Saint-Barth -

Une cinquantaine de personnes ont assisté à la réunion de lancement des consultations afin d’élaborer le volet énergie du code de l’urbanisme, de l’habitation et de la construction.

Une grand-messe pour lancer des consultations sur l’énergie

La fin du mandat approche et l’urgence de faire avancer des dossiers d’importance se fait sentir. La réunion organisée le lundi 21 septembre afin de lancer les travaux d’élaboration du volet énergie du code de l’urbanisme, de l’habitation et de la construction en est l’illustration. Grand-messe diffusée en direct sur la page de la Collectivité territoriale d’un réseau dit «social », elle a réuni une cinquantaine de professionnels de la construction (architectes, BTP, artisans…) de l’île.

Un document avant la fin de l’année
Pour le président du conseil territorial, Xavier Lédée, il s’agissait de leur présenter l’objectif des consultations qui vont être entreprises dans les prochaines semaines. « Il faut que d’ici à la fin de l’année, nous soyons capables d’avoir un document formalisé pour un passage en conseil territorial en début d’année prochaine pour acter dans notre code de la construction la partie énergie, a expliqué l’élu. Tout ne va pas se jouer dans cette écriture. Nous allons donc regarder comment nous pouvons avancer sur les constructions nouvelles, pour avoir un projet ambitieux, pour formaliser aussi les choses que vous faites déjà. Il faudra aussi avancer sur la transition énergétique du bâti. Il faudra plus de temps. Des préconisations seront faites et des calendriers à mettre en place pour que tout cela soit applicable. »
La réunion intervient alors que s’amorcent les grands chantiers de reconstruction de la centrale EDF de Public. Un projet auquel la Collectivité va participer financièrement et qui sera crucial pour l’avenir énergétique de l’île.

Aux côtés du président Xavier Lédée, Karine Destarac, avocate, Philippe Baffert, consultant en urbanisme, et Djamil Abdelaziz, un consultant venu de Nouvelle-Calédonie.

« Nous avons besoin de vous »
Assis aux côtés du président Lédée, l’équipe qui va procéder aux consultations et recevoir les avis des professionnels et des habitants (par le biais d’une adresse mail : energie@comstbarth.fr). Elle se compose de Karine Destarac, avocate, de Philippe Baffert, consultant en urbanisme, et de Djamil Abdelaziz, un consultant venu de Nouvelle-Calédonie pour Pacific Horizon Partners. « Pour élaborer ce volet énergie, nous avons besoin de vous, de cette concertation, explique Karine Destarac. Pendant les quinze jours où nous nous trouvons ici, l’objectifs est d’organiser des ateliers métiers pour vous rencontrer, recueillir vos retours sur les particularités locales avant de revenir vers vous début décembre. »

De la cohérence du code
Soucieux de ne pas s’imposer en « expert », Djamil Abdelaziz a justement expliqué vouloir « se nourrir » de l’expertise des professionnels de l’île. « Il faut que le code corresponde à vos attentes et à vos besoins, a-t-il indiqué. La Nouvelle-Calédonie a fait face aux mêmes défis. C’est grâce aux professionnels que l’empreinte énergétique du territoire a pu être baissée. Tout cela s’est construit par des échanges, des confrontations d’idées, des débats. Pour que cela réussisse, il faut que vous vous mobilisiez. » Philippe Baffert a insisté sur le fait que le travail ne fait que commencer. « Nous devons répertoriez tous les documents et travaux qui ont été faits jusqu’à présent, assure-t-il. De la même manière, nous travaillerons avec les professionnels. On ne part pas de zéro. Ce que l’on va faire, c’est mettre des éléments dans la partie construction d’un code de l’urbanisme, de l’habitation et de la construction. Ce n’est pas un code de l’énergie. Il faut réfléchir sur la cohérence de ce code. »
S’imprégner des comportements locaux, connaître les dispositifs et les pratiques déjà existantes, consulter professionnels et population, tels sont donc les objectifs de ces travaux. « On va définir des règles, des normes, des recommandations selon les cas et on les mettra dans la partie habitation, construction, dans le code l’énergie ou dans celui des contributions s’il s’agit de questions financières, on verra bien, précise Philippe Baffert. Nous sommes là pour veiller à ce que le code conserve sa cohérence. »

« Le plus important, c’est le bon usage »
Responsable du pôle innovation et transition énergétique au sein de la Collectivité, Pascal Peuchot est intervenu afin d’évoquer les travaux déjà entrepris sur l’île. Partenariat avec les installateurs, recensement des dispositifs photovoltaïques et des capacités de stockage, point sur les subventions accordées par la Collectivité, il apporte de nombreuses précisions. Mais la parole qui retient le plus l’attention des professionnels installés dans la salle des délibérations est celle de Djamil Abdelaziz.
De fait, la présence de l’expert rassure. « Nous avons trop souvent comme seuls interlocuteurs des juristes, explique un architecte. Là, nous pourrons mettre en avant une vision locale, culturelle. » Le consultant venu de Nouvelle-Calédonie expose posément les objectifs. « On va améliorer la capacité de l’enveloppe énergétique et travailler sur l’usage, insiste-t-il. Le photovoltaïque n’est qu’un élément parmi d’autres. On ne va pas se focaliser dessus. Le plus important, c’est le bon usage. » Pour tendre vers une autonomie énergétique, Djamil Abdelaziz souligne la nécessité de constituer un catalogue de solutions empreint de bon sens.
« La démarche est bonne, confie un professionnel au sortir de la réunion. Il y a des choses à faire. Mais il ne faut pas aller trop vite, sinon on risque de se casser le cou. » Un autre s’interroge : « Il faut aussi savoir si la CRE (Commission de régulation de l’énergie) va continuer à proposer des aides. Tout arrive un peu en même temps. » Les consultations, par le biais d’ateliers ou de l’étude de documents et des courriels adressés par les professionnels et les habitants, ont d’ores et déjà commencé. Le calendrier s’avère des plus serrés puisque l’objectif est de soumettre une proposition de code aux élus territoriaux en début d’année prochaine.

 

 

 

Journal de Saint-Barth N°1680 du 24/09/2026

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