d’après-midi, notamment le week-end. Winair ne peut pas ignorer le succès de PJIAE et doit s’adapter. Cet hiver, nous avons constaté que même si nous pouvons programmer des vols sur le papier, l’important trafic à PJIAE augmente considérablement le risque d’annulations dues au coucher du soleil. Pour compenser, nous disposerons d’un appareil supplémentaire dès cet hiver (nous passerons de 5 à 6 Twin Otter), ce qui nous permettra de programmer davantage de vols en début et milieu d’après-midi, mais pas à l’approche du coucher du soleil. Nous regrettons d’avoir à prendre cette mesure, mais nous préférons limiter le nombre de vols et acheminer les passagers à destination plutôt que de multiplier les vols et de rencontrer des problèmes liés au coucher du soleil.

 

 

Journal de Saint-Barth N°1664 du 07/05/2026

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