«Je pars avec la satisfaction d’avoir donné le meilleur de moi-même pour ce service et pour ce territoire. » Le vendredi 11 septembre, le lieutenant Christophe Laurens a fait ses adieux au Service territorial d’incendie et de secours de Saint-Barthélemy. Un Stis dont il assurait le commandement depuis huit ans. « Pendant ces huit années, je me suis beaucoup investi dans ce territoire, a-t-il déclaré. Je l’ai découvert, je l’ai apprécié et surtout, j’y ai créé des amitiés. Je pars avec beaucoup de souvenirs, beaucoup de respect pour celles et ceux avec qui j’ai travaillé, et une réelle affection pour ce territoire et pour les personnes que j’y ai rencontrées. »

Beaucoup d’avancées
Le lieutenant Laurens est arrivé à Saint-Barthélemy en 2018. Recruté par Bruno Magras, il avait pour mission de structurer, développer et moderniser le Service territorial d’incendie et de secours. « Le président Bruno Magras m’a accordé sa confiance et je tiens à l’en remercier sincèrement. En huit ans, beaucoup de choses ont été réalisées. Nous avons construit une nouvelle caserne, élaboré des documents structurants, renouvelé les véhicules, créé des équipes spécialisées et recruté des sapeurs-pompiers professionnels et volontaires. » L’officier évoque également le travail sur la prévention, notamment dans les établissements de l’île qui reçoivent du public, mais aussi le développement de la formation pour les sapeurs-pompiers. Il mentionne également la création des équipes spécialisées «qui sont devenues indispensables », précise-t-il. Comme l’équipe de sauvetage aquatique, celle d’intervention à bord des navires (formée par le bataillon des marins pompiers de Marseille), l’Unité de sauvetage appui et recherche (Usar, qui a montré son utilité et son efficacité, notamment lors de l’accident survenu à l’usine de production d’eau de la Sidem) ou encore l’unité de pilotage de drones.
Des interventions plus complexes
Pour sa cérémonie de départ, le lieutenant Laurens avait imaginé un moment empreint de simplicité, dépourvu de toute solennité. C’est donc au sein de la grande salle de repos de la caserne de Saint-Jean qu’il a convié ses invités. Tous ont répondu présents. Des élus aux responsables de services de la Collectivité en passant, cela va sans dire, par les sapeurs-pompiers et personnels administratifs du Stis. Sans oublier les représentants de la Société nationale de sauvetage en mer ou de la police territoriale. La sénatrice Micheline Jacques puis le président du conseil territorial Xavier Lédée ont tour à tour salué l’engagement et le travail de l’officier.
Aux évolutions intervenues pendant ses huit années de présence à la tête du Stis, Christophe Laurens associe celui qui fut son second pendant sept années, le lieutenant Thomas Charmillon, parti début 2026 pour le Sdis de La Rochelle. « En huit ans, le nombre des interventions a régulièrement augmenté, rappelle le lieutenant Laurens. Elles sont aussi devenues plus complexes avec de nouveaux risques liés aux équipements des habitations. Ma grande fierté est que nous n’avons jamais eu de victime dans nos rangs. Il ne faut jamais oublier que derrière chaque intervention, il y a des femmes et des hommes qui prennent des risques pour en protéger d’autres. »
« Une aventure humaine exceptionnelle »
L’amélioration de l’organisation du service, l’apport de nouveaux équipements, de nouveaux engins, l’officier rappelle que rien de tout cela n’aurait été possible sans les financements de la Collectivité territoriale. Mais toutes les évolutions enregistrées depuis plusieurs années s’avèrent indispensables. «Aujourd’hui, compte tenu de la hausse de la population et du nombre d’interventions, nous devons avoir une dizaine de sapeurs-pompiers de garde tous les jours, assure le lieutenant Laurens. En 2018, nous étions une trentaine de professionnels et de volontaires. En 2026, nous sommes une cinquantaine. » L’occasion de rappeler, comme il a pu le faire lors de chacun de ses discours de la Sainte-Barbe, que le volet des ressources humaines reste le plus important à améliorer. Car en l’absence d’un nombre suffisant de sapeurs-pompiers, la rutilante caserne de Saint-Jean risque de ressembler à une coquille vide. Néanmoins, Christophe Laurens l’affirme : « Le service de secours est efficace et correspond aux besoins de l’île. La caserne est l’une des plus belles de la Caraïbe. Elle doit permettre d’améliorer les collaborations régionales. Il y a beaucoup de choses à développer. »
De ses années vécues à Saint-Barthélemy, « où je ne suis pas venu pour la carte postale », précise-t-il, le lieutenant Laurens retient « une expérience humaine exceptionnelle ». Après avoir remercié toutes les personnes avec lesquelles il a pu collaborer au fil des ans, le lieutenant Laurens adresse un mot à son futur successeur, qui n’est pas encore connu. « Je lui souhaite surtout de prendre le temps de connaître les femmes et les hommes qui font vivre ce service, d’écouter, d’observer, d’anticiper, (…) de poursuivre ce qui a été engagé mais aussi d’apporter sa propre vision. La réussite de celui ou celle qui me succédera sera avant tout la réussite du service et de ceux que nous avons pour mission de protéger. »
Christophe Laurens s’est envolé pour Sète où il sera le chef du bureau prévention et l’officier chef de groupe sur le centre de secours principal de Sète et du bassin de Thau. Un secteur qui regroupe près de 140.000 habitants. Nul doute qu’il saura y apporter le même professionnalisme qu’à Saint-Barthélemy.
