Plus de 3.300 morts, près de 17.000 blessés et un nombre de personnes portées disparues qui n’a pas encore pu être estimé. Le bilan du double tremblement de terre qui a ravagé le nord du Venezuela le 24 juin est encore loin d’être établi. Selon les derniers communiqués diffusés par le gouvernement et relayés par la presse mondiale, plus de 17.000 personnes ne disposent plus de logement. Dans toutes les zones dévastées, les secours nationaux et internationaux sont mobilisés afin d’apporter une aide à la population. A Saint-Barthélemy, qui compte des habitants originaires du pays d’Amérique du Sud, le séisme et ses effets meurtriers ont été ressentis avec grande émotion. Comme au sein de l’association Ouanala’hospital, constituée par des personnels soignants du centre hospitalier Irénée de Bruyn, parmi lesquels des personnes originaires du Venezuela. Aussi, face à l’émotion de leurs collègues et par solidarité, l’association a pris la décision d’organiser une collecte de fonds au profit des victime du double séisme du 24 juin.
Pour ce faire, les membres de Ouanala’hospital vont tenir un étal sur le marché nocturne qui va se tenir ce samedi 11 juillet sur l’espace Rockefeller, à la Pointe. « Nous avons plusieurs collègues qui viennent d’Amérique du Sud, dont le Venezuela, et qui y ont leur famille, explique Anne-Laure, présidente de l’association. Donc ça nous touche. » Lorsque des catastrophes se produisent dans la Caraïbe, les associations et autres organismes de Saint-Barthélemy disposent d’un réseau pour acheminer des dons, qu’il s’agisse de denrées alimentaires, de vêtements, de médicaments. « Là, c’est plus compliqué », reconnait Anne-Laure.

Vers une association vénézuélienne
Dans un premier temps, Ouanala’hospital a pensé se tourner vers Médecins sans frontières, qui œuvre actuellement au Venezuela. Mais une solution plus directe a été trouvée, par l’intermédiaire d’une adhérente de Ouanala’hospital originaire du pays ravagé par le séisme. « Sur place, sa sœur est dans une association qui aide les gens dans le besoin », précise Anne-Laure. Une association, nommée Formando vidas, qui soutient les familles, prépare et distribue des repas, etc. Aussi, tous les dons récoltés samedi sur le stand de Ouanala’hospital seront transmis à l’association locale. « De cette manière on est certain que les fonds serviront à secourir la population, assure Anne-Laure. Pendant le marché nocturne, les gens pourront acheter ces gâteaux et autres choses qui seront en vente, mais ils pourront aussi faire des dons libres. »
« Avec dix dollars, on peut faire beaucoup »
Assise à côté de la présidente de Ouanala’hospital, Maribel exprime sa gratitude. Membre de l’association, elle est originaire du Venezuela où vit encore toute sa famille. « Je remercie toute l’équipe de l’hôpital, s’émeut-elle. Ils ont pensé à mon pays, à moi, ils ont des cœurs immenses. Là-bas (au Venezuela, ndlr), avec dix dollars, on peut faire beaucoup de choses. C’est un moment très difficile. Les enfants, les personnes âgées, tout le monde a besoin d’aide. La situation était déjà compliquée depuis quelques années avec la dictature. La faim, le manque de médicaments, l’intervention des Etats-Unis en janvier, et maintenant ça… »
Sur le marché nocturne de ce samedi 11 juillet, Ouanala’hospital va donc faire appel à la générosité et à l’esprit de solidarité des habitants de l’île.
La Pirac au secours du Venezuela

La Plateforme d'Intervention Régionale d'Amériques-Caraïbes (Pirac) de la Croix-Rouge a déployé une réponse humanitaire d’urgence pour venir en aide aux populations du Venezuela victimes du double séisme survenu le 24 juin. Depuis son entrepôt régional en Guadeloupe, 26 tonnes de matériel d'urgence ont été acheminées vers la Croix-Rouge vénézuélienne, accompagnés de deux équipiers d'urgence. Transporté à bord d’un bâtiment de soutien et d’assistance outre-mer des Forces armées aux Antilles, le matériel d’urgence est arrivé à destination après une journée et demie de navigation, indique la Pirac dans un communiqué.
La cargaison comprend des kits de cuisine, de bricolage, d’hygiène, de nettoyage, des moustiquaires, des jerrycans et d’autres équipements. En parallèle, la Pirac assure la logistique de 11 tonnes de fret humanitaire fournies et financées par le Centre de crise et de soutien (CDCS) du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.
Le mardi 7 juillet, 44 tonnes de fret humanitaire ont été débarquées au port de La Guaira. Les marchandises ont été transportées sur un bâtiment de soutien et d’assistance outre-mer de la Marine nationale, renforcé d’un détachement du 33e régiment d’infanterie de Marine.
