Saint-Barth -

Violences sexuelles : briser le silence par un questionnaire anonyme

«Nous, inéteintes, nous ne baisserons jamais la garde. » Elles sont deux. Deux femmes, deux Saintoises, toutes les deux victimes de violences sexuelles. Confrontées aux injustices, aux difficultés à se faire entendre, elles ont décidé de créer un espace d’expression, sous la forme d’un questionnaire intitulé «Briser le silence ». Accessible en ligne, anonyme, il s’adresse à toutes les personnes des Antilles qui, comme elles, ont été victimes de violences sexuelles. « A travers les réponses aux questions et les témoignages, notre objectif est de montrer ce qui se passe aux Antilles, mais aussi de se rendre compte des besoins des victimes », explique l’une des créatrices du questionnaire. « Les réponses sont entièrement anonymes, elles contribuent à mieux comprendre les violences sexuelles en Guadeloupe et à réfléchir à des solutions concrètes pour soutenir les victimes », ajoute-t-elle.

« Votre bien-être passe avant tout »
Les 33 questions posées sont simples, directes. Avec parfois un choix multiple de réponses. Où les faits se sont-ils passés ? A qui la victime a-t-elle pu parler à quelqu’un ? A-t-elle été soutenue ? A-t-elle porté plainte ? Chaque question vise à mieux comprendre les réalités vécues par les victimes, d'identifier les obstacles à la prise de parole et d'orienter des actions concrètes. Comme l’expliquent les auteures, les objectifs sont nombreux : «Analyser l'impact des violences sur la santé mentale et physique, explorer les mécanismes de reconstruction et de résilience, évaluer la connaissance des dispositifs d'aide existants, repérer les manques en matière d'accompagnement, de prise en charge ou d'information, comprendre l'influence du contexte culturel et social, évaluer le rôle de l'entourage… » En 33 questions, les Inéteintes construisent une véritable étude. Toutefois, elles sont conscientes que le simple fait de répondre à un questionnaire en ligne, même sous le sceau de l’anonymat, peut raviver des souvenirs difficiles. Par conséquent, elles préviennent : « Vous pouvez arrêter le questionnaire à tout moment ou choisir de ne pas répondre à certaines questions. Votre bien-être passe avant tout. » Elles ajoutent : « Partager notre questionnaire, c’est lui permettre d’arriver jusqu’à une personne qui a peut-être vécu des violences sexuelles, mais qui n’a jamais trouvé l’espace pour en parler. C’est aussi nous aider à mieux comprendre la réalité des violences sexuelles aux Antilles : leur ampleur, leurs conséquences, mais aussi les silences et les obstacles auxquels les victimes peuvent être confrontées. Pour avancer, nous avons besoin de témoignages, mais aussi de relais. »

Questionnaire et contact
Le questionnaire est accessible au lien suivant : https://form.jotform.com/262314440254044
« Nous inéteintes » sont présentes sur les réseaux dits «sociaux » Facebook et Instagram. 

 

Journal de Saint-Barth N°1678 du 10/09/2026

Guide des activités culturelles et sportives
Sénatoriales
Barrage anti-sargasses