Le lundi 27 avril, le tribunal mixte de commerce de Pointe-à-Pitre a ordonné la liquidation judiciaire de la compagnie Air Antilles. Une décision qui laisse sur le carreau 116 salariés. Quant à la Collectivité territoriale de Saint-Martin, actionnaire principal à hauteur de 60% (la société Edeis étant détentrice de 40%) qui a investi plus de vingt millions d’euros, elle en est pour ses frais. Ce n’est que trois jours plus tard, le jeudi 30 avril, que le président de la Collectivité, Louis Mussington, a réagi, par le biais de la publication d’une vidéo en ligne puis d’une conférence de presse.
L’édile a alors affirmé avoir «toujours défendu les intérêts des salariés d’Air Antilles », ajoutant : « Nous avons cru en ce projet, nous nous sommes battus jusqu'au bout pour la connectivité caribéenne. C'était un combat juste, nous avions l'ambition de développer des partenariats avec les autres îles et un Hub sur l'aéroport de Grand Case. Aujourd'hui, le constat est amer. »
« Nous avions investi beaucoup »
Puis le président Mussington lance : « Je regrette les déclarations de la DGAC (Direction générale de l’aviation civile) et des technocrates qui sont à Paris et qui ont une méconnaissance totale de la réalité du terrain. » Selon l’élu, « il fallait impérativement travailler la connectivité et créer d’autres dessertes ». Et d’affirmer : « Il y avait moyen de créer des emplois sur le territoire de Saint-Martin. La Collectivité a investi et aujourd’hui il y a liquidation sèche. Il appartiendra à l’administrateur de payer les salaires et les créanciers. Nous avions investi beaucoup. » Néanmoins, Louis Mussington l’assure : « Saint-Martin continuera à assurer son plan d’investissement. Il y aura des résultats positifs. Tous les projets engagés vont aboutir cette année ou l’année prochaine. »
Lors de la conférence de presse, il a salué les propositions de reprise de la compagnie qui ont été présentés au tribunal mixte de commerce.
Le premier vice-président de la Collectivité, Alain Richardson, a regretté le manque de soutien dont a souffert le projet. « Malgré les efforts, les sacrifices, et les déplacements, ni la région Guadeloupe, ni la Martinique, ni l'État, n'ont jugé bon d'accompagner Saint-Martin pour donner une chance à Air Antilles, alors qu'il y avait un enjeu majeur de désenclavement pour nos populations et que ce soutien public intervient partout ailleurs », a-t-il déclaré.
Quant aux passagers de la compagnie, à tout le moins ceux qui avaient acheté un billet avant le placement en redressement judiciaire puis la liquidation, le remboursement de leur billet est désormais entre les mains du liquidateur judiciaire.
