
Il est un peu plus de 8 heures en ce mardi 7 juillet. Alors qu’il survole l’île Fourchue, le pilote d’un avion de la compagnie Saint-Barth Commuter détecte un problème de moteur sur son appareil. A 8h05, il en avertit la tour de contrôle de l’aéroport de Saint-Barthélemy. Mois de dix minutes plus tard, lorsqu’il tente de se poser sur la piste, moteur en berne, le pilote ne peut éviter l’accident. Son avion s’écrase en bout de piste contre un mur. A bord, on dénombre plusieurs victimes parmi les huit passagers, dont deux personnes décédées. Un scénario catastrophe qui, fort heureusement, est purement fictif. Il a toutefois été le point de départ et la pierre angulaire de l’exercice grandeur nature qui s’est déroulé le mardi 7 juillet à l’aéroport Rémy de Haenen.

Premier du genre
Imaginé et élaboré depuis plus de huit mois par le service de la sécurité civile de Saint-Barthélemy, l’exercice a mobilisé les bénévoles de la Croix-Rouge (qui ont monté un centre d’accueil des personnes impliquées), les sapeurs-pompiers du Service territorial d’incendie et de secours et de l’aéroport, le Smur (structure mobile d'urgence et de réanimation), le centre hospitalier Irénée de Bruyn (ouverture d’une cellule de crise), la préfecture, la collectivité territoriale, la gendarmerie (brigade et transport aérien), la police territoriale, l’Agence régionale de santé, la direction et la tour de contrôle de l’aéroport, sans oublier une quinzaine de salariés de la compagnie Saint-Barth Commuter et une trentaine de figurants.
« Cet exercice est une première sur l’île et le premier du genre, c’est-à-dire d’une telle ampleur, à l’aéroport de Saint-Barthélemy, indique Eden Gréaux, responsable du service de la sécurité civile. Nous ne sommes pas loin de compter 150 personnes impliquées. L’objectif était de vérifier que l’on est préparé à ce type de crise. Nous en tirons déjà de très bons points. Nous allons savoir ce qui a fonctionné et les choses qui vont devoir être améliorées. Un exercice de terrain comme celui-là est bénéfiques à tout le monde. »
De 7 heures jusqu’à près de 11 heures, l’aéroport a vécu au rythme de l’exercice. Au point d’interloquer, parfois même d’inquiéter, des habitants qui n’avaient pas reçu l’information de la tenue de l’événement.
Pour que les différents «acteurs » se plongent dans une situation plus vraie que nature, chaque détail a été étudié avec soin. Du calcul du temps de vol entre le signalement et le « crash » au profil des voyageurs, avec des fausses pièces d’identité, de faux billets d’embarquement, etc. Les figurants interprétés par des membres du Rotary Club, de la Croix-Rouge ou encore de la SNSM, ont joué leur rôle avec enthousiasme. Comme cette voyageuse sur le départ, davantage préoccupée par le respect de ses correspondances que par l’accident en cours. « On est satisfait et soulagé, parce que ça fait un an que l’on parlait de cet exercice et que l’on a travaillé sur le scénario pendant plus de huit mois », confie Eden Gréaux. Ce vendredi, les conclusions du «retex » (acronyme de «retour d’expérience ») seront présentées à l’ensemble des acteurs impliqués dans l’exercice de sécurité.
