Saint-Barth -

Jean-Denis Zamor, président de l’association Tèt Ansanm qui organise ce samedi 17 mai à 18 heures à Gustavia une fête pour célébrer le drapeau haïtien.

Une soirée festive pour célébrer les 223 ans du drapeau haïtien

C’est le 18 mai 1803 que le drapeau haïtien a vu le jour. S’il n’a été adopté que dix-sept ans plus tard, en 1820, et vingt-trois années de plus pour qu’il ne devienne la bannière officielle du pays, en 1843, c’est bien son 223e anniversaire qui est célébré en cette année 2026. Symbole de liberté et d’unité nationale depuis la révolution de 1803, il a été honoré par toute la diaspora haïtienne à travers le monde. A Saint-Barthélemy, c’est ce samedi 23 mai que la fête du drapeau aura lieu, organisée par l’association Tèt Ansanm. Sur le parvis de l’hôtel de la Collectivité territoriale, de 18 heures à 2 heures du matin, les artistes DJ Franklin et 5LAN vont assurer l’ambiance musicale. Buvette, restauration, danses, spectacles et de nombreuses surprises sont annoncés.

« Une terre qui souffre »
Jean-Denis Zamor, président de Tèt Ansanm, remercie Saint-Barth de lui permettre de célébrer un moment historique. « C’est un devoir de mémoire pour un citoyen engagé qui n’oublie pas d’où il vient, explique-t-il. Haïti chérie, cette terre qui m’a tant donné, qui m’a inspiré. Une terre qui souffre. Je ne veux pas répéter à chaque fois ce qui a déjà été dit. Le but n’est pas d’invectiver. L’histoire nous a appris que nous sommes un grand peuple. Nous avons le devoir d’éviter de sombrer dans la haine. J’ai la patience, la foi. Un jour viendra où le vent de la solidarité soufflera de nouveau. »
A Saint-Barthélemy, ce sera la troisième édition de la fête du drapeau haïtien. « Nous ne sommes pas nombreux sur l’île, mais il y a des Haïtiens, glisse Jean-Denis Zamor. Nous sommes un peuple qui voyage beaucoup. » L’histoire d’Haïti est méconnue. Même dans la Caraïbe, où elle a pourtant exercé une influence majeure.
L’île fut envahie par les Espagnols au 16e siècle, qui la nommèrent Hispaniola (Ayiti, Quisqueya et Bohio était le nom que lui donnaient les Amérindiens). Les envahisseurs massacrent ou réduisent en esclavage les populations amérindiennes avant de déporter des hommes depuis l’Afrique pour les faire travailler de force. Puis la France, par l’intermédiaire de ses boucaniers, prend possession de la partie ouest de l’île. Le tabac et la canne à sucre sont au cœur des exploitations des colons esclavagistes. En 1790, Saint-Domingue est la colonie française la plus riche. Puis vinrent la révolte et la révolution conduites par Toussaint Louverture et Jean-Jacques Dessalines, dont l’hymne national porte le nom. Après de nombreuses batailles, la déclaration d’indépendance du pays est proclamée le 1er janvier 1804. Un document qui s’accompagne d’une ordonnance royale française qui impose le versement d’une indemnité pour compenser les pertes des colons. La fameuse dette qui va considérablement entraver le développement de Haïti. Un pays qui, aujourd’hui, est rongé par la violence des gangs armés.

Journal de Saint-Barth N°1666 du 21/05/2026

La Poste
EDF
CTTSB/ Commerçants