Il aurait sans doute préféré s’éclipser en toute discrétion. Modeste, Rosmon Gréaux n’entretient aucun goût pour le premier plan. L’homme comme le policier territorial apprécie davantage le fait de s’effacer plutôt que celui de s’afficher. Mais à l’heure de quitter ses fonctions de responsable de la police territoriale, un service au sein duquel il travaille depuis près de 35 ans, il lui a fallu se départir momentanément de son habituelle réserve.
Le lundi 5 octobre, Rosmon Gréaux a donc tombé l’uniforme. Au sens figuré, cela va sans dire. Il a toutefois effectué une dernière sortie à l’occasion d’une petite cérémonie organisée sur la terrasse de l’hôtel de la Collectivité territoriale. Un hommage discret, à l’image du personnage.
L’amour de l’uniforme
Rosmon Gréaux est né à Saint-Barthélemy en 1965. Il grandit dans le quartier de Saint-Jean à une époque où la piste d’atterrissage pour les avions n’est encore qu’une bande de terre et d’herbe qui côtoie un petit terrain de football. Sans oublier quelques séances dominicales de motocross ! L’école à Lorient, le collège à Gustavia, puis c’est le départ en Guadeloupe pour le lycée. Ensuite, Rosmon Gréaux s’envole pour l’Hexagone pour effectuer son service militaire. Là, il découvre un univers qui le marque. « J’ai aimé l’uniforme, la discipline aussi, confie-t-il. Ça m’a sans doute poussé à m’orienter vers la police. » D’ailleurs, quand il rentre sur son île, il ne tarde pas à se manifester auprès du maire de l’époque, Daniel Blanchard, pour lui faire part de son penchant pour la police de proximité qui, alors, est encore municipale. « En fin de semaine, je partais à Orange pour suivre la formation initiale de trois mois, se souvient Rosmon. Quand je suis rentré, j’ai intégré la police municipale.» On est alors en janvier 1992.
« Pas vraiment de routine »
Au cours de toutes ses années passées à évoluer au sein du service, Rosmon Gréaux a vu les pouvoirs de la police territoriale s’élargir. Néanmoins, il l’assure, le travail reste assez identique à ce qu’il était dans les années 1990. « Police municipale ou territoriale, ça reste la même chose, constate le futur retraité. A l’époque, on faisait des patrouilles de jour et de nuit. Il n’y a pas vraiment de routine. Les journées ne se ressemblent jamais vraiment. Quand on termine le soir, on ne sait pas ce qui nous attend le lendemain. En haute saison, par exemple, le travail est plus intense. » Pour sa mission, Rosmon Gréaux conserve un intérêt et un engagement sans faille. « C’est un beau métier, lance-t-il. Il faut aimer la proximité, travailler aussi en étroite collaboration avec la gendarmerie. Le travail de policier est très prenant. »
Quand vient le moment d’évoquer ses souvenirs les plus marquants, Rosmon Gréaux songe immédiatement aux épisodes les plus dramatiques. « Il y a le cyclone de 95 (Luis, ndlr), qui a été une catastrophe, se souvient-il. Et puis Irma en 2017. Ce sont des moments qui ont été très durs. Il y a eu la pandémie, aussi… » Il n’en dira pas plus. La réserve, toujours.
S’il ne portera désormais plus l’uniforme de la police territoriale, Rosmon Gréaux projette d’ores et déjà d’en revêtir un autre : celui de coureur à pied. « Mais pour une reprise progressive », tempère-t-il, affichant le large sourire de celui qui envisage sa retraite comme il a traversé sa carrière : dans la sérénité et la discrétion.
