Fermetures inopinées, horaires d’ouverture restreints, absence de courrier pendant des semaines avant d’être livré en bloc, manque de personnel, La Poste accumulent les difficultés de fonctionnement depuis quelques années à Saint-Barthélemy. Sous un feu permanent de critiques vis-à-vis d’une qualité de service dégradée, la direction de La Poste assure travailler en collaboration avec la Collectivité territoriale pour améliorer la situation. Déléguée territoriale pour le groupe La Poste, Barbara Monpierre apporte quelques explications quant aux réflexions et opérations menées avec la conseillère territoriale Mélissa Lake (présidente de la commission chargée des affaires économiques) afin que les services proposés sur l’île regagnent la confiance des habitants.
Le logement, nerf de la « guerre »
« On avance », déclare d’emblée Barbara Monpierre. L’un des principaux dossiers sur lesquels La Poste travaille à une amélioration est celui de l’acheminement du courrier. Une « problématique aérienne » dont l’évolution a nécessité l’intervention de Mélissa Lake. « Notre marchandise ne faisait pas partie du flux prioritaire », constate Barbara Monpierre. « Il a fallu mieux comprendre la problématique du fret postal au niveau de l’aéroport de Juliana (Sint Maarten), précise Mélissa Lake. Contrairement aux denrées périssables, nous ne sommes pas prioritaires. Des discussions ont donc été engagées. C’est la première fois que nous allons aussi loin dans la volonté partenariale avec un transporteur. » Une amélioration peut donc être envisagée.
Une nouvelle étape devrait être franchie le mois prochain puisque, le 8 juin, une délégation nationale du groupe La Poste composée des responsables du secteur de l’aérien effectuera un déplacement à Saint-Barthélemy. Toutefois, localement, la principale difficulté reste la même. Et elle n’est pas réservée à La Poste, puisqu’il s’agit du logement.
« Grâce aux discussions engagées avec Mélissa Lake, des solutions d’urgence ont pu être trouvées, explique Barbara Monpierre. Mais la problématique reste la même. » Et elle a des conséquences sur les effectifs de l’agence de Gustavia. « Au moindre impondérable, s’il y a un arrête maladie, cela plombe tout le système, regrette la déléguée territoriale. Pourtant, nous avons réussi à ouvrir l’agence bien plus que ce que nous aurions pu. » Notamment en sollicitant la venue de collaborateurs de Saint-Martin. Une situation qui n’offre pas de stabilité, ni dans la continuité du service ni dans la fidélisation des agents.
L’annonce d’un recrutement en cours afin de renforcer l’équipe en place pourrait néanmoins apporter une amélioration dans les prochaines semaines. Pour peu que l’embauche se confirme.
Par ailleurs, Mélissa Lake évoque la perspective de mise en place de plus grand nombre de boîtes postales dans les quartiers. « Ce système est plus simple pour les facteurs car il y a des endroits qui sont complexes pour la distribution », explique l’élue qui mentionne aussi « une réflexion » sur un système dit « click and collect ». Pour ce faire, La Poste est à la recherche de commerçants susceptibles d’exercer une activité postale. Une recherche qui dure depuis deux ans.
Quant au bureau de poste de Lorient, pour mémoire, il dépend d’une personne mise à disposition par la Collectivité territoriale. Par conséquent, lorsque l’agent est absent, le bureau reste fermé.
Comme un symbole de la déliquescence des services, une note affichée à côté du volets roulant de l’entrée du bureau de Gustavia indiquait, le mercredi 20 mai au matin, une fermeture jusqu’à la fin de la semaine. Donc mardi prochain, le lundi 25 mai étant férié.
