Saint-Barth - gare maritime

Plus aucune traversée en ferry entre Saint-Martin et Saint-Barth n’est assurée jusqu’à dimanche soir.

Ferry : une reprise annoncée après deux semaines de perturbations

Depuis une dizaine de jours, les navires des deux compagnies de ferry (Voyager et Great Bay Express) sont en phase de carénage (entretien, révision) annuelle. Pour éviter que plus aucune liaison ne soit assurée entre Saint-Martin et Saint-Barthélemy, la compagnie Voyager avait prévu un navire de remplacement, le Makena. Un remplacement qui a été marqué par plusieurs perturbations lors de la première semaine, notamment à la suite de la réaffectation du Makena sur la desserte entre Saba et Saint-Eustache. Puis, le lundi 14 septembre, la direction du Voyager annonce que le Makena est en panne. Conséquence : toutes les traversées ont été annulées jusqu’à ce dimanche 20 septembre, date de la remise en service du Voyager 3 Dreamliner, en soirée. Une situation des plus problématiques pour de nombreux résidents ainsi que pour des voyageurs. Ceux-ci vont toutefois pouvoir se tourner vers le Great Bay Express qui a annoncé ce jeudi reprendre du service dès demain, vendredi 18 septembre.

Quid de la continuité territoriale ?
Jean-Claude Latournerie, le directeur de la compagnie Voyager Saint-Barth, déplore les difficultés auxquelles sont confrontés les passagers et tient à apporter des explications. « Notre carénage était prévu depuis un an, indique le dirigeant. On a essayé de mettre en place un bateau de remplacement qu’on louait, à nos frais. Malheureusement, cela a fini par une panne de moteur. Pas mal de gens nous reprochent d’avoir choisi la même date que le Great Bay Express pour le carénage. Mais le Great Bay a choisi sa date il y a deux mois, sans nous demander notre position contrairement à ce qui se faisait dans le passé, et nous la date avait été fixé il y a un an par le bureau Veritas. » Cette précision faite, Jean-Claude Latournerie aborde un autre sujet, bien plus délicat. Celui de la continuité territoriale.
« Saint-Barth est une des seules îles des Outre-mer à ne pas avoir de continuité territoriale ou de délégation de service public », remarque-t-il avant de développer : « En Guadeloupe, à la Désirade, aux Saintes ou à Marie-Galante, tous les résidents qui veulent voyager ont un tarif spécial subventionné par la région ou le département. Les compagnies ont un contrat dans lequel elles ont l’obligation d’avoir un bateau de remplacement dans le cas où leur bateau principal est en panne. Ce deuxième bateau ne fonctionne pas beaucoup mais un paiement est fait par la Collectivité concernée et ça permet de maintenir un deuxième bateau en état toute l’année. Dans notre cas, j’ai un deuxième bateau, le Voyager 1. Mais j’ai arrêté d’armer ce bateau qui coûte assez cher, plusieurs centaines de milliers d’euros, et on travaille avec un seul bateau. Du coup, si on veut trouver une solution pendant le carénage, ça amène un autre bateau via Anguilla ou Sint-Maarten, et on voit ce que ça donne. »

« On absorbe tout »
Le directeur de la compagnie Voyager explique ne pas comprendre « le silence radio » de la Collectivité de Saint-Barth. « C’est facile de tout mettre sur le dos du Voyager. Quand il y a un retard d’avion, les gens considèrent que c’est le Voyager qui doit prendre la suite. On a notre part de responsabilité mais à un moment, on ne peut pas tout nous demander. Je comprends que la situation crée d’importantes difficultés. Comme pour les personnes qui doivent passer des ­examens médicaux à Saint-Martin ou qui arrivent à l’aéroport et n’ont pas de solution.»
Pour revenir sur le sujet de la Délégation de service public afin d’assurer une continuité territoriale, Jean-Claude Latournerie précise qu’il ne dit pas que le Voyager doit être le bénéficiaire d’une éventuelle DSP. « En Guadeloupe, des compagnies se groupent, elles ont un deuxième bateau dont elles se servent quand c’est nécessaire, affirme-t-il. On pourrait imaginer cette solution. Chacun se partageant les frais du bateau. » Et d’insister sur l’importance des ferries. « Quand il n’y a pas d’avion, on absorbe tout, assure-t-il. Il faut que les élus se rendent compte de la situation et fassent quelque chose. »

« Une DSP n’est pas une option »
Interrogé sur la possibilité de mettre en place une Délégation de service public (DSP) à Saint-Barthélemy, le président du conseil territorial Xavier Lédée répond : «Aujourd’hui, une délégation de service public n’est pas une option. Passer un marché ne me semble pas opportun. Après, le sujet de la continuité territoriale, il est entier. Au niveau de la Collectivité, on n’a pas forcément la main. Sauf à mettre les meilleures conditions possibles pour les bateaux. C’est ce qui a été fait en termes de capacité d’accueil, de coordination des traversées par rapport aux conditions météos. On a évoqué à plusieurs reprises, pas forcément par rapport au bateau, mais que la continuité territoriale puisse passer par Sint Maarten. Ce qui permettrait de faciliter les choses pour tout le monde. On discute aussi avec d’autres personnes qui regardent pour mettre d’autres liaisons en place. »

En début de semaine, dès l’annonce de l’arrêt des traversées, des solutions ont été proposées par des particuliers. Mais rien qui puisse véritablement pallier l’absence de ferry. La situation devrait revenir à la normale en début de semaine prochaine, avec le retour de carénage du Voyager. Parallèlement, ce jeudi 17 septembre, la compagnie Great Bay Express a annoncé la reprise de ses traversées entre Sint Maarten et Saint-Barth pour demain, vendredi 18 septembre.

 

Journal de Saint-Barth N°1679 du 17/09/2026

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