Une journée pas comme les autres. Historique, mais longtemps oubliée. Ce vendredi 9 octobre, Saint-Barthélemy commémore l’abolition de l’esclavage sur l’île. Une date très différente de celle choisie par la France et les territoires français ultramarins où l’asservissement d’êtres humains a été pratiquée pendant des siècles. Tout simplement parce que ce n’est pas la France mais la Suède qui a aboli l’esclavage à Saint-Barthélemy.
Pendant près d’un siècle, de 1784 à 1878, Saint-Barthélemy a été une colonie suédoise. C’est par le biais des recherches menées par Richard Lédée que la date du 9 octobre 1847 a ressurgi. Le 12 juin 2009, toujours grâce à l’insistance de Richard Lédée, le conseil territorial a adopté à l’unanimité une délibération qui a reconnu le 9 octobre comme la date officielle de l’abolition de l’esclavage à Saint-Barth. Il faudra trois années de plus à l’État français pour rédiger un décret, le 23 avril 2012, qui instaure définitivement ce jour comme celui qui vit la dernière esclave de l’île être libérée de ses chaînes. Il s’agit de Marie-Françoise, dite Mélanie, qui fut la 523e et dernière esclave à être affranchie à Saint-Barthélemy par la couronne de Suède. Selon plusieurs sources sur la structure démographique de Saint-Barth en 1846, la Suède recense à l’époque 2.630 habitants sur l’île dont 1.308 blancs, 788 « libres de couleurs » et 534 esclaves.
C’est en 2023, sous l’impulsion du préfet de l’époque, Vincent Berton, que la première cérémonie officielle de commémoration de l’abolition de l’esclavage a été organisée au fort Gustav III, sous le fromager. A cette occasion, des élèves du Collège Mireille Choisy avaient procédé au dépôt d’une plaque pour rappeler aux habitants de Saint-Barth cette partie de leur histoire, et rendre hommage à toutes les victimes de l’esclavage (JSB 1536). C’est précisément au pied du fromager qu’aura lieu, ce vendredi, la cérémonie de commémoration de l’abolition de l’esclavage, à 17 heures.
Intervention à l’école

La veille, le jeudi 8 octobre, l’association Saint-Barth Héritage est intervenue au sein de l’école primaire Sainte-Marie de Colombier. Des élèves, qui travaillent déjà sur l’histoire de Saint-Barth, ont ainsi découvert un autre visage de leur île au travers d'images d'archives notamment suédoises, fruit de recherches historiques. De plus, des ateliers ludiques basés sur les programmes scolaires de CM1 et de CM2 et inspirés de méthodologies et formations aux droits de l'homme de la Commission Européenne et du Conseil de l'Europe leur ont permis d’interagir autour des notions d’esclavage et de liberté. Cette intervention de Saint-Barth Héritage avait rencontré un grand succès auprès des écoliers l’an dernier. De fait, l’implication des enfants lors des ateliers et leur insistance à mieux comprendre avait permis d’atteindre l’objectif historique et pédagogique de la démarche.
